Gourzy et Moncouges en boucle : vents contraires !


les crêtes du Gourzy

Départ : casino des Eaux-Bonnes 720
Destination : boucle par les pics Gourzy 1917 et Moncouges 2244
Encadrant : Bernard Boutin et co-encadrants : Dominique Vialatte, Jacky Gaüzère
Participants : Marie Benichou, Henri-Michel Lévin, Bruno Basty, Jacques Darmony, Alain Colman, Gérard Lacaze-Labadie
Météo : ciel désespérément voilé. Vent sur les crêtes (40 à 60 km/h).
Température : fraîche, voire froide au vent.
Date : 22 novembre 2018

7h30, casino des Eaux-Bonnes, la pénombre se dissipe. 15 minutes plus tard, c’est parti pour 15 lacets en forêt. Papotage général sur le chemin de l’Impératrice. Ici, on l’appelle Eugénie, et quelque fois, de Montijo. « Tras los Montes », ce n’est pas si simple : María Eugenia Ignacia Agustina de Palafox-Portocarrero de Guzmán y Kirkpatrick, marquise d’Ardales, marquise de Moya, 20ᵉ comtesse de Teba. Avec un tel pédigrée, Napoléon III n’avait qu’à bien se tenir.
9h15, première pause à la cabane Laga de Haut. Sortis de la forêt, il fait déjà plus frais. Petites laines de rigueur. Elles ne nous quitteront pas jusqu’au retour.
Montée dans le vallon de Gourziotte. 1650m : un bois est atteint et avec lui, les premières traces de neige. Plutôt fraîche et peu profonde.
Sous le Signal du Gourzy, un bel isard drapé de ses couleurs d’hiver : « En voilà un que les chasseurs n’auront pas eu… ni les loups d’ailleurs. » « Et pour cause, il parait que les chasseurs les ont eu, ceux-là ! ». Le vivant contraint.

traces de lagopède

Col du Gourzy 1819 : sur la neige, les traces fraîches d’un lagopède. Etait-il encore gris ou déjà blanc ? Pas vu.
Le vent accélère. Rafales froides. C’est une histoire qui a commencée, il y a plus d’un mois, sur les pentes de l’Ossau. Depuis, telle la poisse, il colle aux godillots. La dernière fois, c’était à la Génie Braque, la fois précédente aux Cinq Monts. Le vent va t’il nous poursuivre tout l’hiver ? Il y a plus d’un siècle, les premières écoles de pilotages s’installaient à Pau. Motif : en Béarn, il n’y avait pas de vent ! En attendant, au loin, l’Ossau est couvert d’un lourd chapeau nuageux en colère. Vent du sud. La Balaguère des Bigourdans. Trump, cause toujours avec ton : « No climate change ! »
Montée au Gourzy : Dominique voudrait admirer sa grange sur les pentes de la Montagne Verte. Las, le vent nous chasse déjà.
Pas de Brèque et légère descente pour rejoindre le plateau d’Anouilhas. Beau, sauvage, cerné de massifs calcaires. Au S.O, en enfilade, la petite, moyenne et grande Arcizette le dominent. Elles sont quasi imprenables. Au fond, le Ger, l’Amoulat. Un coin trop méconnu.
Pause au-dessus de la cabane d’Anouilhas. Rapide à nouveau. Fraicheur et ciel voilé n’incitent guère à la langueur et c’est reparti pour le col du Pambassibé. Long cheminement, pas compliqué, sur des sentes couvertes de quelques centimètres de neige. Col atteint 2153. Les rafales nous en chassent sans attendre. Moncouges atteint 2244 : même topo !
Il est 12h30. Grimper près de 5 heures pour atteindre un tel belvédère et en être chassé en 5 secondes ! Frustrant, immoral, inacceptable, râlant. Mais, qu’attend donc l’Office de Tourisme des Eaux-Bonnes pour remettre Eole à sa place ?
Plus au nord, à 200 mètres de là, la vue s’ouvrirait sur toute la vallée. Le cheminement est plat. Le vent nous dissuade d’y aller. Retraite décidée. Vents contraires.
Sous le col, une petite canole abritée. 12h48 : le temps du casse-croûte. Odeurs de soupes à la tomate pour Bruno. Aux légumes pour Bernard. L’hiver est bien là. Un moment de bonheur – enfin ! – Jacques nous sert un délicieux Pessac Leognan « Abeille de Fieuzal ». Transporté dans un Thermos, il est juste à la bonne température. Quel savoir-vivre ! En même temps – macronisme – l’eau de la gourde est imbuvable : trop froide.
13h23 (les CR de Jacky sont bien utiles !) : plongée en direction des cabanes (détruites) de la Québotte. Tâtonnements pour trouver le cheminement exact. Une trace GPS trop simplifiée : reste encore à apprendre Boutin ! De randonnée simple à randonnée alpine. A nouveaux des isards. Ils filent au-dessus dans la pierraille qui se met à rouler.
Reste à descendre la longue Coume de Balour. Un flanc nord encaissé, humide, austère. Vue proche de zéro. La forêt est meurtrie. Des troncs abattus la jonchent. Les coups de vents, les avalanches la ravagent au fil des années. Qui pour nettoyer cela ? Les insectes xylophages – xylo (bois), phage (mange) – s’y collent. Bien seuls pour un tel entretien.
Une artigue apparait. Au fond, la petite cabane de Balour, récemment retapée : de grossières lauzes en couverture, un poêle à bois neuf et un châlit -neuf aussi- face à lui. Pas de place pour plus. Pause.
Fin de traversée de la Coume. Arrivé au pont sur la Sourde, à deux pas des Eaux-Bonnes, le GPS saute la vallée et enregistre des points sur la route d’Aas ! Quelle mouche l’a piqué ?
Traversée des Eaux-Bonnes : commerces, hôtels, immeubles fermés ! 340 habitants – pas vu – pour plus de 2243 logements. Eugénie, reviens vite. L’Hôtel des Princes n’attend que toi pour revivre les fastes de la fin du 19° siècle !
Fin de sortie. Un bel effort : 20 kms et 1700 m de dénivelé dans une ambiance peu « avenante ». A refaire, sous un chaud soleil estival. Le « coin » en vaut bien la peine.

– par Beñat

Le verdict :
– Point le plus bas : parking Casino d’Eaux-Bonnes 720 , le plus haut : Moncouges 2244, dénivelé : 1700m, distance parcourue : 20 km, temps de la sortie : 9h, carte 1546ET
– plus sur la boucle : Pic Moncouges en boucle par Balour-Anouilhas-Gourziotte et… autre delicatessen
– Les randos d’avant : c’est
– Cliquez sur les photos pour les commentaires (peu de photos car encadrer devant et photographier derrière en même temps n’est pas facile !).
– Crédit photo : Marie Bénichou, Gérard Lacaze-Labadie et Beñat

A propos Bernard Boutin

A 7 ans, mon père me trainait au tour du pic du Midi d’Ossau, en Béarn. A 17 ans, je faisais du stop avec mes skis de randonnée. Je me souviens qu’à la nuit tombée, à la sortie de Tarbes, un paysan me chargeait. Arrivé en rase campagne, en sortant les skis de la bétaillère, ceux-ci étaient plein de purin ! La passion était plus forte que ces petits désagréments. A 27 ans, je quittais un bon « job » à la Défense, pour « descendre » aux Pyrénées. A 37 ans, avec quelques copains, nous grimpions, en ski de randonnée, le Vignemale, le Balaitous et quelques autres… A 47 ans, 57 ans, les Pyrénées toujours. On l’aura compris, pour moi, sans les Pyrénées, point de respiration.
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