Portillon – Formation randonnée alpine : un programme dense !

pic Lézat (3107) : quelle cheminée prendre ?

Départ : parking des Granges d’Astau près Bagnères-de-Luchon
Refuges : Jean Arlaud (nuits du 5, 6, 7) et Espingo (nuits du 8 et 9)
Lieux : pic Perdiguère, pic Royo, col inférieur de Litérole, col supérieur de Litérole, pic Lezat, pointe Belloc, piton Espingo,
Guide : Michel Bourdet
Encadrant : Michel Andrades (Mich)
Participants : Sabine Guigue, Martine Bonnet, Caroline Pillet, Isabelle Durand, Cathy Roques, Mohamed-Ali Mili, Thierry Martin, Gérard Favier et Bernard Boutin
Météo : trop chaud le 5, bien le 6 et 7, vent « à décorner les isards » le 8, carrément désagréable le 9, humide à acceptable le 10.
Date : 5 au 10 août 2018

J1 – En ce dimanche, nous sommes 10 à venir « pointer » aux Granges d’Astau, au-dessus de Bagnères-de-Luchon. Les uns ont dormi sur place. Les autres se sont réveillés à la fraiche pour arriver en voiture (4h du mat pour Sabine qui vient de la Grande Motte). Tous ont une inquiétude plus ou moins marquée : « vais-je arriver à porter le sac sans trop de dommages ? ». Il faut dire que des Granges d’Astau jusqu’au refuge du Portillon, il y a 1500m de dénivelé et la liste du matériel embarqué est longue : baudrier, cordes, mousquetons, sangles, cordelettes, piolet, crampons, casque etc. Des vêtements de rechange, des casse-croûtes, de l’eau. Sympa, Isabelle amène même du Porto Cruz ! Une Mule aurait été utile.
L’Intello reprend du service (voir les épisodes précédents de la Mule et l’Intello). Pragmatique, il laisse sa bouteille de Jurançon « méthode « champenoise » au gite des Granges, pour célébrer la fin du stage.
Michel Andrades, encadrant du stage, fait un premier point qui démarre par un avertissement en demi-teinte : « il y a de nombreux pré-requis non validés ». Lourd silence: quelles conséquences pour chacun ? Mais de suite, la glace est rompue avec une tournée générale de café et d’excellents gâteaux préparés la veille, par Aurélie, fille de Mich. Quelle chance, il a Mich, d’avoir une fille comme ça ! Michel Bourdet, notre guide, lui laisse la main. Pour l’instant.
Sabine distribue des copies couleurs du secteur du Portillon. Bien plus pratiques que les cartes au 25.000è. Sympa comme prise de contact.
Top départ. La colonne s’ébranle et s’étire. Beaucoup de touristes jusqu’au lac d’Oô. Métro, station Pyrénées ? A partir du refuge Espingo, le fleuve se tarit. Les montagnards seront désormais en amont, les autres en aval.
Un randonneur, arborant les couleurs catalanes, nous croise. Michel cite un classique (de Frédérik May ou Henri Tachan ?) : « mieux vaut un bon drap qu’un drapeau ». Ils sont nombreux à convaincre « tras los montes »
Arrivés à la Coume de Labesque, Sylvain n’apparait pas. Mich part à sa recherche et le retrouve… en train de redescendre vers le refuge d’Espingo. Douleurs à la cheville. Sylvain nous quitte trop vite. Frustration pour lui quand on sait l’investissement, temps et argent, qu’a nécessité la préparation du stage.
Au beau refuge Jean Arlaud, un dortoir nous est réservé. Les deux Michel font chambre à part. Tant pis pour eux, ils ne sauront jamais quelle symphonie accompagnera nos rêves de conquêtes. Il faut dire, une bonne douzaine de 3000 nous entourent.
Les filles dorment en haut (sauf Cathy), les hommes en bas. Tranquillité assurée pour elles?  Toilettes plus proches pour eux ? Va savoir…

J2 – Réveil 6h. Petit déjeuner classique : pain, beurre, confiture, céréales, thé ou café. Objectif du jour : le pic Perdiguère (3218). Pour commencer, il s’agit de monter au col inférieur de Litérole. Pas si inférieur que cela puisque situé à 2883m !
Mézigue, trois ans plus tôt, le descendait fin juin, lors d’une HRP, en provenance d’Hospital de Benasque. Un beau souvenir même si un fort vent du sud, la Balaguère, l’avait un instant plaqué contre la paroi. Cette fois-ci, pas de vent mais une longue langue de neige à remonter crampons aux pieds. Michel, comme souvent durant le stage, demande à l’un d’entre nous de passer devant. Mézigue s’y colle. Exercice régulier réalisé en larges Z.
Au col, un en-cas avalé et attaque de l’arête qui conduit à la pointe de Litérole (3132m), au pic Royo (3121m) et au Perdiguère (3222m). Encordement, par 2 ou 3, pour atteindre le col supérieur de Litérole puis montée « main au rocher » pour rejoindre le Perdiguère. Un passage un peu plus délicat donnera l’occasion de poser une main courante pour le descendre. Michel conseille les uns et les autres. S’assure que chacun progresse bien. Attentif, il assure mais aussi observe. Régulièrement, il demande à tel ou tel de passer devant.
Au Perdiguère, casse-croûte et contemplation des grands de ce petit monde : Aneto, Posets, Mont Perdu, Vignemale… Même le Bigorre ne manque pas,  fait remarquer  Mich, le Bagnérais.
Descente jusqu’au col supérieur de Litérole où l’équipe « plonge » en direction du lac du Portillon. A nouveau, une longue langue de neige. Ce coup-ci, elle est passée piolet à la main et sans crampon. Planter les talons. Se tenir droit… Michel observe, conseille à nouveau.
Plus loin, exercices de ramasse ou encore de rattrapage sur chute et glissade. Ali ouvre le bal avec panache. Standing ovation ! Caroline, la nantaise, peu habituée aux exercices de neige en bord de Loire, le suit avec courage. Et oui, il en faut. Jetez-vous dans la neige avec en perspective une improbable glissade !
Retour au refuge et séance présentation sur le milieu naturel (Bernard), le livret d’accueil et la prise de décision (Ali). Mich anime le débat. Au fil des soirées, tout l’environnement des encadrants sera vu et débattu.
Pour les amateurs de fruits et légumes, c’est « râpé » : soupe instantanée, pâtes et (bonne) sauce bolognaise, fromage de vache (pour le brebis, ce n’est pas la bonne vallée!) et crème. Du costaud ! A minuit, Mézigue se lève, non pas pour aller aux toilettes, mais pour boire…

J3 – Beau temps à nouveau. Les Michels nous ont programmé le Lézat (3107) qui domine à l’est. Un formidable éperon rocheux aux nombreuses cheminées. Austère.
Retour vers le col inférieur de Litèrole. A mi-parcours, le cheminement vers le Lézat part vers le nord puis s’oriente est pour finir sud-est. Pierrier avant d’atteindre une langue de neige qui rejoint la falaise. Crampons. Les cheminées nous narguent. Laquelle prendre ? Ce sera celle du milieu.
Encordement pour tous. Thierry est le premier ou second de cordée, selon les instants, de Mézigue. Grand, sec comme lui. Toujours souriant et aimable, la paire est parfaite. Mêmes gestes aux mêmes endroits. Pas de réelle difficulté pour vaincre la cheminée. Un vrai problème toutefois : pierrailles et cailloux divers n’attendent qu’une poussette pour dévaler la pente. Un réel danger pour les cordées suivantes. Méfiance totale. Agir en souplesse.
Non encordé, Michel va et vient à la recherche des cheminements à prendre. Un isard.
La crête est déjà là. Les topos parlaient de pas aérien. Même pas vu. Est-ce l’habitude qui rentre ? Pause casse-croûte et retour sans difficulté par la même voie.
Au refuge, séance piton sur des rochers proches et continuation des présentations : Sabine sur la FFCAM, Gérard sur les responsabilités des encadrants. Un sujet majeur pour tous.
Excellente daube et dodo bercé par le vent qui s’est levé : tôles qui grincent, rafales qui s’engouffrent dans la chambrée.

J4 – La veille au soir, chacun a étudié sa feuille de route pour grimper au pic des Spijeoles (3065). Les uns veulent passer par le sentier des Mineurs, les autres par le col du Pluviomètre, les autres encore par le col des Gourgs Blancs et le pic Gourdon. Une belle palette de choix sauf que le vent souffle toujours aussi fort et qu’un orage est annoncé pour la fin de matinée.
Réunion et tour de table. Michel : « à la tête d’une collective : que feriez-vous ? ». Caroline : « il y a de la fatigue accumulée et le temps… ». Mich pousse à grimper (pour voir qui se laissera influencer). Bingo : Bernard et Gérard penchent alors pour monter au, très proche, Tusse de Montarqué (2885) afin d’observer la suite des évènements. Chacun y va de son avis. Les uns pour monter, les autres pour descendre.
Michel de conclure : « il y a des doutes, de la fatigue, un risque temps. L’empathie, l’écoute de l’autre, appellent la descente immédiate » (au refuge d’Espingo où l’équipe devait arriver pour la nuit après avoir grimpé aux Spijeoles). Une bonne leçon, reçue 5 sur 5, par les candidats encadrants en RA.
Arrivés au refuge Espingo, l’après-midi est passée à faire des manips de cordes, sur une pente rocheuse, à côté du refuge : rappel, main courante, moulinette, remontée sur cordes avec double machards ou poignée Jumar, mouflage. Moments super utiles et formateurs qui n’auraient probablement pas eu lieu si le temps n’avait pas été si menaçant au matin.
L’orage de fin de matinée n’arrive finalement qu’en fin de journée. Forte pluie : « Ce qui est tombé, n’est plus à tomber » sauf que le lendemain, les nuages continueront à se déverser sur le groupe.
Sympa : truites à diner. Voilà qui change des daubes, bolonaises et fricassées d’agneaux – pas tout à fait Axoa ! – des soirées précédentes.
Nerfs solides pour le gardien : en plus de notre groupe, il n’y a que 5 personnes au refuge ce soir. Sommes sur le GR10 et le 8 août. Au plus fort de la saison !
La météo du lendemain est mauvaise. Pas question de faire le Grand Quayrat, initialement prévu ! Ce n’est pas faute d’avoir étudié le parcours en descendant du Portillon. Il était là, sous notre nez. Proche et hautain à la fois.
Michel « imagine », avec le gardien, une boucle passant sous les pentes du Spijéoles par la pointe Belloc et le piton d’Espingo. Par groupe de 2 ou 3, tout le monde se met au travail et trace sa feuille de route. Il faudra buter sur la pointe, la longer pour atteindre un laquet puis suivre la crête du piton. Au bout, un passage sera à trouver parmi des pentes prononcées qui descendent vers le val sec d’Arrouge. Bref, demain sera 100 % carto. Direction le dortoir. Nuit agitée : vent et pluie.

J5 – Le vent est tombé. Les nuages disputent le ciel au soleil. Pas de gagnant pour l’instant. La météo prévoit une aggravation. La veille, elle s’est trompée. Alors aujourd’hui…
Départ pour le beau lac Saussat, cerné par le cirque d’Espingo. Passé le lac, Isabelle prend la tête. Objectif : trouver la sente qui monte en direction du Spijéoles. Trouvé. Le sentier grimpe franc. Il va falloir le quitter pour partir au nord-ouest. Vers la Pointe Belloc. Hésitations. Le brouillard nous rejoint. Avec lui la bruine avant qu’elle ne devienne pluie fine. Bref, la totale pour une séance carto.
Le sentier devient improbable sente pour isards. La Pointe n’apparait pas, drapée dans le brouillard. Cheminement en courbe de niveau. Les altimètres sont de sortie. La boussole, pas loin. La préparation des azimuts, la veille au soir, prend toute sa valeur.
Bon an, mal an, le cap est suivi pour frôler la pointe et atteindre le lac. Ni l’un ni l’autre ne se laissent voir. Les GPS de Gérard et Thierry nous positionnent sur Iphigénie. Celui de « Mézigue » sur Topo_Pirineos. Le lac est longé par en-dessous. Pas vu.
La pluie ne cesse plus. Seul le festival coloré des coupes-vents anime le paysage : bleu pastel, orange, vert pomme, bleu marine, rouge. Vive la mode !

A tour de rôle, Ali, Bernard, Gérard passent devant. Le grand blanc : c’est compliqué. La fatigue commence à se faire ressentir. Pas d’arrêt pour ne pas se refroidir. Cathy semble marquée. Elle casse la croûte et repart de plus belle devant ! EPO ou jambon du pays ?
Dans le brouillard, rien n’avance. Le piton d’Espingo n’apparait jamais. Existe t’il au moins? Il faut tirer sur la droite répètent les GPS.
Le sol regorge d’eau ruisselante. Les couennes, plates plaques de granit, demandent à être contournées pour éviter de méchantes glissades.
Pour une fois, Michel passe devant et recherche le passage qui permettra de descendre en Z dans le val sec (?) d’Arrouge. Séance gymkhana dans d’épais rhododendrons – quelques glissades – et le passage est trouvé. En bas, la rivière est forte. Passage direct dans l’eau. Faire simple. Chaussures trempées. Elles l’étaient déjà !
Il ne reste plus qu’à plonger vers le lac d’Espingo. A deux pas du refuge, le tonnerre se met de la partie, comme pour féliciter l’équipe, pour une opération « commando » remarquablement conduite.
Six heures de sorties pour se rendre compte que le BAC (boussole, altimètres, carte), les GPS et l’observation du terrain sont autant d’instruments à maitriser dans des conditions compliquées.
Le refuge est « bourré comme un oeuf » : tous les randonneurs du coin, chassés par la pluie et le brouillard, s’y sont donnés rendez-vous. Ambiance, ambiance. La pluie : le bonheur des gardiens de refuges !
A 16h, l’équipe se replie dans le dortoir pour les topos restant à écouter : Isabelle aborde l’encadrement des mineurs. Cathy, les secours et la sécurité. Martine, les EPI (équipements de protection individuels). Caroline, les GPS, outils traditionnels et lecture du terrain. Thierry ferme les présentations sur le thème de l’alimentation et des pathologies.
Autant de présentations instructives complétant une journée déjà riche en expérience terrain. Difficile de faire plus. Sommeil de plomb.

J6 – Réveil. Humidité partout. Dedans. Dehors. Dans les chaussures. Dans les chaussettes (ndlr : Mézigue attrape un rhume carabiné !). Petit déjeuner et départ sans tarder. La colonne multicolore – coupe-vents oblige – s’étire. Petit à petit, le ciel se dégage. Lac d’Oô, Granges d’Astau : le décor n’a pas changé. Retour sur terre. Priorité au changement de chaussures. Le Jurançon, méthode Champenoise, est mis au frais à l’auberge.
Deuxième café du matin pendant que Michel Andrades et Michel Bourdet s’installent en bout de terrasse et reçoivent, un à un, les stagiaires. Passage au confessionnal. Le calme règne. Seul un murmure s’échappe du conciliabule. Les Michel questionnent, écoutent les arguments des uns et des autres. Le verdict tombe : reçu ou ajourné (motifs à l’appui). Sourire, sourire forcé ou mine impassible…
Reçus ou pas, c’est une semaine extrêmement riche en expériences, partages, informations qui s’achève. Organisation impeccable : merci Michel. Guide remarquable : merci Michel. Une formation qui en appelle d’autres.

A plus sur les sentes.

Beñat

Nota :
– Point le plus bas : 2100m (parking des Granges d’Astau), les plus hauts : pointe de Litérole (3132m), pic Royo (3121m), Perdiguère (3218m), pic Lézat (3107).
– Guide : Michel Bourdet
– Encadrant : Michel Andrades dit Mich
– Participants : Sabine Guigue, Martine Bonnet, Caroline Pillet, Isabelle Durand, Cathy Roques, Mohamed-Ali Mili, Thierry Martin, Gérard Favier et Bernard Boutin
– crédit photo : Sabine, Cathy, Thierry et Bernard
– Les randos d’avant : c’est
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La Munia : formation « sécurité » pour randonnée alpine

La Munia : toit de Troumouse !

Départ : parking du Cot (cirque de Troumouse)
Destination : pic de La Munia (3133)
Date : 1et août 2018
Encadrants : Michel Thomas et Stephane Arribarat
Participants : Ghislaine de Rincquesen, Chantal Loustau, Cathy Roques et Bernard Boutin
Météo : Beau temps chaud dans la vallée.

Michel Thomas, épaulé par Stephane Arribarat, nous avait concocté une journée de formation où le mot clef était « sécurité » en randonnée alpine. Rappel, main courante, progression sur neige (avec ou sans crampons) et assurage sur rocher allaient donner un contenu dense à la sortie. Un magnifique « terrain de jeux » était au programme pour l’occasion : le cirque de Troumouse et son sommet emblématique : La Munia.
Réveil 4h30. Troumouse, c’est loin ! Décollage depuis le parking Laclau à 6h pile. L’énergie des hommes est incroyable : plus il faut se lever tôt, plus les randonneurs sont à l’heure. Au CAF de Pau, le célèbre « quart d’heure béarnais » a subit l’estocade, une fois pour toute. Au parking-relais d’Argelès, pour Michel et Stéphane, c’est aussi le « quart d’heure bigourdan » qui est moribond. Parité parfaite pour la collective : 3 filles dans une voiture, 3 garçons dans l’autre. Du beau monde en tout cas : 5 encadrants sur 6 participants.
8h et des broutilles : la collective démarre devant un magnifique cirque que le soleil commence à lécher. Session marche « cool » sur estive suivi de cheminement sur rocaille sans fin. Cap, plein Est,vers « les deux soeurs ».
Fond du cirque. Un raide couloir enneigé apparait sur notre droite : « C’est par là ! ». Sommes à 2400m. Les soeurs étaient plus accessibles mais voilà neige et rocher ont nos faveurs ! Pose des crampons et montée pied amont planté droit dans la neige, pied aval plutôt en travers. La neige est ferme sans plus. Les crampons accrochent bien. Concentration. Interdit de dévaler la pente à 45°. A l’accueil bas : méchante « caillasse » ! Marchons groupés.
La névé finit par disparaitre et le rocher prend la suite. Toute la face nord du cirque n’est pas particulièrement herbeuse ou fleurie. Rocky Mountains here ! Le cheminement continue, direction SSO, vers le col de la Munia, à gauche du Mount Arrouy. Alternance de pierrailles et de neige. 2840m : le col est atteint. La vue au sud s’ouvre avec, en dessous de nous, les lacs de la Munia encore partiellement enneigés ! Nous sommes le 1er août !
Depuis le col, pour Mézigue, revoir, en face au SO, la « terrible » montée au ciel du col d’Anisclo, depuis Pinieta, et les dalles rocheuses de la Faja de las Olas, sous le Mont Perdu, fait remonter bon nombre de souvenirs d’une des plus belles étapes de la HRP d’est en ouest. Passée la Faja, s’ouvre d’un coup « sec », face au « spectateur », droit sous les yeux, le canyon d’Aniscle : magique et stupéfiant de beauté à la fois.
Reprise du cheminement en direction de la Munia. Des cairns un peu partout. Pas de trace très précise. Rando alpine. Le rocher devient plus raide. Il faut le prendre de face. Tantôt Michel ouvre la voie et Stéphane reste en protection. Tantôt l’inverse. La Munia n’est pas un pic méconnu. De nombreuses voies cairnées montent du sud (versant espagnol). Le rocher est poli par les mains. Il est glissant : méfiance.
Au mur « Passet », formation sécurité oblige, Stéphane installe une main courante. Mon « ficellou » est à la peine pour glisser vers l’amont. La prochaine fois, il faudra lui donner un tour de moins et ne pas faire passer ses boucles l’une dans l’autre. Enfin, c’est ce que j’ai compris…
Nouvel obstacle : le « Pas du Chat ». L’animal grimpe toujours en souplesse avec dextérité. La collective l’imite et « monte en libre ». Plus tard, à la descente, il sera franchi en rappel. On sait bien que les chats montent aux arbres plus facilement qu’ils n’en descendent !
Le final se fait par l’Espagne. En haut, une fragile croix de bois marque le sommet. Deux manches à balais entrecroisés. Pause bien mérité.
Un aragonais donne son explication du nom « La Munia ». Il s’agirait d’une évolution du nom que les arabes donnèrent à ce lieu : Al Munia. Il ajoute que cela veut dire la « granja » en espagnol. Traduction : la ferme. Bizarre ! Il continue en expliquant que la plupart des noms alentours ont été modifiés par un « nazi belge » pendant la guerre. Ivresse de l’altitude pour le vieux monsieur ?
Retour par le même tracé en évitant le passage au col. Deux rappels couronnés de succès par toute l’équipe.
Exercices de descente face à la pente dans la neige, piolet à la main. Solution : planter fermement les talons. Exercices de glissades sur les fesses et retournement sur le ventre pour planter, sur le côté, le piolet.
Au bout du bout, une sortie de 4 ou 5 heures prendra presque le double de temps. Une formation, sur le terrain, approfondie pour la plus grande satisfaction de Ghislaine, Chantal, Cathy et le chroniqueur.
Un dernier effort pour rejoindre le « plancher des vaches » : passer à nouveau le couloir enneigé du matin. Le recul de la neige le long de la paroi rocheuse (pour cause d’échauffement du rocher) a opportunément dégagé un étroit cheminement, raide et en pierrailles filantes sous les pieds. Main aux rocher, main à la neige et l’obstacle est passé.
Reste à traverser la rocaille et déjà apparaissent les petites familles de vacanciers. Shorts, t-shirts à manches courtes, baskets, sacs à dos légers. Deux monde se côtoient. A chacun son bonheur.
Vive les études et plus sur les sentes.

– par Beñat

Le verdict :
– Point le plus bas : 2100m (pk du Cot), le plus haut : 3133m (pic de La Munia), dénivelé : 1168m, distance parcourue : 12,4km, durée de la sortie : 9h45
– Encadrants : Michel Thomas et Stephane Arribarat
– Participants : Ghislaine de Rincquesen, Chantal Loustau, Cathy Roques et Bernard Boutin
– Les randos d’avant : c’est
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crêtes entre Ossau et Aspe : plein les yeux !

Incontournable Ossau !

– les mots clefs : vallon d’Aule, col de Héous, pic Gaziès, col Turon Garié, Soum d’Aas de Bielle, pic d’Auliou, vallon d’Aas et aussi fleurs à profusion, ballet de milans dans ascendants, vautours fauve, gypaète, isard solitaire, marmottes criardes, petites familles autour du lac de Bious Artigues, sonnailles en estives, klaxons à Bious Oumette.
– les acteurs : Yves Hourcade, Bernard Boutin
– le verdict du GPS : 1500m de dénivelé, 19 kms, 9 heures de grande respiration, plus haut 2447m (pic Gaziès), plus bas : pk de Bious Oumettes 1320m. Sortie du 23 juillet 2018.
– commentaires : très belle journée avec un bon compagnon de sortie : Yves. Un bel éclairage pour les photos. Les crêtes du pic Gaziès jusqu’au pic d’Auliou permettent, tout du long, des vues exceptionnelles. D’un coté la vallée d’Ossau, de l’autre la vallée d’Aspe.
Avoir le « pied aérien » sur les crêtes. Plutôt fun comme exercice.
Descente du vallon d’Aas, vers le lac de Bious-Artigues : calme et sauvage. Un contraste total avec la « marée » de touristes entre Ayous et Bious-Artigues. Une sortie annuelle ?
A plus sur les sentes.
– par Beñat
PS : les randos d’avant : c’est ICI

la trace du jour

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Tour de l’Ossau : un classique revisité !

Jean et Pierre ou Pierre et Jean ?

Départ : barrage de Bious-Artigues 1422m
Destination : boucle autour de l’Ossau par le Peyreget 2487m et le cirque de Moundelhs
Date : 20 juillet 2018
Participants : collective du Club Alpin de Pau et de la vallée d’Ossau
Météo : Beau temps chaud avec brise rafraichissante.

Le Tour de l’Ossau, c’est le classique par excellence. Qui ne l’a pas fait plusieurs fois ? Restait à le pimenter un peu. Une sortie réalisée dans le sens contraire des aiguilles d’une montre.

Acte 1 : longer le lac de Bious, traverser le plateau de Bious que des tondeuses Made-in-Aquitaine achèvent de raboter, laisser de côté la montée au bois des Arazures et redécouvrir le beau « canyon » du gave de Bious, à deux pas de la cabane de Cap de Pount.
Le canyon appelle à s’arrêter, trouver quelques voies descendantes pour aller plonger dans ses attirantes vasques d’eaux claires. Repousser trempette : 18k et plus de 1350m de dénivelé au programme du jour. Il faut avancer.
Les tondeuses, vous avez deviné, ce sont les blondes d’Aquitaine. Elles raffolent des fleurs que les Jacques, Gérard et autre Denis observent avec tant de minutie et d’amour. La montée à l’estive : le grand nettoyage. De multicolores, les Pyrénées deviennent tout simplement vertes avant de virer au jaune paille.

Acte 2 : la troupe marche bien. Elle a mangé son pain blanc : 4 kilomètres pour faire 200m de dénivelé. Trop facile ! Les choses sérieuses démarrent. Il s’agit de rejoindre la cabane de Peyreget depuis celle de Cap de Pount. La sente, disparait sous l’herbe haute. La pente se fait franche. N’est pas HRP qui veut ! Coin encaissé. Beau et sauvage à la fois. Des pins à crochets. Beaucoup de fleurs aussi. Les gentianes jaunes dominent. Pas difficile pour elles. Elles ont les plus hautes. Blondes et moutons épargnent les lieux pour le moment. Un kilomètre comme on les aime en montagne : loin de tout.

Acte 3 : passé la cabane, le cheminement classique reprend. Le lac de Peyreget est à une encablure. Une marmotte nous nargue un instant. L’Ossau nous domine. Le Petit Pic plus précisément. Il cache son grand frère. A propos qui est Jean ? qui est Pierre ?
Pause cacahuète. Il faut bien reprendre un peu d’énergie. Le Peyreget à l’Est est impressionnant. Grande façade minérale.
Montée vers le col du même nom. L’herbe s’efface, le rocher la remplace. Il devient chaos. Attention aux pierres qui roulent. Mieux vaut les passer rapidement. Elles n’ont pas le temps de réagir.
Un dernier effort et le col est là. La vue se dégage et plonge vers Pombie, puis au loin, vers le long et rectiligne val d’Arrious dominé par le Lurien et l’Arriel. Derrière, le Palas, le Bala et les Frondellas pour ne citer que les plus proches. La lumière est particulièrement belle. Elle le reste toute la journée. Pas de photoshop à prévoir ce soir.
Au col : gorgée d’eau. Reste 170m à grimper pour le pic de Peyreget. Une paille pour un plus haut.
Les anciens, dans les vallées, ne se cassaient pas la tête : cabane de Peyreget, lac de Peyreget, col de Peyreget, pic de Peyreget, pène de Peyreget. Traduction à Pau : place Clemenceau, boulevard Clemenceau, square Clemenceau, parc Clemenceau et Château Clemenceau !
Un dernier effort : le Peyreget est « vaincu » : 2487m. Nous ne sommes pas seuls. Deux tourtereaux picards semblent tout étonnés d’y être aussi arrivé.
Pause déjeuner. Il est 11h07. Jamais trop tôt surtout si on l’accompagne de petit manseng sec Château Cabidos et de Rioja Marqués de Cáceres. Bel équilibre. Merci Michel et Gérard.

Acte 4 : 11h50. Descente pour déguster un café au refuge de Pombie. Si la descente en hiver, de la face Nord du pic, peut s’avérer délicate (tôle ou glace), en été : « No problem ».
Passage à nouveau au col et plongée vers les laquets proches, encore partiellement enneigés. Le coin est logiquement à isards. Pas un ne sera vu. Bizarre. Ni là, ni à Moundehls, ni à Magnabaigt. La presse parle depuis peu de loup. Les isards, attentifs aux informations, se seraient-ils cachés ?
Café à Pombie. La foule des petites familles parsème le terrain entre refuge et lac. Au resto, Léon et son équipe déjeunent. Pas de clients, à midi, en plein juillet ! Ce sera pour ce soir avec les HRpistes, GR10 et autres randonneurs auTour de l’Ossau ou à la veille de le grimper.
Savez-vous comment les espagnols appellent ce que les béarnais nomment l’Ossau ? « el Midi ». Esprit de contradiction et faute totale d’orientation. L’Ossau est plein Nord depuis l’Espagne. « El Norte », non ?

Acte 5 : rejoindre les crêtes de Moundhels. Traversée du chaos de la Grande Raillière. Répétition : « Attention aux pierres qui roulent. Mieux vaut les passer rapidement. Elles n’ont pas le temps de réagir… » . Observation des demi-cercles de pierres qui marquent l’ultime recul du glacier de l’Ossau. Le chaos devient sente. Remontée tranquille et le col de Suzon est là.
Si l’on ne sait pas qui étaient exactement Jean et Pierre. Ce que l’on sait, c’est que Suzon est la – très belle – fille du second. On imagine la suite.
Petite pause avant de prendre la direction Nord-Ouest pour rejoindre la brèche inférieure de Moundhels. Vaches et moutons. La sente – qui se voudrait horizontale, légèrement descendante, – s’efface dans l’estive. Un moment d’hésitation. Le GPS ramène dans la bonne direction. Arrivé sous la brèche, montée franche sur 100m de dénivelé. Virages en Z serrés. Un peu de surchauffe. Les 1350m de dénivelés, depuis le début de la journée, approchent.
14h26 : brèche atteinte. L’ambiance change. Pins à crochets à nouveau, végétation riche en fleurs, herbe épaisse. Ni vaches, ni moutons ici. Univers sauvage. La formidable face nord de l’Ossau nous domine. Souvenirs, souvenirs pour Didier et Catherine, contents de revoir les lieux de grimpes passées.
Pause sur les crêtes. Brise rafraichissante. Un bel endroit loin des « mornes » estives, si traditionnelles auTour de l’Ossau.

Acte 6 et baisser de rideau : Rejoindre le fond du cirque Moundhels. Plonger ensuite vers le lac de Bious-Artigues. Un bref couloir demande attention. Pas de sente précise jusqu’à rejoindre le cheminement qui conduit à la brèche supérieure de Moundelhs. Reste à dérouler tranquillement au milieu de parterres de fleurs multiples et multicolores. Abondance d’eau.
Le lac de Moundelhs, coeur du « jardin anglais », déçoit par sa petite taille. Curieux, alors qu’il pleut tant actuellement, il est à moitié vide ! Entrée dans la forêt. Les sentes sont multiples. L’eau ruisselle partout. Atmosphère rafraichissante. La pente augmente. La vitesse aussi. Moquette sous les pieds. Une dernière clairière sur notre droite et le chemin qui longe le lac de Bious-Artigues est atteint. La boucle est bouclée.
A la Caverne, à Gabas, boissons et gâteries pour tous. Sourires partagés après une belle sortie.
A Pau, il fait 31°. Vivement de remonter…
A plus sur les sentes.

– par Beñat

Le verdict :
– Point le plus bas : 1422m (pk Bious Artigues), le plus haut : 2487m (pic Peyreget), dénivelé : 1350m, distance parcourue : 18,3km, durée de la sortie : 8h15
– Participants : Marie-Claire Barbizien, Michel Dabadie, Yves Hourcade, Catherinne James, Gérard Lacaze Labadie, Christine Maisongrosse, Didier Mazoin
– Encadrant : Bernard Boutin
– Les randos d’avant : c’est
– Cliquez sur la première photo pour dérouler le diaporama. Crédit photo : Michel Dabadie, Gérard Lacaze Labadie et Bernard Boutin

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Soum de Grum depuis Estaing : à découvrir !

Soum de Grum : rares gentianes blanches !

Départ : gite d’étape de Viellette (1071) au-dessus du village d’Estaing
Destination : Soum de Grum (2657)
Date : 15 juillet 2018
Participants : Michel Nogaro, Bernard Boutin,
Météo : Beau temps. Température agréable. Se couvre en fin de journée.

Au gite d’étape de Viellette, deux gros taureaux paissent devant la ferme. Départ tonique. Michel file devant. Fuit-il les ruminants ? Le palpitant a besoin d’un instant pour s’ajuster. Aah, les vieux diesels…
Cheminement « calme », mais bref, dans un beau sous-bois. Très vite, la pente s’accélère. Le choc est frontal. On grimpe (presque) tout droit dans une sente animale prête à crouler sous la végétation. Une clairière. Un cayolar en ruine. Retour dans la forêt pour un rythme sans grand changement.
Départ : 7h41. 8h41 : le dénivelé est déjà de 496m. Du 500 à l’heure ! 9h41, on sera à 1092m de dénivelé. Accélération !
Heureusement, des bergers basques (en Bigorre!) apparaissent. Pause. Conversation intéressante. Les ours : des « nounours pour bobos ». Bref tolérés. Par contre, le loup, s’il venait à apparaitre, la « carabine » sera immédiatement activée… Les pertes de bêtes par chiens errants : ceux-là, on ne les voit jamais ! Tout simplement « des chiens des villes qui veulent faire joujou avec les bêtes et les affolent. »
La forêt est derrière. Le vallon, où court le gave d’Aumède, est dégagé. De belles estives, deux sources et des névés où les bêtes se rafraichissent et tuent les parasites qu’elles ont sous les pattes. Les moutons sont les mêmes qu’aux Aldudes : oreilles et museaux noirs. Les patous parlent basque : « Bai, bai ! » . Un coin idéal pour ces bergers basques. Manquait plus que l’Ikurriña (drapeau basque) sur les vieilles cabanes !
Il faut avancer et remonter du glacier (terme employé par le berger), une longue langue de neige dans le fond du « Cau de Liarets ». A l’est le pic de Liou (2565) au sud, le Moun Né (2724). Ce dernier ne semble pas facile à vaincre. Neige et éboulis au programme.
Le vallon devient cirque. Un collet (2495) est à rejoindre face à nous par la droite. Cheminement parmi des pentes aux affleurements rochers divers. Pas de cairns, ni marques de peintures. A la descente, nous construirons deux cairns pour les grimpeurs.
Au collet, le Soum de Grum se dévoile. Un beau triangle rocailleux qui domine 3 petits laquets au milieu du « clot déts Léas ».
Le tour des laquets (légère descente) réserve une surprise de taille : au milieu d’un parterre de gentianes de Koch au bleu profond si caractéristique, une douzaine de gentianes blanches décolorées ! Michel et « mézigue » calculent qu’après 100 ans de « crapahuts » cumulés, jamais de telles fleurs n’ont pu être observées… Instant rare. Instant magique. Les Pyrénées : jamais totalement connues !

Un dernier ressaut et le soum de Grum est là. Très belles vues à 360°. Le coup de coeur : la vue vers l’ouest avec un superbe glacier de las Néous sous le Balaïtous. Beaucoup de neige encore. De gauche à droite : le Grand Barbat, le Bala, l’Arriel, le Palas, pic du Midi d’Arrens, Gabizos, tous vu par leur flanc Est (liste non exhaustive). Beau spectacle. Côté est, la vue plonge sur la station de ski de Cauterets. C’est de suite moins attirant…
Pause : 1615m de dénivelé, « ça creuse » ! Photo souvenir et retour par le même cheminement.
La finale de la « coupe du monde de foot » nous fait hâter lentement. Nouvelle discussion avec les bergers. Ecole buissonnière et retour par le col de Bordère, histoire de le découvrir (en voiture). Boisson au Kairn, chez Karine à Arras, et retour « tanquillou ». At home : les 30 dernières minutes du match. Victoire française. Deux bonheurs dans la journée. Que demander de plus ?
A plus sur les sentes.

– par Beñat

Le verdict :
– Point le plus bas : 1071m (pk au gite d’étape de Viellette), le plus haut : 2657m (soum de Grum), dénivelé : 1615 m, distance parcourue : 14,2km, durée de la sortie : 8h20
– Participants : Michel Nogaro, Bernard Boutin
– Les randos d’avant : c’est

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