Traversée par le pic Ardiden : hautement minéral !


crédit : Dominique Plée

Point le plus bas : 1400 m (pk La Fruitière), plus haut : pic d’Ardiden 2988 m, dénivelé montant 1692 m et descendant : 1672 m, distance parcourue : 17,5 kms
Participants groupe 1 (CAF de Pau) : Brahim Amazine, Brigitte Dupuch, Véronique Faivre, Marie Claude Fillatre, Jean Luc Paquet, Cédric Marque encadrés par Bernard Boutin.
Participants groupe 2 (CAF de Pau) : Marie Bénichou, Nadine Carlotti, Vincent Escoula, Jean Marc Laulhé, Daniel Helbo, Michel Monbeig, Jean-Pierre Tisné, Miguel Izquierdo, encadrés par Jacky Gaüzère
Météo : Nuageux à couvert, petites rafales de vent, pas de pluie, brume en bas.
Date : 13 août 2020

Cette traversée se fait sous le label TEC (traversée échange de clefs). Un groupe part d’un côté; l’autre de l’autre et, à mi-parcours, les conducteurs, en se croisant, échangent les clefs de leurs véhicules pour pouvoir redescendre dans la vallée, à un point de ralliement arrêté d’avance. Le bar « L’Autrement dit » à Pierrefitte-Nestalas en la matière.

Les Pyrénées plurielles nous offrent un grand choix de cours de récréation. Celle du jour, passés les verts fonds de vallées, est couleur granit. L’Ardiden (2998), qu’on l’aborde par la « voie » Russell (le refuge) ou par les lacs d’Ardiden, offre un choix sans pareils de blocs de granit de toutes tailles, de toutes formes. Des verticaux, des horizontaux. Magie créatrice. Une couleur universelle et un exercice de concentration permanent pour les parcourir.
Le groupe 1, dont fait partie le rapporteur de service, part de La Fruitière, au-dessus de Cauterets. Le groupe 2 démarre depuis le parking d’Aynis, au-dessus de Luz St Sauveur. Objectif : se retrouver au sommet de l’Ardiden. Un pic frustré de ne pas faire partie de la bande des « 3000 pyrénéens ». Il culmine à 2988 ! Sa frustration, par un malin plaisir, il la rend en s’étant entouré d’un univers minéral dominateur, difficile à parcourir, demandant une attention de chaque instant et appelant la « main au rocher » maintes et maintes fois.
Passé le refuge Russell, les « choses » se corsent rapidement. La pierraille laisse place rapidement à la rocaille qui, plus loin, se transforme en amoncellements de blocs, sous le « Pourteau des Agudes » (le portail des Aiguilles ?).
Dans son annonce, sur l’Agenda du Club, Jacky Gaüzere nous avait averti : « être en très bonne forme physique et (avoir) une bonne dose de courage ! » Au Pourteau, l’équipe a déjà 1170 m de dénivelé. Il lui en reste 450 m à grimper sur seulement 1,1 km de distance. Plutôt raide, souvent main au rocher, jamais en roue libre. Les bâtons sont posés sur les sacs. Les casques prennent leur place. Le mental prend le relais du physique. Montagnards à moteur hybride !
De multiples cairns marquent le cheminement. Mains au rocher, çà et là. Contortionnements divers. Exercices d’équilibristes pour passer de bloc à bloc, pour les contourner, pour les survoler, pour les effacer…
Dans cet exercice de volonté et d’endurance, certains sont plus à l’aise que d’autres. Pas un ne craque et, le sommet est atteint à 12h35, 30 minutes après le groupe 2.
Il y fait frisquet. Légère brise rafraichissante. Veste requise. Le casse-croûte est vite consommé. Les clefs échangées. Les consignes données et déjà le groupe 2 descend sur le Pourteau des Agudes.
Peu de temps après, pour le groupe 1, la descente démarre. L’objectif est à vue, au loin en-dessous, vers la succession des lacs d’Ardiden. Ils tendent les bras au groupe mais se feront désirer un long moment. D’abord, suivre la crête NNO de l’Ardiden. Est-ce une crête ? Plutôt une arrête découpée, couverte de rochers formidables s’élançant de toutes forces vers le ciel. Contournée par l’ouest, puis par l’est, une lente descente, avec pour cap le Lac Long, peut démarrer dans le chaos. L’attention requise appelle la fatigue. Le rythme s’en ressent.
Après maints et maints zig-zags, toujours entre blocs, le Lac Long est atteint, puis le suivant : le lac Castabat. Pause pour permettre à Jean Luc de nous rejoindre. Agile dans cet univers de rocailleux, il avait pris de l’avance pour aller s’y baigner. Regroupement et descente en longeant les lacs Herrat et Cantet.
Sous le lac Cantet, en direction du lac Lagues, nous croisons avec plaisir Béatrice et Marc, cafistes palois, qui montent camper, autour des lacs, avec une de leur nièce. L’Ardiden, ce jour-là, appartient au CAF de Pau ! Une belle prise. Discussion rapide car l’heure tourne. Plus tard, Jacky appelle pour nous dire que le groupe 2 est déjà au bar à Pierrefitte alors que nous marchons toujours !
La brume est là. Un berger d’un autre temps apparait. Sale, crasseux même, hirsute. Nous lui signalons une brebis blessée, au Lac Grand, qui ne peut plus marcher. C’est loin derrière. Il n’ira pas la chercher, répétant mystérieusement, par 3 fois : »Il faut qu’elle pense ! ». A quoi ? à l’au-delà ? Conversation surréaliste dans un univers qui s’est teinté de blanc. La brume nous entoure.
Reprenons notre course. Le parking est enfin atteint. Il est 18h10. Pas trop tôt !
Regroupement à Pierrefitte-Nestalas. Remise des clefs et des voitures à leurs propriétaires. Pour le traditionnel pot, tous ensemble, il est trop tard. Ce n’est que partie remise…
La traversée du massif de l’Ardiden : hautement minéral… et plutôt costaud !

A plus sur les sentes.

– par Beñat

*TEC : Traversée échange de clefs.
Les randos d’avant : c’est ICI
Crédit photo : Cédric Marque et Bernard Boutin
Cliquez sur la première photo pour faire défiler la galerie

la trace du jour

A propos Bernard Boutin

A 7 ans, mon père me trainait au tour du pic du Midi d’Ossau, en Béarn. A 17 ans, je faisais du stop avec mes skis de randonnée. Je me souviens qu’à la nuit tombée, à la sortie de Tarbes, un paysan me chargeait. Arrivé en rase campagne, en sortant les skis de la bétaillère, ceux-ci étaient plein de purin ! La passion était plus forte que ces petits désagréments. A 27 ans, je quittais un bon « job » à la Défense, pour « descendre » aux Pyrénées. A 37 ans, avec quelques copains, nous grimpions, en ski de randonnée, le Vignemale, le Balaitous et quelques autres… A 47 ans, 57 ans, les Pyrénées toujours. On l’aura compris, pour moi, sans les Pyrénées, point de respiration.
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