Boucle par le pic Serrato et les « Encantats aragonais » !


dominant le lac de Bachimaña alto, le pic Serrato

Point le plus bas : 1650 m (pk Baños de Panticosa), plus haut : pico Serrato ou El Peñon 2888 m, dénivelé montant et descendant : 1540 m, distance parcourue : 19,3 km
Participants (collective du CAF de Pau) : Bruno Basty, Marie Claude Fillatre, Didier Mazoin, André Paillassa, Graziella Rivault, Jean-Pierre Belaygue encadrés par Bernard Boutin et Patrick Sicé.
Météo : grand beau, rafales de vent sur les crêtes, température agréable.
Date : 20 août 2020

Le pic Serrato, appelé aussi El Peñon, domine une formidable succession de lacs (ibónes) et de barrages (embalses), enserrés dans la rocaille. Ici, pas de douces et vertes estives. Gris des chaos dominants.
Dans le groupe, il y en a pour tout le monde. Les uns viennent pour le pic, ses crêtes ou autres arêtes, les autres pour les lacs. D’autres veulent simplement découvrir l’affiche proposée. A chacun son truc. Pour Graziella, le choix est clair : elle plongera 3 fois ! Pour Didier et André la crête escarpée du final du Serrano sont un déclencheur.
Le Serrato est le seigneur du coin. Il domine, au sud, les lacs de Lavaza et du Serrato, à l’est ceux de Bramatuero alto et du Letrero (facteur ?). Au nord, Bramatuero baja, à l’ouest Bachimaña alto, bajo et de Yuans. Autour de ces lacs majeurs, une infinité de petites lacs et mares (charcos). Le coin regorge d’eau. Beaucoup d’espace. De volume. Une grande respiration visuelle pour ces « Encantats aragonais ».
8h – Départ depuis les Baños à 8h. Une longue succession de lacets nous attend. Cela démarre fort avec 500 m de dénivelé pour la première heure. Le GR11 est dépassé, puis sa variante. Place à la rocaille sous le lac Serrato.
10 h – premier plongeon pour l’artiste. Un chaos, sans fin, démarre alors pour rejoindre le pic Serrano. Au fur et à mesure de notre avancée, nous laissons sous nous les lacs Lavaza et Lavaza supérieur. Un collet. Plein ouest, la peña de Yuans attire nos grimpeurs. Ce sera pour plus tard. Au collet, un laquet est encore partiellement pris dans la glace de l’hiver dernier. Territoires inhospitaliers.
La crête dentelée, escarpée qui conduit au Serrato nous attend. Bâtons sur le sac. Une séance « mains au rocher » démarre. Ludique. La roche est franche et les prises nombreuses. Méfiance toutefois, il y a du « gaz » à gauche et quelques rafales de vent.
12h10 – pic conquis. Pause. Vue à 360° sur un univers de lacs de toutes formes. Superbe. Voir la galerie photo.
Randonnée bizarre : nous sommes au sommet et les 2/3 de la randonnée restent à faire. Décision est prise d’aller casse-crouter du côté du lac Bramatuero alto.
Pierrailles qui file sous les pieds au niveau de la crête. Chaos à nouveau. Un marquage blanc et noir permet de rejoindre les « charcos del Peñon » (laquets/mares) situés à l’ouest du lac Bramatuero alto.
13h20 – Pause déjeuner au milieu des charcos. Pas trop tôt ! Le « desayuno » est loin. Patrick était sur la route à 5h. Les autres à 6. Baignades pour Graziella, Didier et Jean-Pierre.
Pas de vie alentour. Rien vu depuis le départ en dehors de quelques bipèdes, il y a loin déjà. Même les vautours fauves sont aux abonnés absents. Partout de l’eau… mais pas de vie ! Enfin, non : quelques têtards du côté des « charcos ».
Reprise de la longue descente. Les lacs sont contournés les uns après les autres. Un paysage sans cesse renouvelé. De la tourbe et son incontournable linaigrette en arrivant à Bramatuero bajo. Le coton des montagnes humides.
Les kilomètres pèsent mais la vue est si belle. Contournement de Bachimaña alto par le nord-ouest. Pause. Baignade. A une centaine de mètres, le GR11 descend du « cuello del Infierno » (un nom qui fait frémir !). Pire, il mène aux pics d’Enfer. Beaucoup de randonneurs en descendent. Oouf, on peut en revenir !
Trois lacs proches dans cette direction : les lacs bleu supérieur et inférieur et, derrière le col, le lac de Tebarray. Ces trois là, c’est pour un prochaine fois !
Reprise de la descente, beaucoup, beaucoup de marcheurs jusqu’au Balneario de Panticosa. Parfois des randonneurs mais surtout des touristes fuyant les températures extrêmes de la meseta espagnole. Quelques uns avancent masqués. La COVID frappe durement, pas si loin que cela, la capitale régionale Saragosse. Plus loin, il faudra éviter de toucher les mains courantes en acier.
L’heure avançant, le refuge de Batchimaña est laissé de côté. Restent à descendre les 550 m de dénivelé du verdoyant « canyon » du río Caldarés. Pins à crochets, chutes, marmites et cascades d’eau. Un beau final quelque peu embouteillé par de très nombreux marcheurs. Trop nombreux. Là haut, seuls, nous étions si bien.
Pot de fin de sortie à la traditionnelle « Casa de Piedra ». Lieu agréable. Service qui l’est moins pour cause de distanciation sociale.
Une super boucle démarré à 8h et terminée à 18 heures. Dix petites heures pour plonger pleinement dans l’univers des « Encantats aragonais ». Trop court mais ravis…
A plus sur les sentes.

– par Beñat

Les randos d’avant : c’est ICI
Crédit photo : Bernard Boutin
Cliquez sur la première photo pour faire défiler la galerie

A propos Bernard Boutin

A 7 ans, mon père me trainait au tour du pic du Midi d’Ossau, en Béarn. A 17 ans, je faisais du stop avec mes skis de randonnée. Je me souviens qu’à la nuit tombée, à la sortie de Tarbes, un paysan me chargeait. Arrivé en rase campagne, en sortant les skis de la bétaillère, ceux-ci étaient plein de purin ! La passion était plus forte que ces petits désagréments. A 27 ans, je quittais un bon « job » à la Défense, pour « descendre » aux Pyrénées. A 37 ans, avec quelques copains, nous grimpions, en ski de randonnée, le Vignemale, le Balaitous et quelques autres… A 47 ans, 57 ans, les Pyrénées toujours. On l’aura compris, pour moi, sans les Pyrénées, point de respiration.
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