J 44 Béhérobie – Roncevaux : Bruine et brouillard sans fin


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Albergue de Roncesvalles : Tout séchera-t-il ?

Le guide Trans’Pyr l’avait annoncé : en Pays Basque, le brouillard peut être fréquent ! La journée commence pourtant par une autre galère. Les fougères, hautes de près de 2m, ont envahie la sente qui démarre dès la sortie de l’hôtel.

Il faut grimper près de 400 m de dénivelé sur une pente raide et obstruée de fougères. Les bâtons servent de machettes. On se croirait dans une progression de commando, quelque part au fin fond du Vietnam. La végétation étant humide, les chaussures et pantalons trinquent. Deux heures de combat contre la végétation.

Un moment bien pénible qui le devient plus encore avec l’arrivée du brouillard et de la bruine. Le GPS prend, une fois de plus, le relais. La visibilité est réduite à quelques mètres quand nous rentrons en Espagne au col d’Organbidé. Les ponchos sont sortis depuis un moment.

Un large mouvement contournant permet de rejoindre le col d’Arnostéguy (1236). Nous sommes de retour sur la crête frontière (borne 205). Il pleut carrément. Au col, nous ne voyons que les flèches directionnelles. Les pieds pataugent dans les chaussures.
Passé la borne 200, nous rejoignons le chemin de St Jacques de Compostelle. La sente se transforme en un large chemin empierré. Les panneaux, jaune et bleu ornés de la coquille, se font réguliers. Ici, il n’est plus besoin de GPS, il suffit de suivre la piste et les pèlerins qui apparaissent régulièrement dans le brouillard. Beaucoup semblent avoir entrepris le chemin depuis Saint Jean Pied de Port.

Au col de Lepoeder, nous faisons une infidélité à la HRP en décidant de continuer à suivre le chemin de St Jacques pour aller passer une soirée à Ronceveaux, étape très connue des pèlerins. Le lendemain, pour rejoindre la HRP, il suffira de repartir plein nord et, après 1,6 km, rejoindre le col de Roncevaux ou port d’Ibañeta. Une brève infidélité pour éviter une étape qui aurait été autrement de 35 kms.

A Roncevaux, de magnifiques bâtiments attendent les pèlerins avec une imposante collégiale qui remonte au XIIè siècle, l’église Santa Maria et un musée-bibliothèque. A visiter un autre jour. Sous le soleil.

Quant aux HRPistes, à l’Auberge de Roncesvalles, ils passeront de longs moments à nettoyer leurs affaires et essayer de faire en sorte qu’elles soient sèches pour le lendemain. Les journaux rejoignent le fond des chaussures qui passent sur le rebord de la fenêtre pour tenter de sécher sous un maigre soleil, régulièrement caché par le brouillard. Un temps à ne pas mettre un pèlerin dehors !

A l’Auberge, le diner sera digne d’un pénitent avec une maigre soupe de légume, une truite avec des frites sans fioritures et… un cornet de glace pour terminer. Mais bon, on ne fait pas St Jacques pour la gastronomie…

Bonne nuit dans une chambre agréable.

– par Bernard Boutin

Nota :
– Le verdict du GPS, Béhérobie – Roncevaux : 3,6 k/h, 5h10 de marche,6h30 de rando, 19,3 kms parcourus, 1076 m de dénivelé positif, plus haut : 1427 m, plus bas : 342 m.
– Les précédentes étapes de la traversée des Pyrénées, d’est en ouest, pour  la « mule et son intello » : c’est ICI
– Crédit photo : Jérome Brosseron et Bernard Boutin
– Passez le curseur de votre souris sur les photos pour faire apparaitre les commentaires

A propos Bernard Boutin

A 7 ans, mon père me trainait au tour du pic du Midi d’Ossau, en Béarn. A 17 ans, je faisais du stop avec mes skis de randonnée. Je me souviens qu’à la nuit tombée, à la sortie de Tarbes, un paysan me chargeait. Arrivé en rase campagne, en sortant les skis de la bétaillère, ceux-ci étaient plein de purin ! La passion était plus forte que ces petits désagréments. A 27 ans, je quittais un bon « job » à la Défense, pour « descendre » aux Pyrénées. A 37 ans, avec quelques copains, nous grimpions, en ski de randonnée, le Vignemale, le Balaitous et quelques autres… A 47 ans, 57 ans, les Pyrénées toujours. On l’aura compris, pour moi, sans les Pyrénées, point de respiration.
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2 commentaires pour J 44 Béhérobie – Roncevaux : Bruine et brouillard sans fin

  1. Françoise Barrau dit :

    Bravo !!! il faut de la persévérance pour évoluer dans cette jungle de fougères sous cette chape d’humidité ….
    Attention, bien vérifier que quelques tiques ne soient pas accrochées, en train de se repaitre tranquillement
    Bonne continuation Bernard !!!

  2. J’avais les tiques à l’oeil. Pour continuer, j’ai du stopper net avec un pied gros comme un ballon de rugby !!! Il reste 4 étapes pour septembre. Dommage j’aurais bien voulu terminer d’un coup. Bonnes balades plus « cool » à vous.

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