Le Lurien en boucle : échanges du côté de Gabardères


la cuadrilla au sommet du Lurien

Plus bas : 1264 m (parking Pont de Camps)
Plus haut : 2826 m (pic du Lurien)
Dénivelé montant/descendant : 1600 m
Distance parcourue : 12,8 km
Participants : collective du CAF de Pau avec Michel Martin, Jean-Pierre Belaygue, Xavier Damez encadrés par Bernard Boutin
Météo : beau temps plutôt chaud. Brumeux. Ambiance automnale
Date : 6 septembre 2021

Le Lurien, à moins de 60 km de Pau, est un met de choix : 2826 m d’altitude et 1600 m de dénivelé. Il grimpe, le bougre : 7,4 km pour arriver au sommet en partant du Pont de Camps. Il descend plus vite encore : 6,1 km en passant par le vallon de Gabardères !
De la montée, on retiendra que, passé la forêt de Sahuqué, beaucoup de « blondes » sont présentes sur les pentes du Petit Lurien et aux alentours de la cabane du Lurien (1697). Par contre, les moutons restent parqués du côté de la cabane. En fin de journée, ils le seront toujours. Pas trace de berger !
Altitude 2115 : étonnement, pour les randonneurs, à la découverte de la grande cabane des chasseurs, toute en bois, située à côté de la prise d’eau du Lurien. Une cabane qui, en son temps, abritait des ouvriers responsables de l’installation du réseau de conduites forcées de la vallée d’Ossau. Chambres, salle à manger, cuisine, dortoir rustique 100% vieux bois ! Une halte à ne pas rater.
Altitude 2211 : tristesse de voir le lac du Lurien, par manque d’oxygène, verdir en cette fin d’été. Qu’en pensent les truites ? Peu de vie dans l’eau. Pas de vie sur les pentes. Terres stériles. La faute à qui ?
Ici, tout porte le nom de Lurien : cabane, vallon, col, lac, pic. Le Palay et le Bourbon s’accordent sur une racine gasconne : lur, lurjat = glissement d’avalanches, d’éboulis. A voir les pare-avalanches qui protègent les cabanes du Lurien et de Gabardères ou les éboulis sous le sommet, on comprend mieux pourquoi tout est Lurien ici.
Remontée des pentes finales du Lurien dans une caillasse sans fin. Mains au rocher, de temps à autre, dans des cheminées faciles et arrivée au sommet (2826) à 11h30. Pause en compagnie d’une jeune Saint-Gironnaise. Sportive, en vacances, elle écume seule tout les grands de ce petit monde. Aujourd’hui, c’est le Lurien. Dès demain, elle sera dans le Couserans pour grimper, chez elle, un autre « 2800 » (au Couserans, les sommets n’atteignent pas les 3000). Un art de vivre : grimper les 2800 et plus… Ossau, Palas et Arriel sont sur sa « to-do-list » locale.
Descente pour rejoindre le « col de Gabardères » et filer tout droit sur la cabane du même nom. Pente plutôt franche. Attention requise. Rando hors piste. Il y a bien des sentes animales, toutes horizontales (des Dahuts ?). Verticales, elles nous seraient plus utiles.
A la cabane, pas de berger mais quatre bières dans l’abrevoir. Tentation difficile alors que la chaleur augmente. Trois à quatre cent mètres sous la cabane, le berger, six patous, un border-collie et 700 brebis ! Le berger, père de Cédric Guedot rencontré au même endroit en septembre 2020, remplace son fils. Même passion, même franc parler, même amour pour leur petit coin de paradis où personne ne passe… et, où personne ne doit passer !
La cabane, qui a vu 3 générations de Guédot se succéder, est sans eau, ni électricité. Les pentes alentour appartiennent à la commune de Castet : « Comment voulez-vous que la commune finance des travaux lourds alors qu’elle n’a que 71 habitants ? Ici, on est hors Parc National. On n’intéresse personne. Ni l’IPHB, ni le syndicat du Haut Béarn. » La politique n’est pas loin. Univers complexe pour les citadins randonneurs.
L’ours est dans « le coin ». Les Guédot savent le gérer : 6 patous sur place. Des clôtures simples. Des clôtures électrifiées mais aussi une présence permanente parmi les animaux (il y a aussi des chèvres, un âne et un cheval). « L’an passé, il a tué deux bêtes et un patou. Rien cette année ». Pourtant, il est là. Sorita, la femelle, avec ses trois oursons et des mâles qui la coursent. « Eux, ils sont en bas… ». Un brin d’exagération, on ne saura. Un berger pas foncièrement contre l’ours mais qui soulève de vrais problèmes : « Quels fruits trouve t’il à ces altitudes ? Quand murissent framboises et myrtilles ?… Avant il vivait dans la plaine. Gaston Phoébus n’est-il pas mort lors d’une chasse à l’ours loin des montagnes (à l’Hôpital d’Orion) ? » Ce manque de nourriture, les écolos le connaissent, ils lui amènent des pommes… ». L’homme est intarissable et passionnant.
Les brebis remontent les pentes vers la cabane et leur enclos. La fin de journée approche. M. Guèdot père leur emboite le pas. Une belle rencontre s’achève. A regret.
Descente directe et franche jusqu’au Pont de Camps : « Jamais, je ne monterai à ski de rando par ici » s’exclame Michel ! On peut comprendre pourquoi les Guèdot sont tranquilles là-haut. Un coin de Paradis qui se mérite !
A plus sur les sentes.

– par Beñat

PS : plus sur le sujet ICI et LA
Crédit photo : Michel Martin et Bernard Boutin
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