J 45 Roncesvalles – Les Aldudes : Pastoral et pluvieux à la fois

Bruine et brouillard au programme du jour

Au réveil, à Roncevaux, il bruine et le brouillard va et vient. En Pays Basque, « si tu ne vois pas ta trace, c’est qu’il pleut, si tu la vois, c’est qu’il va pleuvoir… ». Les 4 derniers jours de traversée confirmeront l’adage.

A Roncevaux, les pèlerins se pressent pour partir. Ils font la queue-leu-leu sur le chemin de St Jacques. Un panneau leur rappelle qu’il reste 790 kms à parcourir. L’hôtelière me dit que je fais bien de traverser les Pyrénées : « C’est plus beau » ! En tout cas, les grosses bâtisses du site de Ronvevaux ne semblent pas particulièrement imprégnées d’une spiritualité forte. A l’église, seul un couple est de passage. Je suis seul dans la crypte. Si la spiritualité n’est pas présente, le site respire un calme et une tranquillité rares.

Grimpée vers le col de Roncevaux. C’est par ici, que Roland, neveu de Charlemagne, a péri sous les coups des assaillants « vascons ». Son épée Durandal ne lui fut pas de « bon secours ». Au col : bruine. Je sors le parapluie de randonnée. Pour les 4 jours à venir, il sera bien plus pratique que le long poncho plastique sous lequel on transpire inévitablement. Sous le parapluie, au moins, on respire.

Forêts de chênes et de hêtres se succèdent. Le poste d’observation des oiseaux migrateurs de Lindus est noyé dans le brouillard. Dommage.

11 cols et collets vont se succéder sur le parcours. Rarement très prononcés, ils font basculer le randonneur de versant en versant. On pourrait se perdre partout en Pays Basque. Le GPS est un confort indiscutable.

Sur les crêtes dénudées du sommet de l’Errola (908m) le vent et la pluie redoublent de violence. Je ne peux que continuer en tenant fermement le parapluie par les baleines. Le sac est protégé par une housse imperméabilisée. Seul mon pantalon s’humidifie. Rien de bien grave.

Des champs de fougères et de bruyères se succèdent à perte de vue. Les troupeaux de brebis blanches à tête noire, typiques des Aldudes, alternent avec les « blondes d’Aquitaine ». Le pastoralisme règne. La pluie ne semble pas gêner les bêtes. Elles doivent être habituées.

En dehors de quelques bergers, je ne croise qu’un seul « hrpiste » hollandais. Longue descente sur Les Aldudes où le maire m’ouvre les portes d’une partie de l’école communale transformée en « auberge de jeunesse ». Une nuitée à 10 euros, eau chaude comprise. Diner au restaurant adjacent. Imbattable et bonne nuit.

Comme souvent dans les villages proches de la frontière, le « devoir de mémoire » s’impose. Un panneau, posé par l’association RECURT, rend hommage au Réseau COMETE qui aida bon nombre de réfugiés, pendant les années 39-45, à passer le col de Berdaritz en direction d’Elizondo en Pays Basque espagnol.

– par Bernard Boutin

Nota :
– Le verdict du GPS, Roncesvalles – Les Aldudes : 4,4 k/h, 4h20 de marche, 5h50 de rando, 19,3 kms parcourus, 450 m de dénivelé positif, plus haut : 1181 m, plus bas : 380 m.
– Les étapes précédentes de la traversée des Pyrénées, d’est en ouest, c’est ICI
– Crédit photo : Bernard Boutin
– Passez le curseur de votre souris sur les photos pour faire apparaitre les commentaires

HRP : étape 45

Publié dans La mule et l'intello, Traversée des Pyrénées, Uncategorized | Tagué , , , , , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Vallée d’Estaing – pic du Clot Bédout : Exigeant !

pic du Clot Bédout : le Balaïtous et le Palas (face est)

Départ : parking au fond du lac d’Estaing (1180 m)
Destination : pic du Clot Bédout (2461 m)
Qui : Mariano et BB
Quand : 24 août 2017
Météo : beau temps mais ciel voilé . photos à la peine !
A coup de louche : 40% de cheminement classique dans le fond du vallon d’Estaing, 40% de méchants pierriers et pentes raides croulant sous les rhododendrons et la bruyère (vive le miel !), reste 20% pour un final, moins rocailleux mais toujours aussi pentu où le palpitant est (un peu) à la peine. Belles vues au sommet notamment vers un glacier de la Néous, décharné et à la peine, sous le Balaïtous !
L’idée avait été piochée, un peu par hasard, sur le net : monter au Clot Bédout, en passant sous la crête d’Arrasés, pour y jouir d’un très beau panorama. Ce que ne disait par le net, c’est que la pente était « franche » et franchissable par un pierrier sans fin. Pas de cairn, pas de marquage peint, pas de sentier. Une montée, un peu à l’arrache.
Sous le sommet, quelques isards au loin, un vautour fauve et rien d’autre. Vraiment le « milieu de nulle part ». Au sommet, l’air un peu brumeux rend les photos moins nettes. Dommage pour ce beau belvédère. Pause d’une heure et demi. Mariano multiplie les panoramas.
Retour par le même cheminement que le montant, sauf sous le sommet où nous faisons une petite boucle. Concentration maximum en marchant de pierre en pierre. L’une d’entres elles peut toujours basculer et provoquer une chute. Chacun d’entre nous tombe une ou deux fois, sans dommage. La fatigue, due à la concentration, se fait sentir.
Une source à l’eau bien fraiche permet une pause bienvenue. Retour final « cool » sur le sentier bien marqué du vallon d’Estaing. Touristes.

– par Beñat
Bernard Boutin
25 août 2017

Le verdict du GPS (croisé avec les évaluations faites sur la carte IGN et Basecamp) :
– Dénivelé : +1350 m, point le plus haut : 2461 m (pic du Clot Bédout, le plus bas : 1180 m (départ), durée de la sortie 8h, distance parcourue : environ 16 kms
– Participants : Mariano et Bernard
– Les randos d’avant : c’est
– Passez le curseur de votre souris sur les photos pour faire apparaitre les commentaires ou cliquez sur la première photo pour dérouler le diaporama.

La trace du jour

 

Publié dans La mule et l'intello, Par-çi, par-là..., Uncategorized | Tagué , , , , , , , , | Laisser un commentaire

ORGANBIDEXKA – Des rapaces et des hommes : bientôt 40 ans de passion !

L’observatoire, le « spot », à Organbidexka

1979 : quelques irréductibles ornithologues sans gêne s’installent, pour observer les migrations de rapaces, au col d’Organbidexka (« le petit chemin des charrettes » en basque) situé au-dessus de Larrau, juste sous les chalets d’Iraty, au beau milieu d’un territoire dense en palombières. Ils viennent de louer un droit de chasse au « nez et à la barbe » des chasseurs de palombes souletins. Méfiance réciproque. Glace qui prendra des années à fondre.

2017 : les chasseurs ont (presque) disparu, pour cause de raréfaction des passages de palombes à cet endroit-là. Les palombières sont à l’abandon. Les « volatiles » ont migré plus à l’ouest de la chaine pyrénéenne. En 4 décennies, le site est devenu un des principaux d’Europe occidentale pour observer les oiseaux migrateurs. Un chiffre : 43.475 rapaces sont passés entre les pics d’Ohry et des Escaliers en 2016.
Pas franchement enthousiaste au-début, la « Commission Syndicale du Pays de Soule », qui gère le site des « Chalets d’Iraty », a finalement compris l’intérêt de cette activité qui, depuis le début de l’été jusqu’à tard dans l’automne, fait venir sur place ornithologues, scientifiques mais aussi simples bénévoles et touristes par centaines. Les chalets sont en effet à 100 m du point d’observation et la terrasse du restaurant donne une vue plongeante sans pareil sur l’alignement impeccable des observateurs qui scrutent et comptabilisent sans relâche depuis le lever du soleil jusqu’au coucher.
En ce lundi 21 août, vers 14h, plus de trente personnes sont là. Le spectacle est magnifique: les milans noirs et les bondrées apivores inondent le ciel. Ils ne sont pas seuls: des circaètes-Jean-le-Blanc, rapaces qui se nourrissent principalement de serpents et de lézards, quelques balbuzards (mets favori : le poisson), des éperviers, des busards cendrés et busards des roseaux, un aigle botté, un autour des palombes « mâle immature » (quelle précision !) etc. mais aussi des martinets et des hirondelles sont observés.
Au milieu de tous ces oiseaux circulent des « autochtones » en quantité : principalement des vautours fauves mais aussi de petits éperviers et des faucons crécerelles.
Les années d’expérience ont permis la mise en place d’un protocole d’observation très précis où les membres de la LPO présents (Ligue de Protection des Oiseaux – plus de 50.000 adhérents) ont chacun leurs tâches : repérer, identifier (sexe et âge, juvénile ou immature), comptabiliser et enregistrer « en temps réel » les individus qui passent.

Les migrations depuis le 15 juillet

Ce jour, 2.149 oiseaux sont comptabilisés. Beaucoup pour le néophyte. Pas tant que cela pour les observateurs qui, le 7 août ont vu, en 4 heures, passer 13.268 milans noir ! Un rapace « opportuniste » qui s’adapte plutôt bien à l’univers de l’homme.
Un grand silence règne. Les longues-vues et jumelles suivent de près les oiseaux qui passent soit sur la gauche, sous sur la droite du promontoire d’Oxogorrigagne qui domine Larrau et sa vallée.
Sergio Barande, observateur depuis 37 ans, a traduit en mots simples les formes du terrain : la Pyramide, le Mamelon, le Crocodile, le Chapeau du Gendarme, la Selle etc. Dès qu’il repère au loin des oiseux qui « pompent », Sergio alerte, parfois avec humour, la troupe. C’est plus simple d’annoncer une « espadrille » (escadrille) vers la Selle ou le Crocodile que vers Léhenchégaratia, Mendikotzigue ou encore Saltéburia…
De temps à autre, une exclamation fuse : « le circaète a un serpent dans son bec ! » Toutes les têtes se tournent vers le rapace. Pas facile à distinguer ! Plus tard, ce sera un aigle royal qui s’en prendra à une cigogne.
C’est le jour des bondrées apivores : 632 comptabilisées. Vues de dessous, les couleurs sont variées, bariolées, souvent claires. A ne pas confondre avec des buses variables. Principale différence : l’un à la tête plutôt rentrée dans les épaules (la buse), l’autre l’inverse. Pas simple à différencier !
Les bondrées, stars du jour, sont bien plus belles à observer que le milan noir, autre star du jour, qui est tout de noir vêtu. Un austère séminariste basque ?
Pour les milans, on préférera attendre la migration, plus tardive, des milans royaux, au plumage magnifique et au vol sans pareil. Pour certains ornithologues, c’est le plus beau rapace à observer. Sergio préfère le gypaète barbu. Des gouts et des couleurs.

Séance formation sur le terrain

Une chose est certaine, sur le point d’observation d’Organbidexka, on ne s’ennuie jamais. Une magnifique pièce de théâtre, à l’issue improbable, se déroule tout au long de la journée, dans un cadre de toute beauté. C’est à découvrir, ou redécouvrir, avec les passionnés de la LPO Aquitaine et, si vous voulez en savoir plus, malgré le silence et l’attention de tous, les ornithologues n’attendent qu’une chose : transmettre leur (saine) passion. N’hésitez pas à aller au contact.

– par Beñat
Bernard Boutin
21 août 2017

– Le programme de suivi de la migration s’inscrit dans le cadre du projet Lindus-2, cofinancé par le Fonds Européen de Développement Régional (FEDER) dans le cadre du programme Interreg V-A Espagne-France-Andorre).

– Le site de la LPO Aquitaine : c’est ICI
– Les synthèses des passages comptabilisés à Organbidexka : c’est
– La formation à l’identification des rapaces en vol prévue à IRATY du 4 au 8 septembre 2017. Plus : c’est ICI
– Crédit photo rapaces : Topo Pyrénées
– Passez le curseur de votre souris sur les photos pour faire apparaitre les commentaires ou cliquez sur la première photo pour dérouler le diaporama.

 

Publié dans La mule et l'intello, Par-çi, par-là..., Uncategorized, Vie animale | Tagué , , , , , , , , , , , , , , | 1 commentaire

ObisK – Crêtes d’Andreyt et du Grum : So close, so great !

col d’Aubisque

Départ : col d’Aubisque (1709 m)
Destination : boucle conduisant au soum de Grum par les crêtes de Laudège, d’Andreyt et de Grum
Qui : Bernard et Marimar Boutin
Quand : 20 août 2017
Météo : beau temps, brouillard dans les vallées

Le topo de TOPOPYRENÉES qualifiait la sortie de « marcheur » et c’est tout à fait le cas : une sortie à la portée de tous les « bipèdes ». Ce que ne rappelait pas le topo, c’est à quel point le site du col d’Aubisque permet des vues exceptionnelles vers, tant et tant de massifs calcaires à la belle couleur « gris argentée » : à l’ouest, celui du pic du Ger, au sud, celui du Gabizos ou au nord celui du Jaoüt (pour ne citer qu’eux!).
Vie pastorale intense autour de nous et… mort aussi. Un mouton est mort, il y a peu, sur le bord du chemin. Un vautour posé nous barre même la route. Aimable, il nous laisse passer.
Loin dans la vallée, les jumelles permettent d’observer une « blonde d’Aquitaine » debout mais qui semble ne plus pouvoir se déplacer. Malade, une demi-douzaine de vautours sont autour d’elle à attendre qu’elle tombe. Pathétique, elle regarde les prédateurs sachant le sort qui lui sera réservé si elle vient à mourir. Aux Crêtes Blanches, nous montrerons à l’hôtelier les photos prises et le lieu de l’observation pour qu’il prévienne le berger. La B.A. du jour.
Déjeuner tranquille au sommet du Soum de Grum qui domine tout le secteur.
Retour au col d’Aubisque où la foule des « aoûtiens » anime – un peu trop bruyamment – l’endroit. Une foule hétérogène : entre cyclistes, motards, touristes du « nord », randonneurs locaux, bergers etc.
L’ObisK, à découvrir plutôt fin avril quand la station de ski de Gourette vient de fermer et que la route au col n’est pas encore dégagée de la neige. Calme absolu garanti. Un beau coin en tout cas tout au long de l’année.

– par Beñat
Bernard Boutin
22 août 2017

Le verdict du GPS (croisé avec les évaluations faites sur la carte IGN et Basecamp) :
– Dénivelé : +500 m, point le plus haut : 1870 m (soum de Grum, le plus bas : 1709 m (départ), durée de la sortie 5h, distance parcourue : environ 10,2 kms
– Encadrant :
– Participants : Bernard et Marimar Boutin
– Les randos d’avant : c’est
– Passez le curseur de votre souris sur les photos pour faire apparaitre les commentaires ou cliquez sur la première photo pour dérouler le diaporama.

Publié dans La mule et l'intello, Par-çi, par-là..., Uncategorized | Tagué , , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Boucle solitaire par le pic de Sesques : exigeant et beau à la fois !

Pic de Sesques 2603 m

Départ : gorges du Bitet (950 m)
Destination : boucle par cabane de Sesques, pic de Sesques (2603 m), lac d’Isabe et retour par gorges du Bitet
Qui : Bernard Boutin en solitaire
Quand : 17 août 2017
Météo : Grand beau temps
Tester un peu plus « l’animal » en changeant de « braquet », voilà l’objectif du jour : plus de 1700 m de dénivelé, un petit challenge pour qui sort peu en montagne.
Départ des gorges du Bitet, magnifique fond de vallée encaissé et préservé de la circulation par une méchante route empierrée où il vaut mieux rouler avec une voiture surélevée. Le fond de ma « caisse » touche par deux fois. Sans dommage.
Montée par les bois vers le vallon de Sesques. Arrivée à la belle cabane d’Artigue de Sesques et son estive. Nouveau passage dans la forêt de bouleaux cette fois-ci après les épineux du départ.
La vallée apparait enfin : Sauvage au possible. Peu de monde y passe. Arrivée à la Cujala de Sesques. Le berger, en pleine traite , s’étonne de me voir : « on ne voit pas beaucoup de touristes, cette saison ! ». Moi, qui me prenait pour un montagnard au mieux ou pour un randonneur au pire, me voilà ramené au statut de touriste, par un berger… d’Oloron !!!
L’estive est plutôt maigre. Les vallées sont humides, les sommets secs. Large mouvement contournant, par l’est où domine le Capéran de Sesques, pour grimper au col du même nom. Je souffle un peu sur le final.
Pause au col et surprise : En haut, c’est tout plat. Enfin, juste pour un terrain de foot !
Montée finale pour le pic de Sesques qui est équipé d’une antenne radio et téléphone. Très belles vues à 360°. Plus d’informations sur Topopyrénées. Pause à nouveau. Grimper 1700 m de dénivelé pèse dans les jambes.
Descente, en longeant la ligne de crête, jusqu’à un collet qui permet de piquer droit sur le lac d’Isabe. Au dessus du collet, une petite cheminée demande de mettre les mains au rocher.
Début d’une longue descente (un peu trop) pour atteindre le lac d’Isabe. Touristes pour de bon !!!
Ce lac est une petite merveille, lové dans un beau cirque dominé par le pic de la Ténèbre, le pic d’Isabe et celui de Sesques. Dommage, le soleil est face à l’appareil photo. Compliqué d’éviter les contre-jours.
Sous le lac, en direction des gorges du Bitet, les framboisiers et mirtillers sont plus nombreux que jamais : L’ours doit se régaler. L’un des deux derniers ours béarnais serait par là. Chut, ne le dites pas.
Bois d’Isabe et descente le long du Bitet. Arrivé à la voiture, le « Pepsi » ne fait pas long feu. Après plus de 9h de sortie, un complément énergétique était nécessaire.
Une belle sortie dans un secteur sauvage où la main de l’homme est plutôt discrète. Pourtant, c’est juste au-dessus d’Eaux-Chaudes.

– par Beñat
Bernard Boutin
14 août 2017

Le verdict du GPS (croisé avec les évaluations faites sur la carte IGN et Basecamp) :
– Dénivelé : +1700 m, point le plus haut : 2602 m (pic de Sesques, le plus bas : 950 m (départ), durée de la sortie 9h15, distance parcourue : environ 15 kms
– Participant : Bernard Boutin
– Les randos d’avant : c’est
– Passez le curseur de votre souris sur les photos pour faire apparaitre les commentaires ou cliquez sur la première photo pour dérouler le diaporama.

 

Publié dans La mule et l'intello, Par-çi, par-là..., Uncategorized | Tagué , , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire