Pico Serrato en boucle (acte II) – Très exigeant mais tellement beau !


Sous le pic, l'ibón de Xuans

Sous le pic, l’ibón de Xuans

Départ : Balneario de Panticosa
Destination : Pico Serrato (2885m) en boucle par les lacs de Lavaza, Serrato, Bramatuero et Bachimaña
Qui : Mariano et Beñat
Quand : 21 septembre 2016

C’est une histoire de gagne. Deux jours auparavant, une neige précoce nous avait contraint à abandonner dans la montée au pic Serrato (2885m). Inacceptable ! 48 heures plus tard est venu le moment de la revanche. A la clef : gravir le pic et faire ensuite une boucle pour longer 8 lacs majeurs.  En prime : en voir, à l’horizon, au-moins autant ! Sur le papier, cette boucle est tout simplement « magique ».

Point de départ : le Balneario de Panticosa qui mélange architecture moderne, classique et… de vieux, mais aussi récents, bâtiments à l’abandon. La crise financière de 2008 a frappé. Certains édifices modernes, conçus par des architectes de renom, sont déjà fermés et s’abiment irrémédiablement. Le Balneario de Panticosa : une atmosphère à part dans les Pyrénées.

Montée, franche et en zigzag, dans une forêt de pins noirs. Pas d’estive ici. Les rochers apparaissent avant les premiers lacs, celui de Serrato suivi de ceux de Lavaza et de Lavaza supérieur. Le terrain devient exclusivement minéral.
Seul des cairns marquent l’orientation. Peu ou pas de sentes, même animales ! Attention maximum à chaque pas. Un rocher a vite fait de basculer dans un sens ou un autre, entrainant le randonneur dans une chute aux résultats improbables.
Le chaos nous entoure. Rien ne pousse. Pas un bruit. Pas un animal. Terres inhospitalières. C’est beau.

Passé le lac de Lavaza supérieur, le col, situé entre le pic Serrato et la Diente de Batanes, est franchi. L’exercice change avec une « progression » sur la crête qui monte directement au pic Serrato. Il s’agit de ne pas « plonger » à gauche ou à droite suite à une faute d’inattention. Fatal surtout à gauche. Main au rocher régulièrement. Que faire des bâtons si utiles auparavant ? Pliés, ils sont sur les sacs.

Les rochers ne sont pas plats mais plutôt verticaux, comme plantés là par une puissance souterraine inconnue. L’Ardiden, situé assez loin de là, présente la même configuration. Ces mouvements géologiques sont surprenants. Quelle main se cache derrière cela ?
Magnifique vue plongeante verticale sur le lac de Xuans, situé directement sous nous. Sommet atteint. Un peu de fatigue.

Le panorama à 360° est magnifique. Mariano le mettra en ligne sur son site. Neige sur le versant nord de Gavarnie. Un Vignemale, inhabituel, vu de loin par son côté ouest. La Collarada, précédente rando, est bien visible à l’ouest. On pourrait passer des heures à identifier les sommets…

Il reste les 2/3 du parcours à réaliser. Trêve de rêveries après une rapide pause casse-croûte et la photo d’usage : « Nous y étions ! ».

Descente assez facile. Les bâtons reprennent leur rôle amortisseur et sécurisent un cailloutis fin qui ne demande qu’à filer sous les jambes. Le chaos rocailleux prend la suite. Un tracé peint, blanc et noir, donne la direction. C’est mieux que rien. Pour un sentier, il faudra attendre de dépasser le lac de Bramatuero Alto. Il approche.

A une quinzaine de mètres, un izard et son petit nous observent un long moment. Ils n’ont pas peur de l’homme ! Terres sauvages à 100 %. Ils ne savent pas que l’homme est le pire des prédateurs. Un peu plus bas, il en sera de même avec des marmottes, bien familières en ces lieux inhabités.

Le lac passé, commence enfin une longue descente vers le lac de Bramatuero Bajo. Belles couleurs pour cette longue vallée. Des mares, entourées de tourbes recouvertes de linaigrettes, précédent le lac. Les tourbières : de beaux endroits primaires.

Le lac est en fait un barrage. Un lâcher d’eau est en cours. Passer le gave sera compliqué au moment d’arriver à lac suivant, l’ibón de Bachimaña Alto.
Après « main au rocher » commence la séquence « pied à l’eau ». Il y a encore trop à marcher pour prendre le temps de se déchausser. Flop, flop dans les chaussures. Un mal pour un bien : cela rafraîchi les pieds, mis à l’épreuve depuis de longues heures.

Le contournement de lac de Bachimaña permet de belles vues sur le pic Serrato. C’est incroyable cette capacité qu’à l’homme de parcourir de si grandes distances en si peu de temps.
Au bout du lac, derrière le barrage, le refuge de Bachimaña domine un lac de plus : Bachimaña Bajo. Quel manque d’originalité que ces noms ! Alto ou Bajo : trop facile…

Retour à la civilisation : Pepsi pour Mariano et double café pour moi. Repos syndical de 15 minutes.

Il reste encore 1h30 de descente. La vallée s’encaisse. Forêts de sapins, noir à nouveau. Cascades et petites estives. Un final plutôt sympa.

Quelques randonneurs, qui ne sont pas allés plus loin que le refuge, souffrent dans une descente… caillouteuse. Décidément, les rochers, cailloux et autres pierres nous auront poursuivi durant toute la journée.

Belles vues sur le Balneario de Panticosa. Rando terminé. Une grande sortie. A refaire ? Pas si sur vu l’engagement physique…

– par Beñat
Bernard Boutin
22 septembre 2016

– Le verdict du GPS (avec toutes les réserves habituelles à accorder à ces « engins ») : Dénivelé : 1522 m, kilomètrage : 22,9, durée de la sortie : 10h15, vitesse moyenne : 3,2 kms/h (heures marchées), point le plus haut : 2885, point le plus bas : 1640
– L’équipe et le crédit photo : Mariano de Gracia et Beñat
– Le « Topo de Mariano » : ICI (parution dans à venir)
– Les randos d’avant : c’est
– Passez le curseur de votre souris sur les photos pour faire apparaitre les commentaires ou cliquez sur la première photo pour dérouler le diaporama.

A propos Bernard Boutin

A 7 ans, mon père me trainait au tour du pic du Midi d’Ossau, en Béarn. A 17 ans, je faisais du stop avec mes skis de randonnée. Je me souviens qu’à la nuit tombée, à la sortie de Tarbes, un paysan me chargeait. Arrivé en rase campagne, en sortant les skis de la bétaillère, ceux-ci étaient plein de purin ! La passion était plus forte que ces petits désagréments. A 27 ans, je quittais un bon « job » à la Défense, pour « descendre » aux Pyrénées. A 37 ans, avec quelques copains, nous grimpions, en ski de randonnée, le Vignemale, le Balaitous et quelques autres… A 47 ans, 57 ans, les Pyrénées toujours. On l’aura compris, pour moi, sans les Pyrénées, point de respiration.
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3 commentaires pour Pico Serrato en boucle (acte II) – Très exigeant mais tellement beau !

  1. Mariano dit :

    Merci Bernard pour cette belle virée

  2. Barrau Françoise dit :

    Encore un compte rendu délicieusement décrit ; j’adore !!
    Bravo à vous deux d’avoir réitéré aussi rapidement, mais la tentation de revenir dans ces magnifiques endroits …..
    Très beau parcour où l’on se sent c’est vrai parfois au bout du monde, et l’on garde longtemps dans sa tête ces superbes images, et la sensation d’une belle chose accomplie.
    Amitiés montagnardes
    Françoise

    • Je comprend maintenant pourquoi vous aimez ce compte-rendu : vous avez fait la balade. Vous vous y retrouvez !!! C’est bien ainsi.
      Nous, communauté des randonneurs pyrénéens, avons toujours des ressentis lors de nos sorties. C’est ce que dois rendre dans mes écrits.
      Bien à vous
      Beñat

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