Monter sec au pics du Midi d’Arrens et de Mousquès


Midi d’Arrens – plein sud : la vue !

Départ : pont d’Ourey au-dessus d’Arrens-Marsous (1066m)
Destination : pic de Sesques (2267m) et pic de Mousquès (2222m)
Collective du Club Alpin de Pau
Météo : superbe
Température : agréable.
Date : 23 septembre 2018

Au parking, Michel nous avertit d’emblée: « la seule partie plate de la sortie, c’est le pont d’Ourey, sur le gave d’Arrens, face à vous ». En une phrase, l’ambiance est crée. Cela va monter « tout dret ».
Démarrage en douce. Concentration sur le palpitant. Pourvu qu’il n’accélère pas trop vite. Les vieux diésels, c’est comme cela : démarrer lentement pour monter en puissance ensuite. Teuf, teuf, teuf, teuf…
Michel-le-bigourdan, un brin pince sans rire : « Et oui, ici on n’est pas dans les Basses-Pyrénées… ». A vous de juger…
Cathy trace devant. Légère. Faut dire elle vient de « se faire » les pics d’Enfers. Elle en est revenue : la preuve que cela n’existe pas !
La collective sort de la forêt. Cabane de Mauvèsi. Bien modeste bergerie. L’IPHB ne recycle pas l’argent des ours en Bigorre. Gorgée d’eau et cacahuète.
Au-dessus, l’estive, en cette fin septembre, est bien haute et garnie. Herbe peu ou pas broutée. L’hiver venue, la pente forte favorisera des départs d’avalanches. Encore faut-il qu’il neige ! Maudit réchauffement climatique. Blanches, ne sont-elles pas belles nos Pyrénées ?
Un ULM nous survole : lui, tranquille, assis sur son engin volant. Nous a transpirer et souffler. Quelle est la meilleur place pour apprécier le magnifique lever du soleil en cours ?
De nombreuses sentes animales traversent les pentes en tout sens. Observation du terrain et GPS guident les pas de Cathy vers un passage, à ne pas rater, pour rejoindre le raide couloir des Blans. Atteint, il faut le remonter jusqu’à un petit col sous le sommet.
Bâtons sur les sacs, piolet à la main. Ça grimpe sec. Un topo parlait de « montée à quatre pattes » : c’est presque tout comme. L’herbe a cédé la place au cailloutis qui cède la place à des affleurements calcaires à passer avec précaution. Toujours 3 prises…
Col atteint. Le pic est juste au-dessus sur notre gauche. Direction NE diraient les pros d’orientation. C’est vrai : à gauche, c’est vers où ? A part tourner dans le sens contraire des aiguilles d’une montre…
Une petite dalle rocheuse, à la pente assez forte, est à passer et Nivana est atteint. Encordement pour certains. Passage en libre pour d’autres. Main au rocher pour tous.
Là-haut, 2267m, belles vues à 360°. Depuis le début de la sortie, le massif du Gabizos, juste derrière nous, interpelle. Il est là, dominant le flanc ouest du vallon d’Arrens, magnifique, tout en calcaire, éclatant sous le soleil. Michel y repère un cheminement. Une prochaine collective (de randonnée alpine, of course !). Sous nous, plein sud, le lac d’Estaing, à portée de main. Prendre son élan et plonger.
Citer les 360 sommets des 360° : impossible. En fait, il y en a plus : Dominique, durant la rude montée, ne nous a t’il pas dit qu’il y avait 12.725 sommets dans les Pyrénées ! Comprenez pourquoi certains ne font que des premières ! Combien de vies faudrait-il pour les gravir tous ?
Descente. A nouveau la dalle. Descendeur, machard ou main au rocher. A chacun son truc. Merci Cathy et Michel, nos assureurs.
Poursuite de la descente, en zig-zag, dans le méchant couloir de la montée. Piolets utiles mais rien de bien terrible. Simplement : ne pas tomber (comme si souvent !). Concentration. Ne pas parler.
A la côte 2100, virage à gauche, et lente remontée en frôlant le pic Arrouy (un de plus!) en direction du col de las Capullas. Avec autant de pics Arrouy dans les Pyrénées, comment se fait-il qu’il n’y a ait pas de mines de fer en exploitation ? (arrouy : rouge en gascon – source: Simin Palay). Faire du Trump : augmenter les droits de douane pour relancer les mines locales. Make it simple !
Crêtes qui conduisent au Mousquès et stop. Ya basta ! Tous crient fringale. Les uns plus fort que les autres (ils se reconnaitront). Pause déjeuner. Pas trop tard : il est 13h52 ! La fatigue coupe court aux discussions. Lente dégustation face au Nord-Ouest. Face à la vedette du jour : le massif du Gabizos.
50 minutes plus tard. Le groupe se scinde en deux. Une moitié continue sur la crête, dans un mélange de rochers et rhodos pas très « roulants », pour atteindre le proche sommet du Mousquès. Les autres filent vers le bas dans les estives. Malins, ils ont repéré des champs entiers de mirtilliers et framboisiers. Bonne pioche !
15h30, regroupement à la cabane du Mousquès. Belles estives tout autour. Photo de groupe. Atmosphère d’automne. Ciel lumineux et couleurs pastels alors que le soleil baisse déjà. La journée aura vite passé. On voudrait rester des heures dans ces lieux calmes et apaisants. Pas de rêverie : « On y va. Il reste 900m à descendre… ».
Quelques chevaux interloqués observent notre vaine agitation : « à quoi bon courent-ils ? » semblent-ils s’interroger.
Cabane de Mauvèsi : le sol est ravagé par les sangliers. Ceux-là, les loups hybrides ne les ont pas fait fuir… Pas d’izards en ces lieux. Une fois de plus cette saison. Mais, où sont-ils donc ?
Rapide descente de la forêt si lente à monter et le pont d’Ourey est atteint. Il est 17 heures.
Au parking, un vénérable berger a embourbé son véhicule. Il a beau essayer, il n’y arrive pas : Ça patine sans cesse et de vilains cailloux bloquent sa voiture. Les Cafistes palois retroussent les manches et le dégagent en un tour de main. Content, il continuera à nous remercier et nous saluer jusqu’à notre départ.
Au Cairn, à Arras, toujours autant de monde. En dégustation : madeleines de Cathy et croquants de Julie. La star du jour : les bières artisanales « Bigourd’Ale », venues d’Arcizans à 4 km de là ! Bilan carbone imbattable. Demain, le thé viendra du jardin. Comptez sur Karine pour y arriver.
Une belle journée. Comme d’hab. Merci Cathy, merci Michel.
A plus sur les sentes.

– par Beñat

Le Verdict :
– Point le plus bas : parking pont d’Ourey (1066m), le plus haut : pic du Midi d’Arrens (2257m), temps de la sortie : 8h30, 10,8 kilomètres et 1395 mètres de dénivelé.
Encadrant : Cathy Roques, co-encadrant : Michel Nogaro
Participants : Julie Bordin, Bernard Boutin, Juilen Carles, Chantal Loustau, Jean-Paul Penot, Dominique Plée
– Les randos d’avant : c’est
– Cliquez sur les photos pour les commentaires.

 

A propos Bernard Boutin

A 7 ans, mon père me trainait au tour du pic du Midi d’Ossau, en Béarn. A 17 ans, je faisais du stop avec mes skis de randonnée. Je me souviens qu’à la nuit tombée, à la sortie de Tarbes, un paysan me chargeait. Arrivé en rase campagne, en sortant les skis de la bétaillère, ceux-ci étaient plein de purin ! La passion était plus forte que ces petits désagréments. A 27 ans, je quittais un bon « job » à la Défense, pour « descendre » aux Pyrénées. A 37 ans, avec quelques copains, nous grimpions, en ski de randonnée, le Vignemale, le Balaitous et quelques autres… A 47 ans, 57 ans, les Pyrénées toujours. On l’aura compris, pour moi, sans les Pyrénées, point de respiration.
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