J 41 La Pierre St Martin – cabane d’Ardané Pékoa : Première journée poncho !


IMG_1170Au réveil, les cartes sont sur table : Il bruine et le brouillard règne. Ce sera le cas pour toute la journée avec le vent en prime sur les crêtes. Les ponchos sont de sortie.

Remontée au col frontière de la Pierre St Martin et longue descente sur la route, coté navarrais, jusqu’au refuge abandonné de Belagua. Les pieds sont encore au sec. Passé le refugio Militar, fermé et en piteux état, la route est, à son tour, aussi abandonnée. Les sentes nous conduisent dans l’herbe haute et épaisse. Les pieds passent en mode humide… puis trempé.

Le brouillard rend le GPS particulièrement utile pour atteindre une succession de cols et collets en ligne de crête frontière : Port d’Ourdayté, port de Bimbaleta, port de Belhay, Chokato lépoa, Uthurourdinékato portilloua. Les mots se compliquent. Les terres basques débutent ici.

Les bornes frontières se succèdent aussi les unes aux autres. Elles apparaissent toujours au dernier moment. Un bref instant, il ne bruine plus : déjeuner à la borne n°251.
Elle reprend dès la 253. Découverte d’une émouvante plaque, posée au pied de la borne n°254, « pour commémorer l’évasion par dessus des Pyrénées en 1944 de Flight Lieutenant G. G. A. Whitehead DFC. Merci aux membres de la Résistance qui l’ont aidé. Mis ici par sa famille en aout 2004 ».
Pyrénées, terre de passage. Pyrénées, symbole de liberté retrouvée pour les républicains espagnols, les juifs d’Europe, des gaullistes et militaires alliés.

Au nombre de 602, les bornes sont placées sur la « divisoria » ou ligne de partage des eaux. La n° 1 est près de l’Atlantique au bord de la Bidassoa et la n° 602 au pied du Cap Cerbère, dans la Cova Forada, en Méditerranée.
Les bornes et l’esprit HRP font bon ménage. Les unes jalonnent les crêtes pyrénéennes les plus hautes et, comme le principe de la HRP est de marcher au plus haut sur la chaine, l’un et l’autre se côtoient souvent.

Dans la brume, quelques troupeaux se rappellent à nous. Les sonnailles résonnent. On ne les voit pas. Un finit par se dévoiler. Un peu.

Descente, hors piste, à partir des flancs du Chardékagagna, en direction du cayolar d’Ardané (1327). Un peu austère d’aménagement. Ni matelas et couverture. Il est décidé de descendre, à près de 2 kms de là, à celui d’Ardané Pékoa (1156) qui a été rénové, il y a peu.

Non gardé lui-aussi, il a l’avantage de proposer des tapis de sol, sacs de couchage et de la nourriture avec un grand choix (café, soupes, pâtes etc…). Seul manque à l’appel un réchaud. Les bougies feront l’affaire et le soupe lyophilisée sera excellente.

Une fin de journée qui se termine comme elle a commencée : sans vue et sous la pluie. Face à l’humidité et au froid ambiant, la tentation de l’abandon se développe. Il suffirait de descendre sur le village de Larrau. Il est décidé… de ne pas décider et d’attendre de voir l’état du temps le lendemain matin.

Les vieux journaux sont glissés dans les chaussures pour en pomper l’humidité. Le lendemain, ce sera mieux mais encore insuffisant. Les vêtements pendus essayent eux-aussi de sécher. Succès mitigé selon les qualités.

Bonne nuit (même si la couchette en bois est un peu dure)

– par Bernard Boutin

– Le verdict du GPS, La Pierre St Martin – cabane d’Ardané-Pékoa : 3,7 k/h, 5h35 de marche, 7h10 de rando, 22,6 kms parcourus, 577 m de dénivelé positif, plus haut : 1771 m, plus bas : 1141 m.
– Les précédentes étapes de la traversée des Pyrénées, d’est en ouest, pour  la « mule et son intello » : c’est ICI
– Crédit photo : Jérome Brosseron et Bernard Boutin
– Passez le curseur de votre souris sur les photos pour faire apparaitre les commentaires

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Pas un temps à sortir dehors !

A propos Bernard Boutin

A 7 ans, mon père me trainait au tour du pic du Midi d’Ossau, en Béarn. A 17 ans, je faisais du stop avec mes skis de randonnée. Je me souviens qu’à la nuit tombée, à la sortie de Tarbes, un paysan me chargeait. Arrivé en rase campagne, en sortant les skis de la bétaillère, ceux-ci étaient plein de purin ! La passion était plus forte que ces petits désagréments. A 27 ans, je quittais un bon « job » à la Défense, pour « descendre » aux Pyrénées. A 37 ans, avec quelques copains, nous grimpions, en ski de randonnée, le Vignemale, le Balaitous et quelques autres… A 47 ans, 57 ans, les Pyrénées toujours. On l’aura compris, pour moi, sans les Pyrénées, point de respiration.
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3 commentaires pour J 41 La Pierre St Martin – cabane d’Ardané Pékoa : Première journée poncho !

  1. karouge dit :

    pour la photo n°1 (descente vers le refuge de Belagua) : « peaton, anda a la izquierda »!

  2. Le deuxième personne qui me le dit ! Y avait pas de circulation… pero tienes razón

  3. Françoise Barrau dit :

    Ou la la, il faut du coeur à l’ouvrage pour marcher dans ces conditions
    Mais à la borne 251, le sourire était là, peut-être à l’idée de partager un bon saucisson ; c’est toujours un bon moment !
    J’espère Bernard que votre pied va mieux ! …..
    Bonne continuation !!!

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