La Mule et l’Intello – Confinement : avec ou sans vue sur les Pyrénées ?

Discours, à la nation, du Président de la République. Beaucoup l’écoutent : « un virus tueur circule. Ce n’est que le début. Ce sera long. Protégez-vous… ». Le lendemain, l’Intello, solennel, lut à sa chère mule Pomponette quelques strophes des « Animaux malade de la peste » : « ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés… ». La Mule en frémit de tout son corps. Ne sachant trop qui était le plus menacé, de la Mule ou de l’Intello, tous deux décidèrent de replier voilure.
A Arbus, au fond du bois, l’un se calfeutrera dans son modeste ermitage, l’autre dans le petit enclos adjacent. Fini les douces sorties en montagne. Les yeux de Pomponette en perdirent leur brillant. Ses longues oreilles en tombèrent. Malgré le poids du sac de l’Intello, toujours lourd depuis qu’il encadrait, Pomponette s’était prise à aimer les longues escapades sur les crêtes. Pour l’Intello, la passion remontait à loin. Là-haut, il respirait. Tout simplement.
Pomponette se mit à grimper sur la petite butte au bout de l’enclos. L’Intello s’inquiéta. Obstinée, elle se tenait sur le point le plus haut, la tête tournée vers les lointaines montagnes. Camouflées par les bois, elles étaient invisibles*. Point de vue, point d’espoir. De tristesse, elle en oubliait de manger.
L’Intello ouvrit l’accès au pré. Bugles rampantes, boutons d’or, pâquerettes printanières parsemaient généreusement l’herbe tendre. Pomponette céda à la tentation et en oublia rapidement les montagnes perdues, ses jonquilles et autres gentianes du moment.
Après tout, ne valait-il pas mieux ne pas voir les Pyrénées plutôt que d’être confinée face à elles, entre Bielle et Castets, sans pourvoir les parcourir ?

* NDLR : Arbus est un village situé sur les pentes nord des coteaux de Jurançon : pas de vue sur les Pyrénées. Ce qui n’est pas le cas de Bielle et Castet situés directement au pied des montagnes.

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Cirque d’Anéou – pic d’Astu : fin de saison prématurée 2019/2020 ?

Magique Anéou

Chemin faisant : Pyrénées, vallée d’Ossau, cirque d’Anéou, col de Bious (dit aussi col d’Anéou), vallon de Bious-Artigues, pic d’Astu et retour
Point le plus bas : 1707 m, le plus haut : 2284 m (pic d’Astu), dénivelé montant et descendant : 1037 m, distance parcourue : 15,8 km
Participants (sortie off de cafistes palois) : Didier Mazoin, Patrick Sicé, Bernard Boutin
Météo : grand beau. Température très douce.
Date : 11 mars 2020

Cette sortie a déjà son compte-rendu complet. Voir son édition de mars 2018 : ICI.
Le tracé 2020 est le même avec toutefois un contournement pour éviter les pentes sud-est du Pène Blanque. En effet, le BERA n’est que de 2 (risque limité) mais sa rédaction porte à confusion. De mémoire, il dit plus ou moins ceci : « au fur et à mesure que la journée passe, les températures doivent monter et des coulées, puis des avalanches, pourraient se produire notamment sur les pentes S et SE exposées. » Au final, un BERA 2 qui ressemble plutôt à du 3,5 (marqué +) ! Bizarre. En fin de sortie, ni coulée, ni avalanche auront été vues ou entendues.
Pour le reste, la destination est toujours aussi belle. Bon ski plaisir en descendant du col de Bious vers le vallon de Bious-Artigues et, au retour, depuis le pic d’Astu vers le même vallon.
Par contre, la descente finale vers Anéou et le parking se fait dans une « soupe » difficilement skiable et un pousser du bâton de rigueur.
Cela sent la fin de saison d’autant plus que le gouvernement vient de nous confiner à nos domiciles et le Club Alpin se fermer son agenda et ses refuges. La sécurité civile et le PGHM nous demandent par ailleurs de ne plus venir en montagne pour ne pas, éventuellement, mobiliser leurs moyens qui sont vitaux dans la « guerre » contre le COVID19.
A plus sur les sentes (une fois le confinement achevé).

– par Beñat

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Les randos d’avant : c’est ICI

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Ancizan – formation « initiateur ski de randonnée » : quand la météo s’en mêle !

« comme d’hab » : grand_blanc sous Augas !

– Chemin faisant : Pyrénées, vallée d’Aure, Ancizan, Piau-Engaly, neste de Badet, Hourquette de Chermentas, pic d’Augas, tunnel de Bielsa, montagne de Bataillence, port de Campbieil, col de l’Aiguillette, Hourquette des Aiguillettes, Hourquette d’Ancizan, Plagnot de Soubirou
– Organisateur : Comité Régional Occitanie
– Responsable du stage : Bruno SERRAZ
– Guide : Pierre BEUSCAR
– Participants : Bernard BOUTIN, Alain DUPRE (CAF Pau), Adrien CLAUDE (CAF Grenoble-Oisans), Jean-Baptiste ESMENJAUD (CAF Crest), Daniel GIRIBALDI (CAF Béziers), Guilhem LAURENTS, Anaïs MORIN (CAF Prades-Canigó), Virginie PONCHON (CAF St Girons), Sébastien RACINE (CAF Albi).
– Météo : Pluie, neige, vent, rafales à satiété
– Date : 2 au 7 mars 2020

Dès que les conditions d’enneigement le permettent, les fans de ski de randonnée se précipitent vers les Pyrénées. Beaucoup le font dans le cadre de « collectives » montées par les nombreux Clubs Alpins Français des régions Nouvelle Aquitaine et Occitanie. Pour les conduire, les encadrants doivent passer par un long cursus de formation se terminant par l’acquisition du « brevet fédéral d’initiateur de ski de randonnée ». Retour sur la dernière session de formation tenue dans des conditions climatiques bien « particulières » dans la vallée d’Aure, à Ancizan.
Au départ, un responsable de stage, Bruno SERRAZ, un guide, Pierre BEUSCAR et 9 participants en provenance des CAF d’Albi, Béziers, Crest, Grenoble-Oisans, Pau, Prades-Canigó et St Girons. Un refuge (face aux intempéries à venir) : la « Grande Maison », située immédiatement à coté de l’église d’Ancizan. Les cloches berceront le sommeil des participants.
J-1 : 18h, Bruno nous attend au pied du perron. Déjà humide ! Installation et premier débriefing : « Pourquoi votre participation ? ». Les réponses vont toutes dans le même sens: approfondissement de connaissances, volonté d’encadrer, désir de participer à la vie du club etc. Diner préparé par Pascalou, le cuisinier et pièce maîtresse du stage qui, soir après soir, proposera un mélange subtil de saveurs réalisé à partir de produits locaux, souvent bio. Restaurateur chaque soir.
22h45 : reste à choisir l’objectif du lendemain et deux leaders pour préparer la trace. Virginie et Bernard se proposent. Cartes, boussoles sont sorties. La feuille de route remplie avec ses inévitables point de décisions. Objectif : la Hourquette de Chermentas au-dessus de Piau-Engaly. Extinction des feux minuit passé. Il en sera ainsi tous les soirs. Plus ou moins.
J 1 – Pierre BEUSCAR nous rejoint. Une heure de retard. Les coteaux béarnais, où il habite, sont jonchés d’arbres abattus, durant la nuit, par une tornade. Plus de 120 km/h sur Pau et Tarbes. Dégâts. Pour Pierre, le premier slalom de la journée se fera autour des troncs. Pour nous, le tempo est donné pour la semaine.
Présentations. Lecture approfondie du BRA (Bulletin des Risques d’Avalanches). Lecture du bulletin météo que reçoivent les guides : une mine d’informations malheureusement payante pour le randonneur « lambda ». Départ pour l’objectif. Il neige sous Piau. Circulation difficile. Parking sous la station, au niveau du télésiège du Hourc.
Pose des peaux. Claquement des attaches. C’est parti, sur les pistes, pour rejoindre le vallon de la Neste du Badet. Contrôle des DVA (détecteur de victimes d’avalanches) : niveau des piles d’abord. Test : recherche, émission, search, send. Tintamarre et sifflement!  Y mettre de l’ordre. Méthode. Nouveau départ, après s’être compté au cas où une avalanche traverserait la colonne. Peu probable : risque 1. Manque de neige terrible en ce début mars.
Pourtant, il neige. Le vent emporte les flocons. Les rafales ? Patience. Elles arrivent. Virginie et Bernard, encadrants du jours, passent devant. Pierre entre eux deux. Ce sera sa place pendant tout le stage. Bruno en serre-file.
Cabane de Moune : traversée d’une passerelle pour rejoindre la rive gauche de la Neste (gave).
Pierre regroupe l’équipe régulièrement pour développer un point précis : rythme des encadrants, choix des tracés, état de la neige, pauses, observation du terrain, degré des pentes, nivologie, écoute des encadrés etc. Six jours plus tard, il aura toujours en réserve des sujets à aborder. Intarissable. Bruno complète aussi. Un bon duo qui depuis 1999 organise ce type de stage. Le 11è cette fois-ci.
La visibilité devient moins bonne. Masques sortis. Zips montés au plus haut. Rafales de vent qui giflent. Ambiance…
Passé le lac du Badet, cap est donné au sud-est. Direction : la Hourquette de Chermentas. La pente se raffermit. Chute de neige plus forte. Une canole tôlée. S’en extraire pour moins monter en Z. Les conversions : un exercice souvent inutile et contre nature qui fatigue. Pierre n’aura de cesse que de démontrer qu’avec une bonne observation du terrain, une trace régulière, raisonnablement forte, peut souvent remplacer une succession de Z consommateurs d’énergie. Le temps des S montants.
Le vent redouble et avec lui le froid ressenti. La Hourquette de Chermentas est à deux encablures mais il fait froid. Vue éteinte. Le vent frappe. La neige aussi. Dépeautage décidé et descente sur un mélange de neige humide et tôlée. Ne pas filer. Savoir s’arrêter et attendre la troupe. Nouveau point de la part de Pierre. Retour sans problème à Piau. Une journée « grand blanc » s’achève.
Soirée avec une intéressante présentation, réalisée par Sébastien, sur les GPS, applications mobile et la cartographie. Durant tout le stage, les GPS resteront éteints. Une présentation qui commence par un rappel historique : c’est le 26 juin 1940 que l’IGN est crée. Objectif : transférer du ministère des Armées à l’Institut de Géographie National son fond de cartes et ainsi éviter la main mise des Allemands sur ce précieux outil en temps de guerre.
Diner. Lecture du BRA et des prévisions météo. Un nouveau doublé, Alain et Adrien, prépare la sortie du lendemain. Destination : le pic d’Augas.
J 2 – 8h : le point météo est toujours aussi déprimant. Grand blanc à prévoir, plus vent et neige. Départ pour l’ancienne douane, sous le col de Bielsa. Un peu de neige sur la route. Skis aux pieds dès la douane. Passerelle étroite enfouie sous les bois pour traverser la Neste de Saux. Montée, dans la sapinière de Lacouéou, vers le Cortail de Prat. Pause au Cortail (cabane). Neige humide dans les airs, neige humide au sol. Alain et Adrien mènent la collective sur les pentes herbeuses vers le pic d’Augas. Le vent redouble. Sous la crête terminale, un sapin solitaire sert de maigre abri. Dépeautage. Les rafales fouettent maintenant. Pliage des peaux compliqué. Descente par l’aller. Quelques S dans une neige humide et lourde. De nombreux raquettistes et skieurs montent vers Augas. Toute la vallée semble s’être donnée le mot pour se retrouver là. La neige manque cruellement partout.
Nouvelle pause au Cortail. Pierre et Bruno « planquent », dans la neige, deux DVA. Tâche compliquée pour eux : il n’y a que 15 cms d’épaisseur de neige ! Chacun à son tour doit les retrouver dans les plus brefs délais. Recherche multiple. Anaïs est imbattable : 3 minutes 25 pour les deux. Personne au-dessus des 10 minutes, note éliminatoire.
Descente vers le parking. A un endroit délicat, une corde a été posée. Plus tard dans l’après-midi, elle disparaîtra. Volée ! Dans la vallée, des soupçons se sont portés pendant quelques jours sur notre groupe. De mauvais observateurs : comment 11 personnes, qui ne se connaissaient pas la veille, peuvent-ils se mettre d’accord pour un tel larcin ? C’est aussi oublier qu’un lien commun nous lie tous : la sécurité. Alors, d’ici à déséquiper un passage…
En soirée, très intéressante présentation sur les risques juridiques, pour l’encadrant, par Jean-Baptiste. Bruno et Pierre complètent. Forte attention des candidats-encadrants.
Lecture du BRA, météo pour le secteur : same, same. Choix de nos guides de demain : Jean-Baptiste et Sébastien, ancien cartographe aux armées qui maîtrise bien le sujet. Préparation d’une trace vers le col de Bataillance. Coucher tardif. Comme d’hab.
J 3 –  8h : le point météo ne change pas. Grand blanc à prévoir, plus vent, pluie et/ou neige. Se répéter est déprimant. En fait, il y a des différences chaque jour. Par exemple, aujourd’hui, après un départ au tunnel de Bielsa, c’est la pluie qui nous accompagne au départ. Au point 2338, intitulé Montagne de Bataillance sur l’IGN, pause sur place pendant qu’à l’arrière, Pierre et Bruno, enterrent à nouveau trois DVA sous une vraie couche de neige cette fois-ci et simulent une avalanche. Recherche de groupe frénétique et débriefing sur la méthode. Peut mieux faire. Ce sera le cas dans 2 jours.
Plus loin, en descendant, exercice d’ancrage d’une paire de ski, pour passer en rappel une corniche, ski aux pieds. Un exercice qui demande de maîtriser encordement et noeuds de base.
Retour au parking, avec méfiance au niveau de la cascade de Riou Nère. Les pentes raides plongent rapidement dans le gave. Glissade interdite. Pierre passe devant.
Soirée très studieuse. Guilhem fait plonger, les futurs encadrants, dans les pièges de l’inconscient, souvent dus à la routine : « absolument, garder son jugement dans le champ de mines qu’est la montagne ». Exposé ensuite sur la lecture du BRA par Adrien. Indispensable : « dans 90% des cas d’avalanches, tout était indiqué dans le Bulletin du Risque d’Avalanche. » Rappel aussi de consulter les balises automatiques Nivose, très précieuses au moment d’évaluer les dernières chutes de neige. Montée dans les chambres, la tête chargé d’informations, le corps fatigué. 23 h : Guilhem et Daniel préparent la sortie du lendemain.
J 4 –  8h et toujours la même météo tempétueuse. Affrontements entre titans : vent du sud contre vent d’ouest. Un combat jamais gagné. Départ pour Piau Engaly et le port de Campbieil. Deuxième sortie dans le vallon de la Neste de Badet. Le manque de neige réduit fortement les possibilités. Le lendemain, il y aura aussi un deuxième départ depuis l’entrée du tunnel de Bielsa.
A la cabane de Mouné, passage sur la rive gauche du gave et remontée sur les pentes dominée par le Campbieil. Un grand de ce petit monde pyrénéen : 3173 m. Peu de profondeur de neige pendant le cheminement jusqu’à atteindre le talweg qui conduit au port de Campbieil. Le vallon, qui part plein ouest, est « gavé » de neige soufflée. Exercice d’analyse d’une coupe de neige pour juger de l’état des différentes strates. La sonde descend sur 2,40 m sans toucher le fond ! A 100 mètres de là, sur les pentes latérales, le sol (rochers et herbes) est à nu.
L’équipe de scinde en deux. Une partie monte au col. L’autre redescend pour simuler une nouvelle avalanche. Au col, le vent d’ouest nous fait replier. La neige humide tombe en permanence. Jamais dense. Elle permet une descente plutôt sympa. Séries de S.
Sébastien attend les skieurs. Il feint la panique : « une avalanche a emporté 3 skieurs derrière moi ». Guilhem prend le contrôle des recherches. Sous son autorité, trois équipes de deux membres sont formées. Un cherchera avec le DVA, l’autre suivra avec sonde et pelle. Des indices parsèment l’avalanche. Les DVA trouvent rapidement leurs proies. Reste à creuser pour les dégager. Pas si simple. Belles suées en vue mais tout le monde est dégagé dans les temps.
Retour à Ancizan. Pierre distribue une carte du Val Meira (Alpes italiennes du sud) et un questionnaire. Mots clefs : boussoles, points cardinaux, talweg, croupe, tangente à la courbe, courbe de niveau. Bonne révision pour tous.
Diner et présentations. Bernard intervient sur un thème fort à propos : la météo ! Les sites, les modèles à trouver sur le net : Arpège, Arome, Météo Blue, Météo Ciel, Météo France. S’y retrouver. Bruno complète par la prévision météo sur le terrain, sans internet. A l’ancienne.
Suit une présentation conjointe d’Anaïs et Alain sur les situations avalancheuses et la méthode 3/3 avec ses critères et filtres décisionnels successifs. Une soirée totalement dédiée à la sécurité. A nouveau de quoi se charger la tête pour la nuit. 23h : préparation de la sortie du lendemain par Anaïs, Virginie et Guilhem.
J 5 –  8h : Enfin de la vraie neige tombe. Pas de l’humide. De la sèche. Le jour sera blanc. Le vent, les rafales seront au menu quotidien mais il fait plus frais. L’humidité, les vêtements trempés, jusqu’aux chaussettes, vont être remisés. Un maigre répit.
Départ depuis la « bouche » du tunnel de Bielsa. Objectif : remonter le vallon du Hourquet qui conduit au pic de l’Aiguillette. Cheminement facile sur une fine couche de neige fraîche qui recouvre un fond parfois tôlé. Arrivé sous le col, qui mène au pic, pose des couteaux. La pente est plus raide. La tôle plus présente. Virginie préfère les crampons. Au col sans nom (point 2374 sur la carte), baptisé col de l’Aiguillette par Bruno, le vent nous fait reculer. Encore ! Pas de pause casse-croûte. Anaïs avance pour observer les pentes qui descendent vers le vallon de la Neste de la Gela. Une rafale de vent la retourne comme une crêpe. Compris 5 sur 5 ! Replis généralisé. Dépeautage et descente sur nos traces de montée jusqu’à la côte 2063. Bon ski sur la fine couche de neige fraîche. Pause méritée.
Repeautage et départ pour aller chercher la balise Nivose de l’Aiguillette, puis l’Hourquette des Aiguillettes (2225). Bel exercice de cartographie, pour Anaïs et Virginie, dans un secteur où le cheminement est loin d’être évident. Dans le grand blanc, tout se ressemble. Le collet atteint, le vent nous fait à nouveau reculer. Depeautage et descente sur nos traces jusqu’au parking. Bon ski sur les pentes N/O du Marioulet de Bassia.
Retour sur Ancizan et, dans le hall d’entrée de la « Grande Maison », atelier d’entretien des skis : fartage, rebouchage, limage. Pot de fin de stage et dernier diner préparé par Pascalou qui partage, comme chaque soir, le repas avec nous. Guilhem avouera plus tard que, face aux intempéries, c’était la perspective des excellents repas concoctés par Pascalou qui le faisait tenir !
Demain, ultime sortie. Nouvelle ambiance : suite aux chutes de neige, le risque d’avalanche est passé à 4. Recherche de traces non exposées en basse altitude. Bruno propose d’aller vers le Plagnot de Soubirou, dans le secteur proche de la Hourquette d’Ancizan, avec des pentes douces à la clef. Anaïs et Sébastien préparent la sortie pendant que le reste de l’équipe commence à plier bagage avant une dernière nuit aussi courte que les autres.
J 6 –  8h : La neige saupoudre le village. Départ, en voiture, en direction de la Hourquette d’Ancizan toute proche. Très vite la neige vierge recouvre la route sur 20 à 30 cms. Les chaines et les pneus neige se déclarent vaincus. Pose des peaux et montée tranquille, par des chemins forestiers, sous des voutes de neige. Pas de soleil mais un calme relatif. Une belle grange est rejointe. Arrêt sur image : l’impressionnant massif de l’Arbizon se dévoile. Magnifique sous la « fraîche ». Après 6 jours de stage, enfin des sommets au « look » hivernal. Bien mérité.
Passé la grange, Anaïs et Sébastien continuent à tracer, sur des estives, tout juste recouvertes des 20 à 30 cms de neige, tombée durant la nuit. La pente augmente. Nouvel exercice lancé par Pierre : « A combien évaluez-vous la pente ? » Avec un risque d’avalanche fort (4), mieux vaut rester sous les 30° de pente. Sur la trace et au-dessus. Exercice du pendule. Sébastien et Bernard évaluent à 25°. Le niveau, embarqué sur le smartphone de Pierre, confirme 26°. Recherche d’une pente plus douce, car au-dessus elle devient plus forte. Crête atteinte. Peu de luminosité. Vues estompées. Pliage des peaux et descente sur une couche bien maigre. Des S malgré tout. Session « fun » dans les bois et sur les étroits chemins forestiers. Godilles serrées. Mal aux jambes. Arrivée au parking, non sans avoir raclé les fartages tout neufs de la veille au soir. Retour sur Ancizan.
A la « Grande Maison », autour de la table de la cuisine, un dernier débrief lancé par Bruno: « vos réactions après ces 6 jours de stage ? ».  Tour de table satisfait. Même le mauvais temps est vu d’un oeil positif. Il aura permis de mieux connaitre les risques qu’il génère et comment y répondre. Seul bémol : pas assez de nivologique. Difficile avec si peu de neige.
Passage au « confessionnal », à tour de rôle, pour chacun des participants. Un débrief personnalisé, mené par Pierre et Bruno. Des conseils individuels et un diplôme acquis pour tous. Affronter les vents contraires n’aura pas été inutile au final. Un grand merci à Pierre, notre guide, et à Bruno, notre responsable de stage, qui nous ont encadrés au cours de ces journées : 100% de réussite pour oublier 99% de météo galère.
A plus sur les pentes.

– par Beñat

Crédit photo : Adrien, Anaïs, Alain, Le Grand et Beñat
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Gavarnie – Ski de rando : de plan A à plan C

Saugué : direction le Pourtillou, le temps du portage

Participants (sortie « off » de 4 cafistes palois) : Bruno, Xavier, Patrice, Bernard
Plan A (21/2): plus bas 1832 m (parking station ski Gavarnie), plus haut 2685 m (Soum Blanc des Espécières), distance 16,4 km, dénivelé 1130 m+,
Plan C (22/2): plus bas 1640 m (parking Saugué), plus haut 2228 m (Pourteillou), distance 9,3 km, dénivelé 645 m+,
Météo : Grand beau pendant les 2 jours. Pas de vent. Températures de fin avril.

L’objectif s’appelle Taillon (3144). Pour s’y préparer, échauffement au Soum Blanc des Espécières (2685). Au parking de la station de Gavarnie, agitation des grands jours. La station est encore bien pourvue en or blanc. Vacances scolaires aidant, les fans de glisse s’y précipitent. Vigilance des vigiles (?) : ordres directs et précis. Parking au cordeau. Odeur de gazole. Bruit et agitation. Vacances adorées.
Claquement des attaches. Pour le Soum Blanc des Espécières, faire simple : suivre la ligne à Haute Tension, qui conduit vers l’Espagne, jusqu’au col des Espécières. Tirer sur la droite sous le col, autrement passage un peu raide. Longer, par le Nord, l’Ibon de Lapazosa. Sous la neige, on l’imagine guère.
Cap à l’Ouest jusqu’à buter sur un affleurement rocheux. Virage à 90°. Série de Z sans difficulté. Orientation des pentes Sud puis Sud-Est : neige de printemps réchauffée par le soleil levant. La meilleure. La descente pour le prouver.
Continuer plein nord. Crête Ouest du Soum Blanc atteinte. La remonter. Bingo : « we did it ! ». Plus rapide à écrire qu’à grimper !
Le Soum Blanc : magnifique belvédère sur le Cirque de Gavarnie. A porté de main : le Gabiètous et le Taillon. Plus loin, passé Roland, le Casque, la Tour, l’Epaule etc. L’oeil s’y perd. Dans quel ordre déjà ! Où est donc l’Epaule ? Au bout, les Astazous sont caractéristiques. Le Marboré devant. Jacky et Clapy ne sont pas là : il est permis de tâtonner… Les « off » ont du bon : pas de censeur.
Le Soum Blanc a beau être à 2685m, il est plat. Enfin presque. Un lieu idéal pour la contemplation et la sieste. Brahim : à noter sur la « to do list ».
Plus concret : longer demain, par sa face Nord, le Taillon puis passer le couloir qui conduit au col des Sarradets. Les regards scrutent : cela brille de partout. Depuis plusieurs jours, les croutes de regel se multiplient. Le BRA est clair : à l’ombre, neige dure toute la journée. Plus bas, le couloir, qui mène à la Cabane des Soldats, brille aussi. Ce couloir : celui entre les pentes franches du Gabiètous et des Sarradets. Compliqué. L’idée d’un plan B germe. Il lui reste à murir. A voir… ce soir, au gîte !
Pause relax, face au Cirque. Beau soleil. Bonne température. Pas de vent. De l’espace pour s’installer : un super spot !
Descente : succession ininterrompue de S élégants, coulants, fluides, naturels. Easy going. La neige de printemps, surtout à la mi-février : tout du bonheur. Enfin, une bonne justification aux séances de torture, imposées au corps, lors des longues montées du ski de randonnée. L’esprit léger.
Bien-être trop vite achevé. Le lac de Lapazosa est déjà là. Repeautage pour atteindre le col du matin. Neige moins bonne. Le bonheur est souvent si bref.
A la station, cela grouille. Un jeune a sauté une barre rocheuse. Deux hélicos sur place. Il est évacué sur Pau. Tant mieux. Le pire était à craindre vu le temps pris pour son évacuation.
Au Gypaète, réflexions sur le plan B : le Taillon en crampon ? Belle course. Avec quelles chaussures ? Celles de randonnée sont à la maison. Regrets. Toujours penser un plan alternatif.
Du plan B au plan C : St André ? Montagnette ? Déjà vus, déjà faits. Partir de la station ? Une fois oui, deux fois non. Xavier propose le Pourteillou : « Il y aura un peu de portage ». Banco. Plan C acheté. Le coin est si beau. Bonne nuit.
9h40 : les skis sont sur le sac. De 8 à 9 kg, ils sont passés à 11 ou 12. Les sacs, pas les skis ! Nouvelles très belles vues sur le cirque. Grand beau. Pas de vent. Portage facilité par la sente douce. Neige trouvée au bout de 1km et 135m de dénivelé. Bien. Progression facile tantôt en Z, tantôt en traversée montante. Neige facile, réchauffée par le soleil.
Sous le soum Braqué, pentes orientées Nord. Neige plus ferme. Tôlée. Pose des couteaux. Arrivée sous le col du Pourteillou. Virages en Z plus resserrés. Attention requise. De méchants gros rochers peuplent la pente, en cas de glissade. Un court passage. Col atteint et descente au belvédère qui fait face au cirque. Pause. Même magie qu’au Soum Blanc. Le Cirque serait-il beau de partout ?
Retour. Un instant de tôle à traverser. Séries de virages en S pour continuer. Crémeux. Du yaourt. Les bons ingrédients. Ne pas ranger les skis dans les placards. Le ski de randonnée s’appelait ski de printemps en son temps. Pas pour rien.
Les granges de Saugué sont là. Trop vite. L’or blanc est remplacé par l’or tout court ! Ce jaune paille qui scintille au soleil. Merci Xavier pour le choix des destinations et du gîte. Bonne pioche. On rechausse quand ?
A plus sur les pentes.

– par Beñat

Crédit photo : Bernard Boutin
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21 juin : randonnée au Soum Blanc des Espécières

22 juin : randonnée au Pourtelliou

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Bigorre – boucle autour du Bergons

vent fort au pic du Bergons

Chemin faisant : Luz St Sauveur, vallon de L’Yse, bois du Bualat, pic de Bergons, cabane de Bachebirou, le Portillon, Pla Grand
Participants : Maïlys et Bernard
Plus bas : route forestière de L’Yse (1075m), plus haut : Bergons (2068m), distance : 11,6km, dénivelé: 1180m
Météo : fort vent sur les crêtes. Passage éclair au sommet du Bergons

Sortie en famille. Copier-coller de celle réalisée le 4 novembre 2019. Conditions atmosphériques pas meilleures. Voire pire avec un vent, sur les crêtes, à décorner les izards. Neige sous les pentes Nord du Bergons. Remontée de la crête NW pour l’éviter. Ni pause, ni photo au sommet.
Pause plus bas dans la cabane de Bachebirou. Mise des crampons pour descendre les pentes nord du Portillon. « On les a dans le sac, on les met. Sinon, pourquoi les porter ? »
Retour en longeant les belles granges de l’estive du Pla Grand.
Maïlys contente de sa sortie malgré un temps moyen. Un coin où revenir.

A plus sur les pentes.

– par Beñat

Crédit photo : Bernard Boutin
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