Boucle par la crête des Quintètes et Gabardères : territoires méconnus !


depuis la crête des Quintètes, le Lurien

Point le plus bas : 1190 m (pk fond du barrage de Fabrèges), plus haut : 2525 m antécime sud du Grand Pic d’Ormélias, dénivelé montant et descendant : 1360 m, distance parcourue : 13,8 km
Participants (collectives des CAF de la VO et de Pau) : Marie Bénichou, Malika Bellanger, Agnès Correira, JP Caillois, Simone Baylocq, Liliane Lardit encadrés par Olivier Blanchet (CAF Vallée d’Ossau) et Evelyne Brioulet, Nadine Laborde, Catherine Neumann, Dominique Parent, Marie-France Redonnet Dupuy encadrés par Bernard Boutin (CAF Pau).
Météo : beau temps frais comme il faut !
Date : 5 septembre 2020

8h27 : au départ, sous le Pont de Camps au bout du lac de Fabrèges, nous sommes 13 : dix femmes, trois hommes ! Qu’on ne dise pas que les femmes ne sont pas des « montagnardes », ni des sportives… Treize un chiffre qui va plutôt bien à Olivier Blanchet, à l’initiative de cette boucle. Plus tard, nous serons dépassés (un instant seulement, qu’on se rassure !) par un groupe de randonneurs espagnols : dix hommes, 3 femmes. Le monde est bien mal fait !
Montée « franche » par la forêt de Sahuqué. Une piste un peu monotone qui aura l’avantage, en fin de journée, de raccourcir le trajet pour boucler la boucle. Contournement de la crête de Coste et arrivée en vue de la cabane du Lurien. Blondes d’Aquitaine débonnaires et patous vigilants: « Lou Moussu » rôde ! Les ossalois apprécieront ce clin d’oeil, au surnom donné à l’ours par leurs anciens. « Lou Moussu » : une marque de respect envers « le seigneur que l’on respecte et que l’on craint ». Une généralité un peu hâtive.
Remontée du vallon du Lurien. Pause rapide à l’étonnante « cabane en bois des chasseurs de Buzy » qui jouxte une prise d’eau. Que fait-elle là et Buzy, c’est si loin ? Un ancien bâtiment construit pour les ouvriers qui travaillaient à la mise en place du réseau hydraulique de la vallée d’Ossau, précise Olivier.
Un laquet, un petit canyon encaissé et le lac du Lurien est atteint. Fin des sentiers à « touristes » tranquilles. Cap est pris au NE sur des sentes animales. Objectif : rejoindre et remonter la crête des Quintètes (à l’orthographe incertaine). Un beau cheminement dans l’herbe jaunie. Chaudes couleurs d’un automne, rendu prématuré, par la sécheresse qui persiste. Vues magnifiques sur un Ossau inhabituel qui aurait perdu une dent depuis la dernière fois. Folles rumeurs !
12h20 : un sommet 2525 m, antecime du « Grand pic d’Ormélias ou pic des Quintètes » est atteint. Pause (méritée : on marche depuis 8h27), déjeuner (mérité : le petit dej remonte à 6h), photo souvenir. Sieste pour Simone. Une concurrence à venir pour Brahim ?
13h20 : début de descente. Belles lumières. Cheminement agréable. L’automne béarnais comme on l’aime.
Col du Lurien effleuré. Ruine d’une cabane et marmotte en observation. Légère remontée pour passer un collet (2320 m) afin de plonger dans le méconnu vallon de Gabardères. Passage d’un bref chaos et direction plein sud, un peu exposée et en courbe de niveau légèrement descendante. Attention requise quelques minutes avant de partir cap à l’ouest et la cabane de Gabardères.
A nouveau belles ambiances. A l’herbe jaunie s’ajoute le rouge-orangé flamboyant des myrtilliers et des rhododendrons. Le soleil baisse. Les couleurs sont plus douces encore.
Un jeune patou, un deuxième, un troisième. Plus loin deux adultes. Tous ensemble, ils protégent 450 brebis de « Lou Moussu ». Méfiance collective.
Cédric, jeune berger, est installé, le temps de l’estive, à la cabane de Gabardères. Il aime la solitude, nous dit-il, mais… prend grand plaisir à parler avec nous. « Les touristes sont rares par ici ». Les montagnards, que nous pensons être, en prennent pour leur grade !
De la nourriture des patous, croquettes et marmottes, la conversation passe à « Lou Moussu » qui vient de sévir et croquer une brebis. En retour, les patous lui auraient donné une belle raclée. La nuit, à Gabardères, il s’en passe des choses. Des randonneurs, perdus, viennent même frapper à la porte de la cabane, à minuit. Durant la journée, ils étaient passés à côté de Cédric en le « snobant ». Les voilà accueillis vertement… et, pour finir, ils passeront 2 jours avec lui. Cédric au grand coeur. Mais surtout, ne le branchez pas sur les touristes, les vrais, ceux qui arrivent par vagonnées entières, de l’autre côté du col du Lurien, au lac d’Artouste. Sur ceux-ci, il est intarissable en anecdotes, souvent cocasses. Deux mondes se confrontent. Qui nourrit qui ?
Le temps passe, le border collie écoute attentivement son maître, sans bouger, les oreilles pointées vers lui. Il semble lui aussi jouir du moment. Il nous faut pourtant achever la descente. A regret, nous quittons un jeune berger attachant, en pleine forme et a la langue bien pendue. Devrait, hors saison, monter un sketch pour café-théatre. Une belle rencontre.
Traversée de la forêt de Gabardères. Pentes plutôt fortes. Arrivée au Pont de Camps. Une belle boucle est bouclée.
Gabardères, un coin où repasser. Il n’y a pas de touristes…
A plus sur les sentes.

– par Beñat

Les randos d’avant : c’est ICI
Crédit photo : Bernard Boutin
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A propos Bernard Boutin

A 7 ans, mon père me trainait au tour du pic du Midi d’Ossau, en Béarn. A 17 ans, je faisais du stop avec mes skis de randonnée. Je me souviens qu’à la nuit tombée, à la sortie de Tarbes, un paysan me chargeait. Arrivé en rase campagne, en sortant les skis de la bétaillère, ceux-ci étaient plein de purin ! La passion était plus forte que ces petits désagréments. A 27 ans, je quittais un bon « job » à la Défense, pour « descendre » aux Pyrénées. A 37 ans, avec quelques copains, nous grimpions, en ski de randonnée, le Vignemale, le Balaitous et quelques autres… A 47 ans, 57 ans, les Pyrénées toujours. On l’aura compris, pour moi, sans les Pyrénées, point de respiration.
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