Grand Barbat, Grand Bonheur !


le Grand Barbat et son lac

Départ : lac d’Estaing (1163)
Destination : boucle passant par le lac du Barbat, la brèche du Barbat, le Grand Barbat (2813) et 5 lacs : pic Arrouy, Long, Nère, Plaa de Prat, Langle
Date : 3 juillet 2018
Qui : Collective du CAF encadrée par Michel Thomas
Participants : Marie Benichou, Bernard Boutin, Michel Dabadie, Alain Dupré, Daniel Helbo
Météo : beau avec une brise rafraichissante constante

Michel avait proposé le Grand Barbat (départ lac d’Estaing – 1650m de dénivelé, 16km), la semaine précédente. Seul « mézigue » avait répondu à l’appel. Annulé. L’affiche était-elle trop « rude » ?
Par un adroit tour de passe-passe, la même destination était proposée une semaine plus tard : départ cabane d’Arriousec – 1450m de dénivelé. Du coup 5 « clients », se présentent. En fin de course, ils auront 1750m de dénivelé et 20,3 km dans les pattes ! Pour les fans de statistiques : cela fait aussi 31.972 pas podomètres (mesure MT) ! Mais voilà : « Plus c’est long, plus c’est bon… »
7h15 – arrivé au lac d’Estaing. Changement de programme : « On part d’ici! »
Montée rapide, par le GR10, dans le bois pour rejoindre la cabane d’Arriousec. Moyenne : 500 à l’heure. Au palpitant de s’y coller ! Arrivée à l’estive. Arrêt pour contempler l’objectif. C’est simple, c’est tout droit. Une pointe rocheuse, au fond du vallon, domine. Immanquable.
A la cabane du Barbat, virage à 90°. Le GR continue, de son coté, vers le col d’Ilhéou. Quelques minutes de grimpe et le beau lac glacière du Barbat, enserré entre chaos rocheux et rhododendrons en fleurs, se dévoile. Eau pure. Pas le temps pour les rêveries poétiques. Le lac est schunté. Y-a-du-taf : direction la brèche du Barbat.
Vers 2150, une très longue langue de neige apparait dans le fond du vallon à remonter. Elle est ferme sous une fine couche humide et molle. Un régal que de cheminer sur ce tapis régulier qui a gommé l’austère rocaille, si caractéristique du Grand Barbat. La pente se raffermit. Les crampons trouvent leur place. Les piolets entrent en scène. Michel trace. Tout le monde suit bien. Plus de 2 kilomètres de progression pour atteindre la brèche du Barbat à 2540m.
Orienté NNW, la pente est à l’ombre. Il fait bon. Tête et corps ne font qu’un. Concentration totale. Glissade pas recommandée.
Brèche atteinte. Trop vite. On voudrait prolonger ces efforts de grande concentration. Michel : « C’est par là que l’on descendra ». Il montre l’autre face de la brèche. Coté sud-ouest, droit sous nous : le lac du pic Arrouy est toujours partiellement gelé. Entre lui et nous, une longue langue de neige – à nouveau – qu’il va falloir gérer. Mais, cela, c’est pour plus tard.
Crampons rangés. L’ambiance change. Main au rocher sur la crête. Très CAF que de prendre la crête alors que le cheminement normal apparait sous celle-ci ! Moment plutôt sympa et tellement différent du précédent. Le rocher pourrait être traître. Pierres qui bougent. Attention requise. Un sommet sans nom – Grand Barbat junior ? – est atteint (2782 sur IGN).
La crête est trop chronophage. Descendons rejoindre le cheminement « normal » pour achever la montée. Midi : objectif atteint ! 2813m. Grandes claques dans les mains. Bonheur partagé. Vues magnifiques. Brise fraîche. Pause royale. Petit Manseng du Château Cabidos pour marquer l’évènement. Merci Michel Dabadie.
35 minutes – trop court bonheur – et déjà les sacs se ferment.
La descente de la brèche, par le sud-ouest, va permettre de longer 5 lacs. Une boucle : belle façon de terminer la sortie. Sauf que, si du parking de départ jusqu’à la brèche il aura fallu 7,5km, au retour, il en faudra 11 pour le rejoindre. Une boucle longue à terminer mais sans regret.
La pente SO qui plonge est en neige. Molle, elle ne pose pas de problème. Quelques exercices de « ramasse » et de rattrapage avec piolet, en cas de glissade. Une sortie complète par les pratiques employées : 4/4 !
Passé le lac Arrouy, le lac Long puis le lac Nère se succèdent. Environnement sauvage que ce cirque Arrouy méconnu, avec de belles crêtes déchiquetées tout autour. L’eau dégringole de partout. Les ruisseaux envahissent la sente.
Un enclos : 3 ânes. « Les bourrins leur font face ! ». Continuation du cheminement descendant. Un dahut « andin » s’approche, curieux. Un lama entouré de chèvres ! L’explication ne se fait pas attendre : une cabane, façon cayolar d’hier apparait. Pas une cabane de berger, revisitée à base de subventions européennes. Merci Lassalle.
Le berger, un indien avec bonnet péruvien sur la tête, longues pattes de cheveux indescriptibles, est assis, pieds nus, adossé à son palais. Seul, il passe tout l’été sur place, avec 600 brebis et une demi-douzaine de chiens border collie. Un solitaire entouré d’animaux. Tout leur appartient : des chèvres nous observent, par la fenêtre du cayolar ! Pas trop « causant », la collective reprend la longue descente.
La fonte s’accélère. L’eau dégouline partout. Beaucoup de fleurs aussi. La fin du printemps : mois de vie en Pyrénées.
Un lac : celui du Plaa de Prat. Un autre : celui de Langle. Une forêt de conifères et le vallon du Labat de Bun apparait. Au lac d’Estaing, des cerfs-volants barrent la vallée. Rappel du « festival des têtes en l’air ». Plus sur FaceBook : c’est ICI.
Un double merci à Michel. Pour le choix de cette très belle boucle d’abord. Mais aussi, pour sa façon d’animer les collectives avec une juste dose d’humanité et d’autorité.
A plus sur les sentes.

– par Beñat

Le verdict :
– Point le plus bas : 1163m (pk au lac d’Estaing), le plus haut : 2808m (Grand Barbat), dénivelé : 1750m, distance parcourue : 20,3km, durée de la sortie : 9h30
– Encadrant : Michel Thomas
– Participants : Marie Benichou, Bernard Boutin, Michel Dabadie, Alain Dupré, Daniel Helbo
– Les randos d’avant : c’est
– Passez le curseur de votre souris sur les photos pour faire apparaitre les commentaires ou cliquez sur la première photo pour dérouler le diaporama.

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la boucle du jour

A propos Bernard Boutin

A 7 ans, mon père me trainait au tour du pic du Midi d’Ossau, en Béarn. A 17 ans, je faisais du stop avec mes skis de randonnée. Je me souviens qu’à la nuit tombée, à la sortie de Tarbes, un paysan me chargeait. Arrivé en rase campagne, en sortant les skis de la bétaillère, ceux-ci étaient plein de purin ! La passion était plus forte que ces petits désagréments. A 27 ans, je quittais un bon « job » à la Défense, pour « descendre » aux Pyrénées. A 37 ans, avec quelques copains, nous grimpions, en ski de randonnée, le Vignemale, le Balaitous et quelques autres… A 47 ans, 57 ans, les Pyrénées toujours. On l’aura compris, pour moi, sans les Pyrénées, point de respiration.
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