Soums d’Arriste et d’Angoustise : belles découvertes !

crête de la Bouque de Hours

Départ : fond du plateau de Castet
Destination : soums d’Arriste 1852 et d’Angoustise 1625
Encadrant : Jacky Gaüzère et co-encadrant : Bernard Boutin
Participants : Josette Coumes, Jacques Darmony, Gabriel Cazaux, Patrice Collin, Georges Lanusse Cazalé,
Météo : très belle journée ensoleillée sans vent
Température : fraîche
Date : 12 décembre 2018

Ecrire à nouveau. Pour dire quoi ? Une super équipe. Un super encadrant. Un parcours inédit dans des territoires inconnus. Un temps idéal. Tout est dit.

regel matinal

Il faut oser passer le col du Jaüt 1506, en venant du plateau de Castet 910, descendre légèrement, et ensuite cheminer SSE, sur la courbe de niveau 1470, pendant près de 2 kilomètres. La sortie-découverte peut enfin démarrer en piquant droit au sud vers la Bouque de Hours 1800. Un très beau petit cirque sauvage, karstique, éloigné des espaces (trop) marqués par le pastoralisme du secteur du Jaüt.
Preuve s’il en est de son éloignement, des hommes et des animaux domestiques, les izards sont « légions » sur les pentes alentours. Depuis la crête, ils nous observent avec inquiétude : « même ici, on n’est plus tranquille ! ».
Cela grimpe fort. La collective marche à bon rythme. L’endroit est inspirant. Le cirque, orienté nord, est parsemé, sous la crête, de quelques traces de neige. 11h15 : crête atteinte, 3 heures depuis le plateau de Castet. Une brèche étroite et, plein sud, la Latte de Bazen et le massif du Gabizos se dévoilent.
Reste à remonter la crête, par l’est, vers le soum d’Arriste. Belle crête assez effilée mais sans grande difficulté jusqu’à un petit passage demandant attention. Pas d’alpinisme, largement pourvu en bonnes prises. Ludique.
Un final sans difficulté mais assez « relevé ». Beau replat sur le sommet du Soum d’Arriste. Installation confortable au soleil, sur herbe séchée, pour déjeuner. Idéal. Somnolence. Cela faisait bien longtemps…
50 minutes plus tard, descente pour atteindre un collet, entre Arriste et Bétoura. Plongeon plein nord en direction du vallon de la Glacère. Ramasse dans un long cailloutis qui ne demande qu’à nous suivre. Comme en neige : rester droit et planter le talon. Séquence différente.
Sous le cailloutis, la forêt. Orientation est prise vers le NO. Objectif : rejoindre les estives de la Glacère et les traverser pour atteindre les bergeries de Lagouare 1460. Les bergers se sont construit là un presque-chalet-suisse. Une belle bâtisse aux fenêtres et portes couvertes de grilles : « randonneurs passez votre route ».
A coté, un cayolar plus rustique est ouvert au public. Pause rapide : gorgée d’eau et cacahuètes… et déjà repartis pour rejoindre un collet à 1513 entre le Pène de Louste et le pic Angoustise. Pène, soum, moulle : que pense Jules Ferry de la toponymie locale ?
Au col, direction plein est en suivant des balisages peints tantôt jaune, tantôt rouge ou des bandes plastiques blanches et rouge, pendues aux branches : des marquages à ne pas suivre aveuglement rappelle rapidement le GPS ! Retour sur trace et le pic Angoustise est « vaincu ». A ce degré de fatigue dans les jambes, on a le droit de le dire !
Rapide coup d’oeil à 360°. Le temps passe, les journées sont les plus courtes de l’année. Il reste 5 km à parcourir. Pas d’attendrissement face aux pentes sud du Durban !

cabane de la Sébouille

Descente vers le refuge de Couscouilla puis la cabane de la Sébouille. Celle-là, pire que pire y-a-pas ! De chalet Suisse à hutte préhistorique…
Cheminement en fond de vallon, le long du bois de Sequés, pour enfin rejoindre la voiture. C’est fou le nombre de lieux que l’on traverse sans en connaitre les noms! Couscouilla, vous connaissiez probablement. Sequés, Sébouille moins surement.
Demi-heure plus tard la nuit commence à pointer du nez. Halte réconfortante à la Taverne de Louvie-Juzon, haut lieu des collectives du CAF de Pau. Nous y rejoint la collective d’André Eygun-Audap qui arrive du secteur Ourlène, Ourlénotte, rocher d’Aran. Même verdict pour tous : une très belle journée de fin d’automne. Enfin !
Une rando éco-compatible. Economique, écologique : 4 euros pour le co-voiturage.

– par Beñat

Le verdict :
– Point le plus bas : parking au fond du plateau de Castet 910 m , le plus haut : soum d’Arriste 1852, pic d’Angoustine 1625 m, dénivelé : 1220 m, distance parcourue : 17,8 km, temps de la sortie : 8h15, carte 1546ET
– Les randos d’avant : c’est
– Cliquez sur les photos pour les commentaires
– Crédit photo : Beñat

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Boucle par le Tousseau et le Coos : à refaire !

ambiance sur la crête de Coos

Départ : abreuvoir à Aste-Béon 510
Destination : Tousseau 1693 et pic de Coos 1840
Encadrant : Bernard Boutin et co-encadrant : Jacky Gaüzère
Participants : Jacques Darmony, Bruno Basty, Claudie Charbonneau, Alain Colman, Lélé, Pierre Sivardon
Météo : bruine et brouillard le matin, dégagé l’après-midi
Température : de fraîche à agréable
Date : 6 décembre 2018

Monter une collective, ce n’est pas évident. Il faut d’abord trouver où aller ? Les « pro », Jacky et Clapy, ont des bases de données personnelles inépuisables. Pour les encadrants récemment diplômés, c’est moins évident. Ouvrir une carte et imaginer un circuit. Pas simple d’autant plus qu’il faut prendre en compte, en cet inter-saison, l’enneigement qui fluctue régulièrement.
Le Tousseau et pic de Coos, depuis le port de Castet sont « maitrisés » par Bouty (fallait l’imaginer!). Restait à les aborder par l’ouest en partant d’Aste-Béon.
La boucle du jour : remonter « lou cami dou pastou » vers le port d’Aste. Parfaitement pavé, il mériterait d’être classé au patrimoine national ! Continuer par la longue crête de Guttéres jusqu’au Tousseau. Prolonger sur celle de Coos et rejoindre le pic du même nom. Basculer plein sud pour descendre au col d’Agnoures puis plonger, pour retour au point de départ, dans le vallon du bois de Peyraube. Un beau projet sur le papier ! Sauf que cela ne se passe pas toujours comme imaginé…
Cinq minutes après le départ, il se met à bruiner légèrement. Juste ce qui faut pour hésiter entre « je couvre ou je ne couvre pas le sac ». Arrivés sous le Coigt (col en béarnais) des Arrates, il bruine toujours. Pour le coup, il y a plus que le sac à protéger. 
Remontée de la crête de Guttéres. Le vent s’y colle. Il ne manquait que lui. « Hilh de pute ! » Pour autant, il en faut plus pour décourager la troupe aguerrie aux sautes d’humeur du temps. Go CAF, l’école d’abnégation.
Tousseau atteint. Dos au vent. Pas de vue. Le brouillard se mêle de la partie. Encas vite avalés, gorgées de liquide chaud : sobriété du randonneur.
Continuer, sur la crête de Coos, vers le col de Lallène présente peu d’intérêt : pas de vue. Cap est mis directement vers le pic de Coos. Magie du GPS qui, dans le brouillard, aide à contourner les dolines et résolument conduit dans une direction SSE. Le Coos est atteint. Un pic à surface plane. Pas glorieux dans le « fog béarnais ». Sans kairn même. Quelques traces de neige. Bien peu, pour un 6 décembre, à 1840 mètres !
La troupe s’installe légèrement en contre-bas, côté est, pour se protéger du vent froid. Une première véritable pause depuis le début de la sortie. Il aura fallu atteindre le sommet pour s’y résoudre. Générosité : quiche (Claudie), vin (Jacques), café (Lélé), chocolats (Bruno), figues (Bernard), bonbons (Alain) circulent.
La soupe réconforte. Un instant. Le froid est en embuscade. Pas loin. Déjà, il faut repartir.
Descente de la crête du Coos en direction du col d’Agnoures. Le plafond nuageux se lève. Un peu. Suffisamment pour voir à notre gauche le col de Louvie. A droite, tout en bas, Aste-Béon et alentours.
Devant, du brouillard émergent quelques randonneurs. Sous nous, aux cabanes de Niouères, d’autres randonneurs font pause. Des pingouins : tous d’un côté pour se protéger du vent. Rare de voir autant de monde en cette saison. Pour un peu, on se croirait à Bious Artigues !
Le col approche. Agnoures atteint. Pas de soleil : pas de pause !
Suivi de la feuille de route : « sur 200m, aller SSO -STOP- sur 0,6k, aller NO -STOP-Prendre SO et continuer sur 200m avec des virages en Z dans la forêt -STOP-  etc. » . Dans les faits, du col jusqu’à Aste-Béon, le cheminement est balisé de traits de peintures rouges et jaunes (tour de la vallée d’Ossau). Pas trop prise de tête.
Descente « cool » alternant entre belle forêt de hêtres, granges de Dès et granges d’Ourdou, toutes bien entretenues. La vue se dégage sur la formidable crête qui monte au Plat Troubat, pointe orientale des 5 Monts. Une vue qui donne quelques idées à Jacky. Collective à venir ?
Les GPS sont toujours actifs. Objectif : ne pas rater un départ sur la droite qui permet de rejoindre le « cami dou pastou » et ainsi boucler la boucle.
Aste-Béon : tout le monde est content. « Même pas fatigué ! » s’exclame Pierre, le nouveau et petit-jeune du jour. Une belle sortie de plus, malgré le temps. Les Cafistes, d’irréductibles positifs !
Quand à l’encadrant, il connait déjà la suite : refaire le trajet en sens inverse… par beau temps.
Une rando éco-compatible. Economique, écologique : 4 euros pour le co-voiturage et 66 kilomètres (aller & retour).

– par Beñat

Le verdict :
– Point le plus bas : parking à Aste-Béon 510 , le plus haut : le Tousseau 1693 et le pic de Coos 1840, dénivelé : 1360 m, distance parcourue : 12,6 km, temps de la sortie : 7h20, carte 1546ET
– Les randos d’avant : c’est
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– Crédit photo : Beñat

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boucle par le Betoura et la Gélaque : vive le Piémont !

sommet du Bétoura

Départ : parking de la Glacère 440, vallée de Ferrières
Destination : Le Betoura 1823 et le soum de la Gélaque 1640
Encadrant : Jacky Gaüzère et co-encadrant : Cathy Roques
Participants : Jacques Darmony, Jean-François Avril, Bernard Boutin, Xavier Damez-Fontaine, Yves Hourcade, Nadine Laborde, Tanguy Lambert, Jean-Pierre Tisne
Météo : ciel dégagé qui se voile assez vite. Vent (enfin) « en boite ».
Température : agréable voire chaude.
Date : 28 novembre 2018

Le Piémont, cela fait moins glorieux que les Ossau, Vignemale ou autre Néouvielle. Et pourtant, depuis que la neige s’est mise à saupoudrer (sans grande conviction) les pentes, la prudence y conduit tout droit et sa découverte est d’une grande richesse : vallées oubliées, forêts « tropicales », cayolars inconnus, sommets anonymes !
Vallée de Ferrières : austère, humide, déserte. Un improbable parking, quelque part entre Arthez d’Asson et Ferrières. Un improbable sentier, camouflé dans la dense végétation. Forêt de buis, d’hêtres et de vénérables chênes. Mousse envahissante sur les troncs, les branches, le sol, les pierres. Elle tombe même du ciel. « Spanish moss » des lointains bayous louisianais !
Derrière le vert omniprésent se cache un désastre écologique. La pyrale, ici aussi, a tout « bouffé ». Buis à nu. Lueur d’espoir : plus haut, de tendres feuilles vertes réapparaissent sur les branches. Inégalement réparties. Comment réagira l’arbre, l’an prochain, si l’attaque est à nouveau aussi violente ? Inquiétude.
Jacky démarre vite. Plus que d’habitude. Est-ce parce qu’il y a un « petit nouveau » parmi nous ? Cadeau de bizutage pour Tanguy ? Il lui en faut plus.
Le chemin est bien tracé. Cap à l’est : il conduit, par le vallon de la Glacère, au lointain col de Jaüt. Un col, toujours abordé par l’ouest, depuis le plateau de Castet. Un piste y conduit. Une de plus. Une de trop. L’approche, par l’est, est indiscutablement plus « authentique », plus sauvage. Carrément méconnue.
Un épais tapis de feuilles de hêtres couvre le sentier. Confortable à monter. Il sera délicat à descendre : glissades et quelques chutes.
Cote 1080, virage à gauche pour pénétrer dans le vallon de l’Escanat en direction du col d’Arriste. Une première clairière en herbe, une deuxième couverte d’une fine pellicule de neige givrée. Une troisième couverte de 5 cms de neige. Neige discontinue (cote 1300).
Lac d’Arriste : un bien grand mot pour une mare à canards. Gelé, il est dominé par le début de la crête du Betoura.
Col d’Ariste 1533 : soleil devant nous. Belles vues à 180°. D’où à où ? Du Bigorre au Moncouges où, il y a 8 jours, le vent interdisait même une pause ! Plein sud, la Latte de Bazen et le Gabizos.
Attaque du Betoura. Le groupe se scinde en deux. Une partie contourne un premier ressaut par le N.O. en suivant une sente enneigée. Jacky, comme d’hab, préfère s’attaquer à la crête. Pente bien prononcée. Quelques centimètres de neige. Main au rocher. Progression « tout dret » dans une brèche qui demande attention. Exercice sympa.
Regroupement et continuation, vers le Betoura, sur la crête enneigée. Attention requise. Neige humide plus rocher humide = cocktail douteux. Une harde d’isards file sous nos yeux. Betoura atteint. Impossible de s’y asseoir. Etroit et enneigé. Photo et retour sur nos pas pour trouver un espace-pause sur la crête.
Jacques Darmory régale un Sancerre rouge de bonne tenue. Une fois encore : merci ! Spectacle : 4 magnifiques milans royaux passent sous nos yeux : les plus beaux « voiliers » !
Retour sur nos pas par les crêtes. Col d’Arriste et continuation vers le Soum de la Gélaque. Descente, toujours dans la neige, en passant par le laquet de Gélaque.
Cathy a son tour marque la sortie de son empreinte. Pas question de traverser à nouveau le sombre vallon boisé d’Escanat. Cap est mis au nord-ouest, face au Durban. Une progression sur estives. Objectif : rejoindre la cabane de Houn de Jaüt. Il fait chaud. La neige humide fond et transforme les « douces » pentes herbeuses en patinoire. Glissades pour tous. Moment fun.
Pause à la cabane avant de plonger, plein Est, pour rejoindre le cheminement de la montée. Long moment de descente dans la « forêt première » que les peuples autochtones d’Asie du Sud-Est ne traversent qu’en silence et avec un profond respect : l’âme des anciens disparus ne s’y est-elle pas réfugiée ?
Parking. Une sortie démarrée au lever du soleil et terminée alors que la pénombre approche. Croisé personne (même pas l’âme des anciens. Désolé ça ne marche pas toujours !). C’est cela le Piémont : tranquille, méconnu, préservé et injustement ignoré. Cerise sur le gâteau (écologique) : un départ à moins de 40 kilomètres de Pau et 10 randonneurs en 2 voitures. Un bilan carbone difficile à battre !
Mauvaise nuit. Corps cassé et tête agitée : cassé par une première sortie en neige, agitée par l’heureuse découverte de ces nouveaux horizons.

– par Beñat

Le verdict :
– Point le plus bas : parking de la Glacère 440 , le plus haut : Le Betoura 1823, soum de la Gélaque 1640, dénivelé : 1565 m, distance parcourue : 16,2 km, temps de la sortie : 8h40, carte 1546ET
– Les randos d’avant : c’est
– Cliquez sur les photos pour les commentaires
– Crédit photo : Beñat

Bétoura et Gélaque : la trace du jour

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Gourzy et Moncouges en boucle : vents contraires !

les crêtes du Gourzy

Départ : casino des Eaux-Bonnes 720
Destination : boucle par les pics Gourzy 1917 et Moncouges 2244
Encadrant : Bernard Boutin et co-encadrants : Dominique Vialatte, Jacky Gaüzère
Participants : Marie Benichou, Henri-Michel Lévin, Bruno Basty, Jacques Darmony, Alain Colman, Gérard Lacaze-Labadie
Météo : ciel désespérément voilé. Vent sur les crêtes (40 à 60 km/h).
Température : fraîche, voire froide au vent.
Date : 22 novembre 2018

7h30, casino des Eaux-Bonnes, la pénombre se dissipe. 15 minutes plus tard, c’est parti pour 15 lacets en forêt. Papotage général sur le chemin de l’Impératrice. Ici, on l’appelle Eugénie, et quelque fois, de Montijo. « Tras los Montes », ce n’est pas si simple : María Eugenia Ignacia Agustina de Palafox-Portocarrero de Guzmán y Kirkpatrick, marquise d’Ardales, marquise de Moya, 20ᵉ comtesse de Teba. Avec un tel pédigrée, Napoléon III n’avait qu’à bien se tenir.
9h15, première pause à la cabane Laga de Haut. Sortis de la forêt, il fait déjà plus frais. Petites laines de rigueur. Elles ne nous quitteront pas jusqu’au retour.
Montée dans le vallon de Gourziotte. 1650m : un bois est atteint et avec lui, les premières traces de neige. Plutôt fraîche et peu profonde.
Sous le Signal du Gourzy, un bel isard drapé de ses couleurs d’hiver : « En voilà un que les chasseurs n’auront pas eu… ni les loups d’ailleurs. » « Et pour cause, il parait que les chasseurs les ont eu, ceux-là ! ». Le vivant contraint.

traces de lagopède

Col du Gourzy 1819 : sur la neige, les traces fraîches d’un lagopède. Etait-il encore gris ou déjà blanc ? Pas vu.
Le vent accélère. Rafales froides. C’est une histoire qui a commencée, il y a plus d’un mois, sur les pentes de l’Ossau. Depuis, telle la poisse, il colle aux godillots. La dernière fois, c’était à la Génie Braque, la fois précédente aux Cinq Monts. Le vent va t’il nous poursuivre tout l’hiver ? Il y a plus d’un siècle, les premières écoles de pilotages s’installaient à Pau. Motif : en Béarn, il n’y avait pas de vent ! En attendant, au loin, l’Ossau est couvert d’un lourd chapeau nuageux en colère. Vent du sud. La Balaguère des Bigourdans. Trump, cause toujours avec ton : « No climate change ! »
Montée au Gourzy : Dominique voudrait admirer sa grange sur les pentes de la Montagne Verte. Las, le vent nous chasse déjà.
Pas de Brèque et légère descente pour rejoindre le plateau d’Anouilhas. Beau, sauvage, cerné de massifs calcaires. Au S.O, en enfilade, la petite, moyenne et grande Arcizette le dominent. Elles sont quasi imprenables. Au fond, le Ger, l’Amoulat. Un coin trop méconnu.
Pause au-dessus de la cabane d’Anouilhas. Rapide à nouveau. Fraicheur et ciel voilé n’incitent guère à la langueur et c’est reparti pour le col du Pambassibé. Long cheminement, pas compliqué, sur des sentes couvertes de quelques centimètres de neige. Col atteint 2153. Les rafales nous en chassent sans attendre. Moncouges atteint 2244 : même topo !
Il est 12h30. Grimper près de 5 heures pour atteindre un tel belvédère et en être chassé en 5 secondes ! Frustrant, immoral, inacceptable, râlant. Mais, qu’attend donc l’Office de Tourisme des Eaux-Bonnes pour remettre Eole à sa place ?
Plus au nord, à 200 mètres de là, la vue s’ouvrirait sur toute la vallée. Le cheminement est plat. Le vent nous dissuade d’y aller. Retraite décidée. Vents contraires.
Sous le col, une petite canole abritée. 12h48 : le temps du casse-croûte. Odeurs de soupes à la tomate pour Bruno. Aux légumes pour Bernard. L’hiver est bien là. Un moment de bonheur – enfin ! – Jacques nous sert un délicieux Pessac Leognan « Abeille de Fieuzal ». Transporté dans un Thermos, il est juste à la bonne température. Quel savoir-vivre ! En même temps – macronisme – l’eau de la gourde est imbuvable : trop froide.
13h23 (les CR de Jacky sont bien utiles !) : plongée en direction des cabanes (détruites) de la Québotte. Tâtonnements pour trouver le cheminement exact. Une trace GPS trop simplifiée : reste encore à apprendre Boutin ! De randonnée simple à randonnée alpine. A nouveaux des isards. Ils filent au-dessus dans la pierraille qui se met à rouler.
Reste à descendre la longue Coume de Balour. Un flanc nord encaissé, humide, austère. Vue proche de zéro. La forêt est meurtrie. Des troncs abattus la jonchent. Les coups de vents, les avalanches la ravagent au fil des années. Qui pour nettoyer cela ? Les insectes xylophages – xylo (bois), phage (mange) – s’y collent. Bien seuls pour un tel entretien.
Une artigue apparait. Au fond, la petite cabane de Balour, récemment retapée : de grossières lauzes en couverture, un poêle à bois neuf et un châlit -neuf aussi- face à lui. Pas de place pour plus. Pause.
Fin de traversée de la Coume. Arrivé au pont sur la Sourde, à deux pas des Eaux-Bonnes, le GPS saute la vallée et enregistre des points sur la route d’Aas ! Quelle mouche l’a piqué ?
Traversée des Eaux-Bonnes : commerces, hôtels, immeubles fermés ! 340 habitants – pas vu – pour plus de 2243 logements. Eugénie, reviens vite. L’Hôtel des Princes n’attend que toi pour revivre les fastes de la fin du 19° siècle !
Fin de sortie. Un bel effort : 20 kms et 1700 m de dénivelé dans une ambiance peu « avenante ». A refaire, sous un chaud soleil estival. Le « coin » en vaut bien la peine.

– par Beñat

Le verdict :
– Point le plus bas : parking Casino d’Eaux-Bonnes 720 , le plus haut : Moncouges 2244, dénivelé : 1700m, distance parcourue : 20 km, temps de la sortie : 9h, carte 1546ET
– plus sur la boucle : Pic Moncouges en boucle par Balour-Anouilhas-Gourziotte et… autre delicatessen
– Les randos d’avant : c’est
– Cliquez sur les photos pour les commentaires (peu de photos car encadrer devant et photographier derrière en même temps n’est pas facile !).
– Crédit photo : Marie Bénichou, Gérard Lacaze-Labadie et Beñat

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La Génie Braque en boucle : mémoriel et culturel !

Soum de Moulle (crédit C. de Charette)

Départ : Monastère de Bethléem à Peyras (408m) près de St Pè de Bigorre
Destination : boucle par les crêtes de la Génie Braque
Encadrant : Bernard Boutin et co-encadrant : Jean-Pierre Petit
Participants : Marie Benichou, Josette Coumes, Charlotte de Charette, Alexandra Gabe, Joelle et Thierry Lansac, Dominique Plée, Gleen Valentin.
Météo : ciel voilé. Dommage pour la vue !
Température : fraiche en haut, clémente en bas.
Date : 11 novembre 2018

En ce 11 novembre 1918, la boucle par les crêtes de la Génie Braque aurait pu être simplement : montée dans la forêt des Tres Crouts, buis centenaires ravagés par la pyrale, amphithéâtre de hêtres élancés, étonnant refuge en bois d’Ahoulet, agréable cheminement sur les estives bordant les crêtes de la Génie Braque, descente par le col d’Haboub dans le long vallon de la Génie Braque. Retour sur Peyras.
Un cheminement, sans croiser (presque) personne, dans une ambiance d’estive dans sa partie haute et quasi tropicale dans sa partie basse : végétation dense, hautes fougères, lianes, mousse omniprésente, au sol et sur les arbres, suintements d’eau, rochers glissants etc. Lieu sans soleil jamais.
Une richesse végétale qui n’arrive pas, malgré ses efforts, à en occulter une autre, au moins aussi intéressante : la présence humaine au fil des siècles en ces territoires.
Dès Peyras, étonnement face au grand et neuf Monastère de Bethléem, lové sous les confins immédiats de la forêt. Qui a amené ici, à partir de 1998, les moniales à venir se cloîtrer ? Avec quels moyens financiers pour construire une telle implantation ? A la descente, dans la belle chapelle où se tiendra la messe, des chants (grégoriens ?) s’envoleront vers les cimes. Belle sonorité en ces lieux.
Remontée le long d’une dorsale dans la forêt. Virages en Z. Dans cette forêt profonde, des bornes peintes en rouge marquent un territoire. Quel territoire ?
Le refuge d’Ahoulet vient d’être reconstruit. Tout en bois. Une partie pour les randonneurs, l’autre pour les bergers. C’est le village de St Pé qui a fait faire les travaux par les artisans de la vallée. Bien vu ! Si tous les refuges pyrénéens se mettaient au bois…
A 50 mètres, au-dessus du refuge, le « devoir de mémoire » s’impose en ce centenaire d’armistice 1918. Une plaque est sellée au rocher. Sous une croix de Lorraine, un message en provenance de Londres annonce un parachutage d’armes depuis Alger : « Les grains de beauté ne sont pas toujours beaux ». On est le 10 juillet 1944. Ce n’est pas la même guerre mais les acteurs restent les mêmes : français, anglais, allemands. Destinataire des armes : le Corps Franc Pommiès très implanté en Béarn-Bigorre.  Minute d’observation qui libère la parole. Tout en cheminant, chacun y va de ses souvenirs de la Grande Guerre.
Col de Larbastan, Soum de la Génie Braque… les marqueurs se succèdent. Pas de chance, pas de soleil. Couleurs d’automne éteintes. Horizon sombre et triste. Le 11 novembre appelait-il cela ? A Paris, il pleut.
Plongée plein sud pour rejoindre les « Tres Crouts », trois croix gravées dans la roche. Camouflées au bas d’un long affleurement calcaire qui traverse l’estive, elles commémorent l’époque où Béarnais et Bigourdans connaissaient d’autres empoignades que celles des derbys de rugby. Retour sur histoire : « Béarnais et Bigourdans se sont longtemps battus pour la possession de la Forêt de Tres Crouts. En 1569 les protestants béarnais de la vallée d’Asson décident d’attaquer les Bigourdans de l’Estrèms de Salles auxquels ils disputaient les montagnes d’Azun et de Maumula. Les 1500 hommes avaient le dessin de mettre à feu et à sang le village de Salles et d’enlever tout le bétail de Vergoun. Mais la bataille fût remportée par les bigourdans. Ces conflits prenaient une telle importance qu’il fallait faire intervenir l’armée du Roi. Il était impossible à l’évêque de Tarbes d’instaurer la concorde. Au lieu dit « Tres Crots » venaient converger sur cette montagne les évêchés de Tarbes, de Lescar et d’Oloron. Aujourd’hui, il en reste 3 croix gravées sur une roche et l’inscription 1716. ».
Passé ce moment de réflexion sur les guerres entre catholiques et protestants, il nous faut remonter les 150 m de dénivelé que nous avons descendu depuis la Génie Braque pour trouver les croix. Objectif : rejoindre le Soum de Moulle (1540) et y casser la croûte.
Au beau milieu de l’estive déboule, à 70/80 m de nous, un sanglier. Venant de la Toue, il traverse rapidement les lieux en direction de la crête de la Génie Braque.
Un sanglier, à découvert en plein jour ! Du jamais vu. Quelles minutes plus tard, les aboiements répétés de chiens de chasse se font entendre. Ils coursent l’animal qui détale loin devant. Il a de l’avance. Pas sur que les chasseurs, embusqués de l’autre côté de la crête, près de la fontaine de Bat de Hau, ne fassent un « carton ». Nous n’entendrons pas de coup de feu.
Soum de Moulle : le vent souffle. Toujours pas de soleil. Luminosité éteinte. Il faut savoir s’arrêter : repas rapide et déjà reprise de la boucle. Direction le Soum de Marti Peyras. La bordure de la crête est jalonnées de bornes séparant Basses-Pyrénées des Hautes-Pyrénées. Pourquoi ici ? Il n’y en a pas sous le Palas !
Au clot det Haboub, sous l’abreuvoir, plongeon dans la forêt. Nous quittons le Béarn et entrons en Bigorre. Direction la fontaine de Bat de Hau qui domine la source de la Génie Braque. Mieux vaut être équipé d’une trace GPS. Le sentier disparait sous un tapis de feuilles uniforme. Plus loin, il sera envahi par les ronciers.
Un chasseur fait le guet. Au parking, en bas, ils seront nombreux. Soupirs : à chaque randonnée dans le coin, ils sont là ! Pauvre faune. Vive la vie !
La réserve naturelle du massif du Pibeste-Aoulhet, où nous nous trouvons, convient de « soustraire le site à toute intervention susceptible de la dégrader » (voir une longue liste d’interdits) et autorise les chiens de chasse pendant la période de chasse autorisée !
Commence alors la longue descente sur la rive gauche de la Génie Braque (1h45 entre fontaine de Bat de Hau et réservoir de Sep). Cheminement incertain. Glissades possibles. Horizon toujours bouché. Reste la conversation pour meubler le temps.
Au réservoir de Sep, nouvelle plongée pour traverser le gave de la Génie Braque et rejoindre le point de départ. Le dernier kilomètre. Le plus étonnant ? Le soleil ne pénètre jamais en ces lieux humides : (redite) végétation dense, hautes fougères, lianes, mousse omniprésente, suintements, rochers glissants. Pont patinoire recouvert de mousse. Un monde à part où la France occupée installera un chantier de jeunesse, entre juillet 1940 et mars 1943. Un endroit plutôt galère où vivre. Pour plus, voir l’intéressant blog de Loucrup. Seuls les soubassements de bâtiments recouvert de mousse, les débris d’une vieille cheminée, une potence rappellent une époque où la jeunesse de France ne savait trop vers où se diriger.
Peyras atteint. Satisfaction générale d’avoir pu réaliser une aussi intéressante boucle. Un regret toutefois, un peu de luminosité aurait été bienvenu.
A plus sur les sentes ou plus les pentes. A suivre…

– par Beñat

Le verdict :
– Point le plus bas : parking Peyras 408m , le plus haut : Soum de Moulle  1538m, dénivelé : 1420m, distance parcourue : 17 km, temps de la sortie : 8h.
– plus sur le sujet sur « la Mule et l’Intello » et sur Topopyrenees.
– Les randos d’avant : c’est
– Cliquez sur les photos pour les commentaires (peu de photos car encadrer devant et photographier… derrière en même temps n’est pas facile !).

la trace du jour

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