Rando « patrimoniale » : Forges d’Abel – Urdos par « le Canfranc »


2,5 kms plus loin : Sortie du tunnel

Départ : gare des Forges d’Abel
Destination :   gare d’Urdos
Qui : collective du CAF animée par Jean-François AVRIL
Quand : 2 avril 2017

Il est tombé 15 à 20 cms d’une poudreuse lourde et humide durant la nuit. La collective se gare sous les bâtiments à l’abandon de la gare des Forges d’Abel. Un lieu fantomatique. Il neigeotte.
Guêtres, couvre-sacs, vestes imperméabilisées sont de mise. Il s’agit maintenant de marcher sur les traverses de la voie ferrée en direction de la vallée. Un premier tunnel devant. Il est fermé. Les autres seront ouverts.
Passage par le talus supérieur, recouvert de ronces recouvertes de neige. Les ronces : des crampons qui fonctionnent à l’envers. Plutôt pratique !
Un premier viaduc. Incroyable de constater le bon état des structures en fer. On les croiraient neuves. Pourtant, elles datent des années 1910 ! L’obsolescence programmée: un concept du siècle suivant !
Deuxième tunnel. Il est bienvenu. Enfin au sec ! Les pieds commençaient à patauger. A nouveau l’état des structures est impressionnant de « fraicheur ». Les années 1910, des années pierre de taille. Séquence frontale dans le tunnel.
La voie ferrée court, à nouveau, le long des pentes. Ronces écrasées par la lourde neige, branchages en travers contraignent la collective à zigzaguer entre les obstacles. L’humidité pénètre chaussures et vêtements. Nouveau tunnel. Bon état à nouveau. Pas de vie intérieure. Un univers figé pour durer.
Séquences ronces et branchages, viaducs, tunnels se succèdent. Il y aura 3 viaducs au final et 7 tunnels.
Le célèbre tunnel hélicoïdal approche. Une histoire à tourner en rond. Plus de 2,5 kilomètres pour gagner seulement 70 m d’altitude. Sacrés trains, ils leur faut des pentes si douces ! Pas très cafiste-attitude.
Au milieu du tunnel, l’équipe s’arrête. Les frontales s’éteignent. Nuit d’encre. Silence total. Non, un goutte à goutte se fait entendre proche. On n’entend que lui. Il en devient énorme. Les acouphènes aussi !
Ici, ni dieu, ni diable pantelant. Vivement que les forains installent leur « Train fantôme », place de Verdun à Pau. C’est plus fun. Reprise de la descente, entre bruine, crachin et neige fondue.
Passage devant une ferme, située à deux pas de la voie. L’homme, béret visé sur la tête, apparait. Dialogue :
Nous : « Le train, à quelle heure il passe ? »
Lui : « Laissez le train là où il est. On fera des économies »
Fermez le ban. Ne pas lui demander plus. Depuis longtemps, il s’est déjà installé sur les remblais et la voie.
La faim tenaille l’équipe humide. Une grange pleine de bottes de paille l’accueille. Pause casse-croûte. Tentative de séchage.
Les séquences « ronces-branchages, viaducs, tunnels » reprennent. Un dernier effort. Passage du camping d’Urdos. La gare est là. La voiture aussi. En manque, la collective continue son chemin pour parcourir l’ultime viaduc en aval d’Urdos. Bon état pour lui et pour le tunnel qui le suit.
Quand donc les autorités vont-elles remettre en état cette ligne ? Il n’en coutera que 300 à 400 millions pour le tracé Bedous-Canfranc et presque autant pour Canfranc-Huesca. La réhabilitation du tracé Oloron-Bedous n’a couté qu’un petit 115 millions. Vive l’ivresse des inaugurations !
A Urdos, un intéressant panneau, planté à deux pas de la gare, rappelle les courtes années de gloire de la ligne. Ce fut pendant la deuxième guerre mondiale : les franquistes envoyaient leurs matières premières aux nazis. En retour, les juifs, gaullistes, agents secrets, pilotes alliés tentaient de passer la frontière pour retrouver la liberté.
Pour y arriver, il leur fallait descendre du train, avant la gare de Canfranc où les soldats allemands contrôlaient les passagers. Il leur restait à passer par les cols du Somport et du Pourtalet ou, plus discrètement par le col des Moines, celui de Pau etc. Ceux-là, au Caf de Pau, on les connait bien !
A Bedous, pot traditionnel et excellent tourteau à l’anis offert par Christine, tarbaise de l’étape. Jean-François sort de sa poche la page « Wikipedia » relative au « Canfranc ». Nouvelle plongée dans l’histoire d’une ligne qui ne laisse pas indifférent. Le coeur en demande sa réouverture. Le portefeuille se veut plus prudent. Qui prendra le dessus ?
Merci à Jean-François pour cette randonnée culturelle. Restait pour lui à savoir où la classer dans son compte-rendu : sortie spéléo avec la traversée des 7 tunnels aussi noir que le gouffre (assez proche) de la Pierre St Martin, sortie rando-aventure avec les incessants zig-zags entre ronces et branchages divers ou tout simplement rando-patrimoniale. Une catégorie qui reste à créer au CAF…

– par Beñat
Bernard Boutin
2 avril 2017

– Le verdict du GPS (croisé avec les évaluations faites sur la carte IGN et Basecamp) : Dénivelé : +114m / -430m, point le plus haut : 1068 m (gare des Forges d’Abel), le plus bas : 715 m (gare Urdos), durée de marche effective 4 h, distance parcourue : 13 kms
– Encadrants : JEAN-FRANCOIS AVRIL
– Participants : JEAN-YVES AMYOT, BERNARD BOUTIN, BRUNO LAHALLE, CHRISTINE MAISONGROSSE, DELPHINE MONTAGNE,
– Les randos d’avant : c’est
– Passez le curseur de votre souris sur les photos pour faire apparaitre les commentaires ou cliquez sur la première photo pour dérouler le diaporama.

 

 

 

A propos Bernard Boutin

A 7 ans, mon père me trainait au tour du pic du Midi d’Ossau, en Béarn. A 17 ans, je faisais du stop avec mes skis de randonnée. Je me souviens qu’à la nuit tombée, à la sortie de Tarbes, un paysan me chargeait. Arrivé en rase campagne, en sortant les skis de la bétaillère, ceux-ci étaient plein de purin ! La passion était plus forte que ces petits désagréments. A 27 ans, je quittais un bon « job » à la Défense, pour « descendre » aux Pyrénées. A 37 ans, avec quelques copains, nous grimpions, en ski de randonnée, le Vignemale, le Balaitous et quelques autres… A 47 ans, 57 ans, les Pyrénées toujours. On l’aura compris, pour moi, sans les Pyrénées, point de respiration.
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2 commentaires pour Rando « patrimoniale » : Forges d’Abel – Urdos par « le Canfranc »

  1. Françoise Barrau dit :

    Eh bien Bernard voilà une randonnée pour le moins hétéroclite……. et les crampons à l’envers, ouille ouille ouille!
    Encore une fois plaisir de lire un beau CR bien imagé avec l’expression toujours vive et mutine
    Merci pour les photos d’un circuit ignoré (à part les Forges d’Abel)
    Amitiés montagnardes
    Françoise Barrau

    • Merci. Je ne sais pas quand la ligne est le mieux à parcourir. Les ronces en été, en pleine vigueur, doivent être pénibles. Cela reste cependant une sortie intéressante car tellement différente. Bernard

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