Val Maira – sesto giorno : Gaby, le renard argenté 


Gaby creuse son sillon…

Départ : depuis Chialvetta
Destination : Monte Piutas
Qui : raid en étoile du Club Alpin Pau de Pau et de la vallée d’Ossau
Où : Val Maira, Acceglio, Cuneo, Piemonte, Italia
Quand : 23 février 2018
Météo : fortes chutes de neige toute la journée.

8h30 : le clocher de Chialvetta sonne un coup à notre passage. Il neige en continu. Cela fait 3 jours que les chutes de neige ont démarré. Le « bollettino de 3Bmeteo.com » ne parle que de « neve debole, neve et rovesci di neve ». Selon sa lecture, demain sera la pire journée de la semaine. Notre dernière à Chialvetta. No luck !
Pour Gaby, au fur et à mesure que la couche de fraîche augmente, le risque fait de même. Sous elle, la tôle glacée est très présente. Les conditions sont réunies pour des coulées ou avalanches de poudreuses. Les magnifiques forêts de mélèzes, qui dominent le village, sont la seule réponse possible. Pas question de partir à la conquête de couloirs raides, de crêtes, de sommets improbables. Trop exposés, trop noyés aussi dans la neige qui tombe en continu.
Aujourd’hui, au départ : 20 cms de nouvelle poudreuse nous attend. En haut, il y en aura 60.
Gaby, ouvre la marche. Comme toujours depuis 5 jours. Il s’agit d’arriver d’abord au-dessus de la grange abandonnée d’Ussiera. Pour Gaby, pas  de trace à suivre dans la poudreuse. Pas de panneau indicateur. Pas de marquage au sol. Des mélèzes, encore des mélèzes, toujours des mélèzes. Pourtant, tel le renard dans la jungle blanche, il sait repérer les indices : tronc d’arbre coupé, branche cassée, marquage rouge et jaune enfouis. Tous indiquent le cheminement. Une consultation rapide du GPS et c’est reparti.
Ses yeux furètent sans cesse. De gauche à droite. De droite à gauche. Petits, plissés, malicieux, ils ne veulent pas rater le moindre signe. Le rayon d’observation semble toujours le même : 60º d’un côté, 60 de l’autre.
Celui qui a déjà suivi un renard sait comment « furète » l’animal avec son mouvement de balancier caractéristique. Gaby est à l’aise dans le grand blanc qui nous entoure. Rien ne lui échappe. Gaby, le renard argenté. Argenté ! Son bonnet n’est-il pas saupoudré de neige depuis 3 jours ?
La collective le suit, le nez plongé dans la trace pour ne pas en sortir. Elle est si confortable. Gaby ne la connait pas. Il la crée. L’avant de ses skis monte avec régularité et, tel un pilon, écrase la fraîche. Le rail est posé. Les nôtres peuvent glisser.
Arrive le moment où la pente s’affermit. Les risques augmentent d’autant plus que la couche de poudreuse dépasse maintenant les 60 cms.
Debout sous les mélèzes : pliage des peaux. En-cas avalés. Gorgées de liquides chauds. Les chaussures resserrés, les attaches claquent.
Descente sur nos traces dans une couche de fraîche délicieuse qui monte jusqu’aux cuisses. Grand plaisir rare. Les mélèzes, arbres élancés, sont faciles à skier contrairement aux sapins pyrénéens encombrants.
Un grand cri. Béatrice s’angoisse : « j’ai perdu un ski ! ». Elle plonge les mains dans la poudre épaisse… pour finir par le retrouver bien en place sous sa chaussure. Plus loin, il ira s’enfourner sous quelques racines invisibles. Gaby l’avait dit « soyez disponible pour aider les copains. L’excès de poudreuse peut créer des situations compliquées pour s’en sortir ».
Des randonneurs montent : « félicitations pour votre trace. Elle est super. Complimenti.»
Chialvetta arrive trop vite. Dommage. On s’est bien « amusé ». Merci Gaby.
Déjeuner au gite. Olivier propose alors de remonter vers les hameaux de Pratorotondo et Grangie, histoire de profiter de l’ambiance magnifique des vieilles granges croulant sous la neige fraîche. Au final : 300 m de dénivelé de plus au compteur et une descente, à nouveau, « tout du bonheur ».
Au dîner, Rolando a prévu 7 plats différents, tous excellents. Il faudra prévoir des paliers de décompression, une fois de retour à Pau.
A plus sur les pentes.

– par Beñat

Nota :
– Point le plus bas : 1465 m (parking de Chialvetta), le plus haut : 2105 m, dénivelé montant et descendant : environ 650 m (plus 300 m pour l’équipée Pratorotondo Grangié).
– Guide : Gaby Aragües
– Encadrant : Olivier Blanchet
– Participants : Béatrice Barra, Bernard Boutin, José Coste, Jean-Philippe Floras, Chantal Loustau, Robert Marin, Christine Rubichon,
– Crédit photos : Chantal, Olivier, Robert, Bernard
– Les randos d’avant : c’est
– Passez le curseur de votre souris sur les photos pour faire apparaitre les commentaires ou cliquez sur la première photo pour dérouler le diaporama.

A propos Bernard Boutin

A 7 ans, mon père me trainait au tour du pic du Midi d’Ossau, en Béarn. A 17 ans, je faisais du stop avec mes skis de randonnée. Je me souviens qu’à la nuit tombée, à la sortie de Tarbes, un paysan me chargeait. Arrivé en rase campagne, en sortant les skis de la bétaillère, ceux-ci étaient plein de purin ! La passion était plus forte que ces petits désagréments. A 27 ans, je quittais un bon « job » à la Défense, pour « descendre » aux Pyrénées. A 37 ans, avec quelques copains, nous grimpions, en ski de randonnée, le Vignemale, le Balaitous et quelques autres… A 47 ans, 57 ans, les Pyrénées toujours. On l’aura compris, pour moi, sans les Pyrénées, point de respiration.
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