Alto Aragon – Les Frondellas en boucle : costaud !

combe Vallot sous les Frondellas

Départ : barrage de la Sarra au-dessus de Sallent de Gallego
Destination : boucle passant par le lac de Respumoso, le couloir Vallot, la Frondella central (3055), le pic de la Frondella (3071) et retour par le lac d’Arriel inférieur et le barranco de Arriel
Date : 7 juillet 2018
Qui : sortie organisée par Philippe Blaise
Participants : Stéphanie Lafonta, Jean-Claude Guilhamet, Bernard Boutin,
Météo : couvert et menaçant. Un peu de grésil au sommet accompagné de quelques coups de tonnerre.

Réveil 3h45 pour un départ du pont d’Oly à 5h. Dur, dur ! 6h55 : arrivée au barrage de la Sarra au-dessus de Sallent de Gallego. Remontée le long du « rio Aguas Limpias » jusqu’au lac de Respomuso. Il y a de l’eau partout. La fonte est loin d’être achevée. Le gave gronde. Le GR11 est ruisseau. Végétation luxuriante. Un beau coin.
9h40 : lac de Respomuso. Refuge fermé de 9h30 à 11h30 ! Pas de chance : un bon « cafécito » du matin n’accompagnera pas les pains aux raisins prévus pour un deuxième petit-déj.
Les choses sérieuses vont pouvoir commencer après 8,2km de marche d’approche. Devant nous, 930m de dénivelé « franc » nous attend pour arriver au « pico de la Frondella » (3071). La pente est de suite plus forte. De rares cairns marquent le cheminement vers le Balaïtous et les Frondellas. Pas de neige pour l’instant.
2320m : le chemin se scinde en deux. Tout droit : direction le Bala. A gauche : le couloir Vallot qui mène aux Frondellas. Il s’agit de laisser à notre droite la crête le Bondidier. La neige apparaît. Elle porte bien et, avec la température positive, est légèrement humide en surface. Pose des crampons. Piolet dans une main, bâton dans l’autre, Stéphanie trace la voie. Un couloir à 40° environ. Il faut éviter la glissade qui irait assez loin. Philippe s’assure que nous soyons tous proprement couverts : manches longues, gants et casque.
Déjà la pente s’adoucit. Arrivée sur la crête. Pas compliqué pour finir ! Sommes à 3027m. Il est 13h03. Le « timing » prévu. La vue se dégage vers le nord et l’ouest : Palas, Arriel et Balaïtous. Sous nous les lacs d’Arriel.
Remontons vers l’est la crête pour atteindre son point le plus haut : le pic de la Frondella (3071m). Un « petit passage » demande main au rocher. Le pic est atteint. Univers austère de rochers verticaux. Ici, pas de végétation.
Le temps est couvert. La pause sera brève. Quelques petits grêlons tombent. Le tonnerre se fait entendre une fois ou deux. Rien de bien grave mais, pas question de perdre du temps, à ces hauteurs, avec un risque climatique.
Retour sur nos pas, toujours sur la crête, jusqu’à la Frondella Central. Philippe équipe le « petit passage » d’une main courante pour que je puisse m’entrainer au rappel. Pose du ficellou et c’est parti.
Continuons au-delà, sur 350 m, avant de « plonger » en direction de l’ouest vers les lacs d’Arriel. Au final, le compte n’y est pas pour l’ensemble des Frondellas : ni la Frondella Nord, ni l’occidentale n’auront été « vaincues ». Le temps menaçant pousse à avancer.
La neige facilite la descente. Ramasse pour les uns, glissade sur les fesses pour les autres. Gros fous rires. Objectif : le lac Arriel inférieur.
Beaucoup d’eau à nouveau sur les pentes. La neige disparait. Le rocher, souvent humide, prend la suite. Le risque de glissade est fort. La progression perd en vitesse. Un dernier gros névé. Traversée d’un long cailloutis et le lac est là. Reste à trouver le laquet suivant. Il faut passer par sa droite pour descendre directement dans la vallée et rejoindre le « barranco » de Aguas Limpias.
Un peu de difficulté à trouver le chemin qui part franchement vers le SE et permet d’éviter une barre rocheuse. GPS et carte viennent à l’aide. La boucle est bouclée.
Retour par le cheminement du matin. La voiture est atteinte. Il est 19h ! 12 heures pour une « course », c’est plutôt plus de d’habitude. Costaud même ! Grosse fatigue mais dès le lendemain, il n’en est plus rien.
Une bien belle sortie. Merci à Stéphanie Lafonta, Jean-Claude Guilhamet et Philippe Blaise de m’avoir accueilli parmi eux. Un randonneur – impressionné – parmi 3 grimpeurs qui revenaient du Mont Blanc.
A plus sur les sentes.

– par Beñat

Le verdict :
– Point le plus bas : 1434m (pk au barrage de la Sarra), le plus haut : 3071m (pico de la Frondella), dénivelé : 1770m, distance parcourue : 23,3km, durée de la sortie : 12h
– Participants :
– Les randos d’avant : c’est LÀ
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la trace du jour

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Grand Barbat, Grand Bonheur !

le Grand Barbat et son lac

Départ : lac d’Estaing (1163)
Destination : boucle passant par le lac du Barbat, la brèche du Barbat, le Grand Barbat (2813) et 5 lacs : pic Arrouy, Long, Nère, Plaa de Prat, Langle
Date : 3 juillet 2018
Qui : Collective du CAF encadrée par Michel Thomas
Participants : Marie Benichou, Bernard Boutin, Michel Dabadie, Alain Dupré, Daniel Helbo
Météo : beau avec une brise rafraichissante constante

Michel avait proposé le Grand Barbat (départ lac d’Estaing – 1650m de dénivelé, 16km), la semaine précédente. Seul « mézigue » avait répondu à l’appel. Annulé. L’affiche était-elle trop « rude » ?
Par un adroit tour de passe-passe, la même destination était proposée une semaine plus tard : départ cabane d’Arriousec – 1450m de dénivelé. Du coup 5 « clients », se présentent. En fin de course, ils auront 1750m de dénivelé et 20,3 km dans les pattes ! Pour les fans de statistiques : cela fait aussi 31.972 pas podomètres (mesure MT) ! Mais voilà : « Plus c’est long, plus c’est bon… »
7h15 – arrivé au lac d’Estaing. Changement de programme : « On part d’ici! »
Montée rapide, par le GR10, dans le bois pour rejoindre la cabane d’Arriousec. Moyenne : 500 à l’heure. Au palpitant de s’y coller ! Arrivée à l’estive. Arrêt pour contempler l’objectif. C’est simple, c’est tout droit. Une pointe rocheuse, au fond du vallon, domine. Immanquable.
A la cabane du Barbat, virage à 90°. Le GR continue, de son coté, vers le col d’Ilhéou. Quelques minutes de grimpe et le beau lac glacière du Barbat, enserré entre chaos rocheux et rhododendrons en fleurs, se dévoile. Eau pure. Pas le temps pour les rêveries poétiques. Le lac est schunté. Y-a-du-taf : direction la brèche du Barbat.
Vers 2150, une très longue langue de neige apparait dans le fond du vallon à remonter. Elle est ferme sous une fine couche humide et molle. Un régal que de cheminer sur ce tapis régulier qui a gommé l’austère rocaille, si caractéristique du Grand Barbat. La pente se raffermit. Les crampons trouvent leur place. Les piolets entrent en scène. Michel trace. Tout le monde suit bien. Plus de 2 kilomètres de progression pour atteindre la brèche du Barbat à 2540m.
Orienté NNW, la pente est à l’ombre. Il fait bon. Tête et corps ne font qu’un. Concentration totale. Glissade pas recommandée.
Brèche atteinte. Trop vite. On voudrait prolonger ces efforts de grande concentration. Michel : « C’est par là que l’on descendra ». Il montre l’autre face de la brèche. Coté sud-ouest, droit sous nous : le lac du pic Arrouy est toujours partiellement gelé. Entre lui et nous, une longue langue de neige – à nouveau – qu’il va falloir gérer. Mais, cela, c’est pour plus tard.
Crampons rangés. L’ambiance change. Main au rocher sur la crête. Très CAF que de prendre la crête alors que le cheminement normal apparait sous celle-ci ! Moment plutôt sympa et tellement différent du précédent. Le rocher pourrait être traître. Pierres qui bougent. Attention requise. Un sommet sans nom – Grand Barbat junior ? – est atteint (2782 sur IGN).
La crête est trop chronophage. Descendons rejoindre le cheminement « normal » pour achever la montée. Midi : objectif atteint ! 2813m. Grandes claques dans les mains. Bonheur partagé. Vues magnifiques. Brise fraîche. Pause royale. Petit Manseng du Château Cabidos pour marquer l’évènement. Merci Michel Dabadie.
35 minutes – trop court bonheur – et déjà les sacs se ferment.
La descente de la brèche, par le sud-ouest, va permettre de longer 5 lacs. Une boucle : belle façon de terminer la sortie. Sauf que, si du parking de départ jusqu’à la brèche il aura fallu 7,5km, au retour, il en faudra 11 pour le rejoindre. Une boucle longue à terminer mais sans regret.
La pente SO qui plonge est en neige. Molle, elle ne pose pas de problème. Quelques exercices de « ramasse » et de rattrapage avec piolet, en cas de glissade. Une sortie complète par les pratiques employées : 4/4 !
Passé le lac Arrouy, le lac Long puis le lac Nère se succèdent. Environnement sauvage que ce cirque Arrouy méconnu, avec de belles crêtes déchiquetées tout autour. L’eau dégringole de partout. Les ruisseaux envahissent la sente.
Un enclos : 3 ânes. « Les bourrins leur font face ! ». Continuation du cheminement descendant. Un dahut « andin » s’approche, curieux. Un lama entouré de chèvres ! L’explication ne se fait pas attendre : une cabane, façon cayolar d’hier apparait. Pas une cabane de berger, revisitée à base de subventions européennes. Merci Lassalle.
Le berger, un indien avec bonnet péruvien sur la tête, longues pattes de cheveux indescriptibles, est assis, pieds nus, adossé à son palais. Seul, il passe tout l’été sur place, avec 600 brebis et une demi-douzaine de chiens border collie. Un solitaire entouré d’animaux. Tout leur appartient : des chèvres nous observent, par la fenêtre du cayolar ! Pas trop « causant », la collective reprend la longue descente.
La fonte s’accélère. L’eau dégouline partout. Beaucoup de fleurs aussi. La fin du printemps : mois de vie en Pyrénées.
Un lac : celui du Plaa de Prat. Un autre : celui de Langle. Une forêt de conifères et le vallon du Labat de Bun apparait. Au lac d’Estaing, des cerfs-volants barrent la vallée. Rappel du « festival des têtes en l’air ». Plus sur FaceBook : c’est ICI.
Un double merci à Michel. Pour le choix de cette très belle boucle d’abord. Mais aussi, pour sa façon d’animer les collectives avec une juste dose d’humanité et d’autorité.
A plus sur les sentes.

– par Beñat

Le verdict :
– Point le plus bas : 1163m (pk au lac d’Estaing), le plus haut : 2808m (Grand Barbat), dénivelé : 1750m, distance parcourue : 20,3km, durée de la sortie : 9h30
– Encadrant : Michel Thomas
– Participants : Marie Benichou, Bernard Boutin, Michel Dabadie, Alain Dupré, Daniel Helbo
– Les randos d’avant : c’est
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la boucle du jour

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lacs de Migouélou et de Pouey Laun : beaucoup de neige, beaucoup de fleurs !

lac de Pouey Laun

Départ : plaa d’Aste (1400)
Arrivée : barrage du Tech (1207)
Destination : boucle passant par le lac de Migouélou, le col de l’Hospitalet, le lac de Pouey Laun et le vallon de la Lie
Date : 1er juillet 2018
Qui : Collective du CAF encadrée par Dominique Vialatte, co-encadrée par Bernard Boutin
Participants : Jean-Yves Amyot, Jean-Pierre Caillois, Denis et Julia Haller, Catherine Neumann, Dominique Plée, Christine Rubichon,
Météo : beau et chaud

La montée vers le lac de Migouélou laisse toujours un souvenir marquant à ceux qui la découvrent : il faut enchainer, pas moins, de 83 virages avant de pouvoir trouver un semblant de ligne droite vers la cote 1840 ! Une montée en Z continue, de 450m de dénivelé, réalisée en une heure. Une bonne mise en bouche.
Frappant, pour celui qui connait les lieux : « la forêt monte », elle aussi. Réchauffement climatique aidant, les arbustes envahissement de plus en plus la sente.
Mais, les stars du jour seront autres : les fleurs d’abord, la neige ensuite. S’il faut retenir deux fleurs, parmi des centaines observables, il y aura le classique rhododendron omniprésent partout. En pleine floraison, il exalte son parfum si caractéristique qui nous accompagnera pendant une grande partie de la journée.
L’autre star, plus rare, sera le lys des Pyrénées, très belle plante endémique de la chaine, présente, sur le final de la sortie, au Pla d’Artigou. A ne pas confondre avec le lys martagon (pour + : voir internet).
Sous le barrage de Migouélou (2278), belle réalisation d’ingénierie du début des années 50, de longues langues de neige tapissent le fond du vallon de l’Arriougrand. Gare aux ponts à neige ! Traditionnel risque du mois de juin.
Pause sur les bords du barrage, encore partiellement recouvert de neige et de glace. Le cirque qui le domine est très enneigé. Joli spectacle. Déjà, il faut repartir pour le col de l’Hospitalet (2540), point le plus haut de la sortie. Départ hors neige, mais très vite, un long névé nous contraint à mettre les crampons vers 2300. Il nous accompagnera jusqu’au col.
Les crampons : une première pour Julia et Jean-Yves. La collective monte groupée en veillant à les encadrer. Une couche, peu épaisse, de neige humide (il fait chaud) recouvre un fond plus ferme. Idéal. Un cheminement pas compliqué qui ne demandera qu’un peu plus d’attention à l’approche du col. Dominique trace en Z réguliers. Tout le monde suit. Mézigue ferme la marche. Col atteint et pause déjeuner.
Sous nous, le lac de Pouey Laun est bien plus enneigé que celui de Migouélou. Fonte tardive pour un 1er juillet ! Il faut dire que le lac est particulièrement enserré, entre pic Arrouy et pic Hautafulhe.
Descente en prenant le cap du col des Loups. La presse locale les annonce : passeront-ils par là ? A nouveau : longue langue de neige. Ramasse difficile dans une neige humide et une pente trop faible.
Belle photo depuis le fond du lac : lui enneigé et le cirque, formé par le pic des Tourettes 2771 et le pic Estibère 2738, alternant entre sombres rochers et blanches pentes.
Passé le ressaut glaciaire qui marque le bout du lac, la collective attaque la descente le long du ruisseau de la Lie, dans le vallon qui conduit au Pla d’Artigou. Cascades d’eau et massifs de fleurs alternent. Il fait chaud, l’eau de fonte suinte de partout. Le sentier se fait rivière. Glissade possible. Pas de strike cependant. Traverser La Lie demande attention. Les pierres-ponts sont sous l’eau. L’air respire la fraicheur, de tant et tant de ruisselets, qui dévalent les pentes.
L’humidité a crée dans ce fond de vallon un exceptionnel « jardin anglais ». Qui a donc attribué aux anglais cette médaille ? Dammit, le « lake disctrict » (977m) n’arrive pas à la cheville des Pyrénées…
Denis se révèle être un botaniste passionné et passionnant. Partout, il trouve motif pour s’arrêter, observer, expliquer. Ooouf, Jacques et Gérard ne sont pas là, sinon, nous passions la nuit sur le « Plaa d’Artigou ». La collective s’étire. Des gouts et des couleurs.
Au milieu des rhodos et des Asphodèles – en masse tous les deux -, Denis nous fait observer de superbes lys des Pyrénées en fleurs et des lys martagon en bouton. Plus loin « mézigue » essayera de mémoriser les pensées cornues, endémique des Pyrénées et de la cordillère Cantabrique, les scilles printanières et l’arnica. Il s’arrêtera là car, à raison de 3 fleurs nouvelles par sortie, cela fera, fin 2018, un paquet trop lourd pour sa tête grisonnante. Lors de la précédente sortie n’avait-il pas fallu retenir la vesce, l’anémone à fleurs de narcisse et distinguer gentiane jaune de vératre !
La forêt de résineux arrive et avec elle les fleurs disparaissent. Enfin, la collective va pouvoir reprendre son rythme ! C’est sans compter sur Dominique qui se met à fureter, à gauche et à droite, à la recherche de champignons. Choux blanc. L’endroit est trop sec ! Le risque de dormir sur place s’éloigne… Arrivée au barrage du Tech.
Un bien belle boucle, avec un Plaa d’Artigou tout en fleur et en fraicheur à voir absolument fin juin/début juillet, quand la fonte des neiges se termine.
Bonne pioche que ce circuit de la part de Dominique. Un grand merci.
Pot final au sympathique café-librairie de Karine, le Kairn à Arras. Beaucoup de monde sur place. Comme d’hab.
A plus sur les sentes.

– par Beñat

Le verdict :
– Point le plus bas : 1207m (pk au barrage du Tech), le plus haut : 2540m (col de l’Hospitalet), dénivelé montant : 1187m, dénivelé descendant : 1352m, distance parcourue: 14,3km, durée de la sortie : 8h05
– Encadrant : Dominique Vialatte
– Co-encadrant : Bernard Boutin
– Participants : Jean-Yves Amyot, Jean-Pierre Caillois, Denis et Julia Haller, Catherine Neumann, Dominique Plée, Christine Rubichon
– Les randos d’avant : c’est
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lac de Pouey Laun

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Aragon – boucle par le cirque d’Olibon et la brèche de Sécus

Cirque d’Olibon

Départ : parking Espelunguère
Destination : boucle passant par le lac d’Estaens, cirque d’Olibon, brèche de Sécus, estive d’Aigue Torte, col de l’Escalé,
Date : 27 juin 2018
Qui : collective du CAF avec Cathy Roques, Jacky Gaüzere et Bernard Boutin
Météo : beau, chaud et orage dans les 5 dernières minutes

Les meilleurs sont là : Cathy, Jacky et « la plume montagnarde ». Marchant à un bon rythme, l’équipe en profite pour dépasser l’objectif initial du, très esthétique, Cirque d’Olibon et convertir la sortie en une boucle originale passant par la brèche de Sécus, beau belvédère sur le Visaurin. Une sortie aux multiples panoramas qui appelle à y revenir.
Départ depuis le, relativement confidentiel, parking situé au-dessus de la centrale électrique d’Estaens, elle-même située au-dessus des Forges d’Abel, au fin fond de la vallée d’Aspe. Il faut se le chercher…
Montée franche au lac d’Estaens par le Pas de l’Echelle et le Port de Bernère. Rien de bien compliqué. Beaucoup de fleurs. Belles vues sur la vallée d’Aspe. Juin : le plus beau mois pour marcher, avant que le rouleau compresseur de la transhumance ne passe ?
Le lac d’Estaens est totalement inspirant avec les superbes reflets des montagnes environnantes : au centre le « pico Lioviella », à sa droite le massif de la Bernera. Gris calcaire, blanc neige et vert estives sont les couleurs dominantes. Estaens pourrait bien provenir d’Estives : les troupeaux y résident en masse tout l’été.
Bizarrerie : nous sommes en Espagne et l’eau coule vers le nord ! D’ailleurs le lac d’Estaens approvisionne une centrale électrique EDF !
Passé une croupe calcaire désagréable et tranchante, arrivons sous la « Trinchera » (la tranchée) qui conduit à l’entrée de la « valle de los sarrios » (izards). Montée assez rapide vers le vallon. Devant « l’Ibón de los Sarrios ». Derrière le magnifique cirque calcaire, synthèse en miniature de la face nord du Vignemale et du cirque de Gavarnie. Beaucoup d’eau suinte de partout. Attendre 67 ans, pour découvrir ce beau site ! Pas convenable…
Le port de la Vernera, direction ouest, est atteint rapidement. Le Visaurin (Bisaurin) domine au fond : 2670 m. Belle montagne.
Décision est prise de rejoindre la brèche de Sécus. La carte espagnole au 25000è de Cathy lui a permis de repérer un cheminement « en balcon » qui se maintient sur la cote 2050. Bonne pioche qui nous évite de descendre au fond du « barranco de la Vernera » pour remonter ensuite. Pas mal de névé. Sous la brèche, ceux-ci deviennent plus raides. Traversée horizontale « respectueuse ». Une glissade pourrait faire mal. Mains au rocher, aussi. Toutes les caractéristiques d’une randonnée alpine. Brèche atteinte et pause. Jacky ne dit pas grand chose et observe les deux nouveaux encadrants du CAF de Pau : Cathy et « la plume montagnarde ». On lui aurait même commandé un « rapport » !
De nombreux vautours fauves nous frôlent en survolant la brèche. Parmi eux, un intrus : tout blanc, bout des ailes noires à tête de chouette (!). Un aigle botté probablement ? Que l’identification des rapaces est difficile ! A la Collarada, à deux pas d’ici, un couple nous avait déjà survolé, il y a deux ans.
Sous nous, le cheminement retour est bien visible. Une descente rapide avec une trace bien marquée dans le cailloutis. De la neige en bas, puis au loin le GR qui conduit vers le pas de Escalé et le plat d’Aigue Torte, ample estive où l’eau (Aigue) circule en maints méandres (Torte : se tord littéralement) .
Satisfaction partagée par tous. La boucle se bouclera facilement. Le circuit est proposable en collective pourvu que l’enneigement soit réduit. Fin juin, le bon moment pour le faire.
Descente rapide, direction nord-est pour éviter une barre rocheuse. Izards et marmottes nous observent. Le GR11 est atteint et, par un large S, permet de rejoindre le pas de l’Escalé. L’orage gronde. Une forte averse, avec 1 à 2 heures d’avance sur les prévisions météo, se met à tomber, à 5 minutes de la voiture. La traversée de forêt d’Espèlunguères fait office de store percé. Store tout de même. Dix minutes de plus et nous étions trempés.
Germaine, au Compostelle à Asasp Arros, nous interpelle : « Vous êtes de Pau, je cherche 30 kilos de poivrons, par semaine, jusqu’à la fin septembre ! ». Calcul rapide : 12 semaines à 30 kilos : 360 kilos. Qui peut bien produire autant ? « Ne connaissez-vous pas des maraichers du côté de Meillon ? »  Germaine anime la pastorale d’Aramits qui, tous les jeudis d’été, nourrit les touristes de passage. Piperade et omelette (3 oeufs par personne) sont au menu. Semaine après semaine. Inlassablement. La suite passe par le « carreau » des Halles de Pau…
Une belle sortie, en boucle, au paysage tellement varié : champêtre à Estaens, impressionnant sous le cirque d’Olibon, haute-montagne en direction du Visaurin, tout en méandres à Aigue Torte. A refaire absolument. Le patron semblait content.
A plus sur les sentes.

– par Beñat

Le verdict :
– Point le plus bas : 1330m (pk à Espelunguère), le plus haut : 2244m (brèche de Sécus), dénivelé : 1060m, distance parcourue : 14,7km, durée de la sortie : 7h10
– Acteurs : Cathy Roques, Jacky Gaüzeres et Bernard Boutin
– Les randos d’avant : c’est
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lac d’Estaens

sous le crique d’Olibon

les méandres d’Aigue Torte

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Grand Tour, par crêtes et cimes, des lacs d’Ayous

derrière le Plaa de las Baques : pic Paradis et Ossau

Départ, arrivée : lac de Bious-Artigues
Destination : boucle passant par les pics Paradis, Moines et Castérau et les lacs Castérau, Paradis, Plaa de las Baques, Ibon del Escalar, Bersau, Gentau, Miey, Roumassot, Bious-Artigues.
Date : 15 juin 2018
Qui : Collectives du CAF encadrée Jacky Gaüzere. Co-encadrant : Brahim Amaziane
Météo : grand beau

Le tour des lacs d’Ayous : qui ne connait pas l’immuable randonnée des familles béarnaises ? Immuable jusqu’au jour où Jacky décide de la revisiter. Elle gonfle alors irrésistiblement en dénivelé, distance, points de vues et impressions diverses.
Départ Bious-Artigues. Première destination : le lac Castérau. Plateau de Bious : un immense jardin fleuri. Le rouleau compresseur de la transhumance n’y est pas encore passé. Juin la plus belle des saisons. Un festival de couleurs : entre blanche neige et multicolores estives.
Un camion-toupie nous dépasse. Insolite en cet endroit, Parc National théoriquement protégé de tout bétonnage. Elle monte couler des dalles de béton, à coté des cayolars, afin d’installer les postes de traites plus hygiéniques. Un deuxième le rejoindra. « Elles sont aspoises » fait remarquer Jacky. Les financements européens de l’ours payent-elles ces travaux ?
Montée transpirante sous le lac Castérau. A deux pas, le lac Paradis. Pause face au lac encore enneigé. Vues magnifiques au nord vers l’Ossau, au sud vers le crête frontière.
Sac sur le dos : il s’agit maintenant de grimper au Paradis. Celui-ci n’est pas aussi compliqué à atteindre que ne le laissait penser l’éducation judéo-chrétienne d’hier… L’Eglise devrait s’inspirer d’un cheminement vers ce Paradis terrestre si facilement atteignable !
Cela commence, sur son flanc nord, par un bref purgatoire : mains au rocher. Attention requise sur quelques encablures et déjà la pente devient plus facile. Une crête « esthétique » achève de conduire au sommet. Le Paradis (sur terre) est là. Le « petit » car il y a aussi le « grand » des Alpes italiennes. Une équipe de cafistes palois a décidé d’aller comparer les deux dans quelques semaines.
Sous nous, les lacs Paradis et Castérau. Devant, le lac Plaa de las Baques totalement enneigé, tout comme ses abords. Derrière le col des Moines, notre prochain objectif.
Redescente du Paradis (est-ce possible ?) et montée vers le col. Cheminement dans une neige, molle comme il le faut. « Al dente ». La chaleur ambiante joue pleinement son rôle et simplifie notre progression. Les ruisselets dégorgent d’eau. La collective s’étire (un peu). Le col des Moines est atteint. Après le Paradis, les Moines. Un secteur œcuminique ! Pause.
Des anglais, couleur « rosbif », en short et T-shirts, viennent d’arriver de Canfranc (« Can-fran » : pas simple à comprendre avec l’accent anglais !). Ils font une boucle de 4 jours dans le coin. Heureux de respirer un grand bol d’air frais. Loin des interminables débats, du Parlement de Londres, sur le Brexit…
Continuation vers le pic des Moines. Sous nous, l’Ibon del Escalar qui domine Astún. Gérard souffre un peu. Main au rocher. Ni Moines, ni vautour Moines au sommet !
Pause-repas. Gérard sort du sac deux bouteilles : une de champagne MUMM Cordon rouge et l’autre de PROTOS, très bon « vino tinto de la Ribera de Duero ». Le sur-poids du sac de Gérard, à l’origine de sa légère difficulté, est expliqué. Il nous faudra attendre d’atteindre le troisième pic du jour, le Castérau, pour connaitre le motif de cette « régalade ». Une « régalade » complétée, par Jacques, avec un Pessac Leognan Château de France de très bonne facture.
Pendant que nous mangeons, un nudiste apparait : juste un slip cintré et des chaussures de rando. Bronzé, coiffure en brosse courte, sec comme un gardon, il s’installe à quelques mètres. Après les anglais en short, voilà qui nous change de la vestimentaire cafiste.
Retour en arrière et descente, tout droit dans la neige, à partir du col du Bénou -ici, aussi !- vers le lac Castérau. A l’intersection avec le GR10, remontée en direction du collet sous le lac Bersau et pic Castérau. Sous la chaleur, le peloton se scinde en « gruppettos » (les fans de cyclisme connaissent).
Regroupement au collet et attaque des pentes du Castérau,. A l’aide de points GPS, Gérard cherche un endroit précis. Celui où, l’an dernier le 22 avril 2017, il s’était brutalement réceptionné alors qu’il dévissait. En solitaire, descendant en crampon du sommet, un cairn, mal placé, l’avait orienté, trop à l’Est, vers un abrupt rocheux. Un rocher, auquel il se tenait, avait lâché. Une chute de 30m s’en suivit. Blessé, avec 8 côtes doublement cassées et un pneumothorax, il réussit à faire le 112. Des randonneurs à ski espagnols viennent à son secours et confirment au 112. Le Dragon 64 est là 45 minutes plus tard. Hospitalisation. Convalescence de plusieurs longs mois.
Pour Gérard, le retour sur place était nécessaire. Comprendre pourquoi ? Exorciser un questionnement lancinant. Il connaissait le coin « par coeur », comme nombre d’entres nous, et pourtant… Une leçon pour tous. Les bouteilles, bues au sommet du pic des Moines, prennent tout leur sens. Célébration de la vie.
Passé cet épisode émouvant, pause au sommet du Casterau En face, l’Ossau se drape de nuages gris menaçants. L’orage ne semble pas loin. Retour par le lac Bersau, complètement pris entre neige et glace, passage au refuge d’Ayous, animés par de nombreux touristes et retour sur Bious-Artigues.
Sous le lac Roumassot, Jacky nous fait emprunter une sente méconnue. Partant de la cabane du « col long d’Ayous », elle conduit directement au fond du lac de Bious-Artigues (voir carte 1547OT). A découvrir absolument. Une originale alternative au monotone cheminement classique dans les bois et au béton qui lui succède.
Après plus de 20km de randonnée, en plein coeur du Parc National, une constatation s’impose : pas un isard à l’horizon. Le loup les a-t-il chassé ?
18h24 : arrêt du GPS. Il chauffait depuis 8h06. Une longue sortie pour une récolte riche de 3 pics et 9 lacs en une seule journée. Plein les pattes, tout de même : 22/23km pour 1300/1400m de dénivelé. Pour un début de saison de randonnée pédestre, ce n’est pas si mal. Qu’est-ce qu’il en sera à la fin de l’été !
A plus sur les sentes.

– par Beñat

Le verdict :
– Point le plus bas : 1420m (pk Bious-Artigues), le plus haut : 2349m (Pic des Moines), dénivelé : 1350m, distance parcourue : 21km, durée de la sortie : 10h15
– Encadrant : Jacky Gaüzere
– Co-encadrant : Brahim Amazine
– Participants : Bruno Basty, Bernard Boutin, Jacques Darmony, Gérard Lacaze Labadie, Michel Leshauries, Henri Michel Levin, Robert Marin, Isabelle Riondel,
– Les randos d’avant : c’est
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La trace du jour

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