J 40 Lescun – La Pierre St Martin : Calcaire, gouffres et rochers tranchants au Pic d’Anie


IMG_1138Le guide Trans’Pyr l’avait annoncé. L’étape du jour est « godillot rouge » ! A l’arrivé, il y aura plus de 1400 m de dénivelé et 20 kms de parcourus. En tout cas, ce fut une des plus belles étapes de la Traversée des Pyrénées.

L’entame « franche » annonce le godillot, avec la raide remontée de la forêt du vallon d’Anaye depuis le plateau de Sanchèse (1100). Passée la forêt, il faut « fendre » l’herbe haute (et humide) pour rejoindre le cayolar d’Anaye. Le berger, qui vient de monter avec ses bêtes, achève sa soupe et se prépare à faire chabrot. Il est 8h30 du matin !

Les gourdes remplies, il s’agit de faire le tour, par l’ouest, du pic de Countendé. La trace est immergée dans l’herbe. Les chaussures sont trempées en un rien de temps. Le Gortex n’y peut rien. La courbe de niveau monte très lentement : 1500 au cayolar d’Anaye, au SE du pic et 1800 au NE. De l’estive, encore de l’estive, toujours de l’estive. Manquent les moutons !

Les Orgues de Camplong se dévoilent. Un beau spectacle qui appelle la contemplation. C’est cela aussi la traversée : contempler, se rassasier, se bourrer la tête de paysages beaux, tranquilles, serins.
Un peu plus loin, un animateur de randonnées retape le cayolar de Lacure. C’est son coin de paradis face aux Orgues. On le comprend…

Le contournement du pic de Coutendé s’achève. Le GR 10 qui arrive du refuge de Labérouat est presque rejoint. Il fait un virage à 90° pour filer vers le nord et le Pas de l’Osque. Notre trace prend la direction du sud-ouest. Pourtant les randonneurs sur le GR et la HRP se retrouveront tous au même endroit à l’arrivée : le refuge Jeandel à la Pierre St Martin.

La pente devient toujours plus raide pour atteindre le col des Anies, situé entre le Soum Couy (2315) et le pic d’Anie (2504). La neige est de retour. Elle avait disparue au Peyreget, il y a 3 jours !

L’univers calcaire des Arres d’Anie est là avec ses gouffres, rochers tranchants et crevasses. Impressionnant et inquiétant à la fois. Un pont à neige qui cède et la chute peut être fatale. Sans brouillard, le cheminement est assez simple d’autant plus que des cairns marquent la trace.

Au col, un izard, nargueur, nous observe depuis une crête du Soum Couy. La pyramide de l’Anie attire mais sa montée sera pour une autre fois. Trop de dénivelé pour une seule journée. Pause repas.
Etrange dans cet univers de calcaire, un couple arrive en courant du sommet du pic, « baskets » au pied. Ils viennent de faire une boucle en « trail » et repartent au parking du col de la Pierre St Martin. Des « oiseaux rares » ! Les seuls que nous croiserons dans ce secteur.

Traversée des affleurements calcaires, sondages des ponts à neige, le journée n’est pas terminé. Il faut encore atteindre Pescamou et les estives qui vont nous conduire au refuge Jeandel à La Pierre St Martin. Il sera atteint avec l’aide, à nouveau, du GPS. Le brouillard s’est à nouveau levé mais trop tard pour gâcher la fête. Les Arres d’Anie sont une étape à ne pas râter dans la traversée.

Accueil agréable au refuge Jeandel. Ambiance chalet « suisse ». Bonne garbure, boeuf bourguignon, flan maison pour diner.

– par Bernard Boutin

– Le verdict du GPS, Lescun – La Pierre St Martin : 3,2 k/h, 6h05 de marche, 8h50 de rando, 20,3 kms parcourus, 1405 m de dénivelé positif, plus haut : 2090 m, plus bas : 900 m.
– Les précédentes étapes de la traversée des Pyrénées, d’est en ouest, pour  la « mule et son intello » : c’est ICI
– Crédit photo : Bernard Boutin
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Refuge Jeandel : Chalet Suisse en Béarn !

Refuge Jeandel : Chalet Suisse en Béarn !

A propos Bernard Boutin

A 7 ans, mon père me trainait au tour du pic du Midi d’Ossau, en Béarn. A 17 ans, je faisais du stop avec mes skis de randonnée. Je me souviens qu’à la nuit tombée, à la sortie de Tarbes, un paysan me chargeait. Arrivé en rase campagne, en sortant les skis de la bétaillère, ceux-ci étaient plein de purin ! La passion était plus forte que ces petits désagréments. A 27 ans, je quittais un bon « job » à la Défense, pour « descendre » aux Pyrénées. A 37 ans, avec quelques copains, nous grimpions, en ski de randonnée, le Vignemale, le Balaitous et quelques autres… A 47 ans, 57 ans, les Pyrénées toujours. On l’aura compris, pour moi, sans les Pyrénées, point de respiration.
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