Pont de Camps – Formation Neige-Avalanche : sondes, pelles et DVA en émois !


Lieu : secteur Pont de Camps au-dessus du lac de Fabrèges
Encadrant : Ghislaine de Rincquesen
Co-encadrants : Angélique Masson, Rémy Giersch, Jean-François Avril, Philippe Blaise, Guillaume Bonneau, Roger Pourtau, Hervé Chalons, Dominique Vialatte, Jean-Pierre Labourdette
Participants : une longue liste de près de 50 cafistes.
Météo : de neige légère à gros flocons. Quelques rafales de vent.

Roger : « recouvrez-moi de neige et testez les sondes »

Température : fraîche à froide.
Date : 27 janvier 2019

A 7h30, parking Verdun à Pau, il pleut à grosses gouttes. Rafales. Pas d’appel. « Elèves et enseignants » se précipitent dans les véhicules. Direction : le Pont de Camps, au dessus du barrage de Fabrèges pour la traditionnelle formation pratique Neige-Avalanche ». Un complément indispensable après la soirée animée, le 7 décembre à l’UPPA, par Philippe Descamps sur la base de son livre, écrit avec Olivier Moret : « Avalanches. Comment réduire le risque ? ». Amphi plein.
8h30, les groupes se constituent au parking, face à la centrale électrique du Pont de Camps. Il neigeotte. Sans plus. Pour l’instant ! Roger Pourtau et Jean-François Avril nous conduisent, skis ou raquettes aux pieds, sur les pentes dominant les chalets.
Neige fraîche au sol. Roger en délimite une partie : « merci de la trafauder ». Inquiétude ! Qu’es-aco ? Traduction plus ou moins précise : la damer (correctif : lire « trafoler »). Raquettistes et skieurs s’y emploient. Damage ou plutôt labourage inégal. Prêt pour enfouir les DVA.
Regroupement. Roger : « Connaissiez-vous vos DVA ? ». Analogique ou numérique, nombre d’antennes, champ d’action, type de pile etc. Une première révision qui montre des connaissances plus ou moins acquises (ndlr : de retour à la maison, c’est promis, j’ouvre le mode d’emploi !). Montage des sondes : quelques hésitations. Où est le noeud qui la bloque ?
Jean-François prend le relais. Alerter les secours : qui, quoi, où, quand, comment ? Premiers mots pour le 112 : « avalanche » suivi de l’heure à laquelle elle s’est produite. Des mots (magiques) qui accélèrent indiscutablement la mise en place des secours.
Pendant ce temps, Roger, enfouie un premier DVA. Il se met à neiger : rajout de couches. Capuches et casquettes pour tous sauf Roger qui, stoïque, se transforme peu-à-peu en bonhomme de neige. En urgence, oublier les petits désagréments personnels. Le temps presse.
Un premier cobaye pour chercher le DVA. Ne pas le regarder pour ne pas savoir où est le détecteur.
Dans les faits, DVA en position « search » (« recherche » en ang. après traduction par Ghislaine !). « Une bombe vos DVA » avait prévenu Roger. Le DVA enfoui est repéré, en un rien de temps, à 18 mètres. Flèche orientative. Y aller. Reste 80 cms. Chercher à gauche, à droite, devant, derrière. Tâtonnements. Bref, trop d’hésitations. Le corps refroidit déjà…
Méthode : se mettre à genoux, la main au contact du sol, DVA émetteur dans la paume, procéder en « croix »(ndlr : pour comprendre, venir à la prochaine formation). La croix pour le salut : compris. Une vieille rengaine !
Chacun passe à tour de rôle. De retour, Roger nous interpelle : « vu le temps que vous avez mis à retrouver le DVA, pas certain que je vous valide pour la prochaine collective ! Et, si c’était moi sous la neige… ». Message reçu 5 sur 5. La neige tombe de plus en plus dru.
Jean-François prend le relais pendant que Roger part enfouir plusieurs victimes-DVA en mode « send ». Comment secourir et dégager une victime ? Créer une plate-forme. Pas de couverture de survie sous elle. Plutôt des vêtements chauds. Prendre le pouls etc.
Roger : « Vos trois encadrants viennent d’être enfouis. Que faites-vous ? ». Réactif, Laurent, d’une voix ferme, prend la direction des opérations. Alignement. DVA mis en position recherche. Sondes à la main et c’est parti. Ooups, l’équipe a oublié les pelles…
Débriefing : trop de DVA en position recherche. Prévoir des sondeurs et des pelleteurs pour suivre les « searcheurs ». Coordonner toute l’équipe à distance etc. A nouveau, de la méthode.
Roger creuse un trou et plonge dedans. « Recouvrez-moi de neige ». Pas kamikaze, il prend soin de garder la tête hors de « l’eau » ! « Maintenant, cherchez-moi… ». Tous de sonder délicatement pour se rendre compte qu’au contact de son corps, la sonde rebondit doucement sur du mou. En traversant l’avalanche, elle touche terre, rocher, herbe ou corps. Autant de ressentis différents.
Le froid, la neige, la faim provoquent un replis, en bon ordre, vers l’Hermine qui nous ouvre grandement les portes de sa boutique de location de matériel. Une dizaine de chaises disponibles. Sympa !
La chute de neige redouble. Toutes les équipes sont de retour. La route blanchit. Jean-François « décolle » rapidement. Pas de chaine. Adhérence incertaine. Passé Gabas, à quelques encablures de la centrale de Miègebat, la Touran chasse à gauche, à droite pour finir délicatement par mordre le bas-côté. Emois du côté des pelles qui sont à nouveau sorties des sacs. Deux fois en une journée. Du jamais vu ! Il y a enfin une victime à vraiment dégager. Pelletage. Pose des chaines. Touran s’obstine à ne pas bouger.
Arrive Dominique et sa jeep. Demi tour. Une boule est placée sur la voiture. Deux sangles de 1,8m sont sorties des sacs. L’attelage est amarré. Le 4*4, malgré la neige sur la route, dégage, sans difficulté aucune, la voiture. Félicitations. Dominique demande s’il peut envoyer la facture de dépannage au CAF ? Ce sera plutôt le pot offert à la Taverne de Gabas.
Moralité : ne plus jamais pester de porter trop de matériel dans les sacs ! Les pelles et les sangles, ce jour-là, auront connu une utilisation pour le moins inattendue et particulièrement efficace.
Une très intéressante journée de formation dans une bonne ambiance. Manque de soleil certes mais, qui dit que lors d’une avalanche, le temps sera au beau fixe et le terrain « nickel-chrome » ?
Merci à Ghislaine et à tous les co-encadrants pour cette grosse dose de bénévolat dans de telles conditions.

– par Beñat

Le verdict :
– Les randos d’avant : c’est
– Cliquez sur les photos pour les commentaires
– Crédit photo : Beñat

 

Les pelles à nouveau sorties…

A propos Bernard Boutin

A 7 ans, mon père me trainait au tour du pic du Midi d’Ossau, en Béarn. A 17 ans, je faisais du stop avec mes skis de randonnée. Je me souviens qu’à la nuit tombée, à la sortie de Tarbes, un paysan me chargeait. Arrivé en rase campagne, en sortant les skis de la bétaillère, ceux-ci étaient plein de purin ! La passion était plus forte que ces petits désagréments. A 27 ans, je quittais un bon « job » à la Défense, pour « descendre » aux Pyrénées. A 37 ans, avec quelques copains, nous grimpions, en ski de randonnée, le Vignemale, le Balaitous et quelques autres… A 47 ans, 57 ans, les Pyrénées toujours. On l’aura compris, pour moi, sans les Pyrénées, point de respiration.
Cet article, publié dans La mule et l'intello, Par-çi, par-là..., Uncategorized, est tagué , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laissez un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s