Rando solo – Boucle du Pic de Merdanson : La vie, la mort, les esprits


La forêt le long de l'Espougnère

La forêt le long de l’Espougnère

Départ : Au-dessus des piscicultures de Pédéhourat
Destination : Pic de Merdanson
Qui : Rando en solitaire
Quand : 19 avril 2016

Doté de la trace des Topo-randos de Mariano, me voilà parti, pour faire, dans le sens contraire de aiguilles d’une montre, la boucle qui conduit de Pédéhourat au Pic de Merdanson et retour par les cols de Pan, Nabails et d’Isou.

Le départ est bas : 530 m. Le printemps est à l’oeuvre. Les bourgeons, les fleurs éclosent, les oiseaux chantent. Tous ensemble, ils repoussent la grisaille hivernale. La vie reprend ses quartiers. Rien ne l’arrêtera plus. Pour l’instant du moins.

La grimpée au col de Merdanson qui précède le pic est franche. Le rythme reste cependant toujours assez égal. Un bel effort de reprise après le ski de randonnée.

Mariano avait trouvé un panneau indicateur à terre. Il l’avait remis en place. Il est à nouveau à terre. Je le remet en place jusqu’au… prochain coup de vent du sud. Il faudrait une pelleteuse (mini) pour creuser un vrai trou. Les cailloux le bloquent en attendant.

Un peu de neige à partir de l’abreuvoir de Merdanson. Au col, la vue s’ouvre en grand vers le sud : tout proches les pics Durban et le Jaüt. Un peu plus loin, le massif du Gabizos. Il y en a tant à voir ! D’autres le disent tellement mieux que moi. Se taire.

Se taire justement. Un vilain hélicoptère tourne en rond dans ce petit coin de paradis. Damn ! Qui contrôle les plans de vols de ces bruyants rapaces ?

Au pic de Merdanson : repos et repas. Ces pics, à l’entrée de la chaine, inspirent calme et détente. Ils nous orientent vers le sud.

Sur le chemin du retour, je pique plein sud, par curiosité, pour découvrir la cabane qui est sous le col de Nabails.

Cabane sous le col de Nabails

Cabane sous le col de Nabails

Surprise totale à l’arrivée. Des pattes longues et poilues sont allongées à l’entrée de la cabane. Une bête est là. Morte. Mes yeux pénètrent l’obscurité. Le squelette est en état et les chairs encore sanguinolentes. La tête au fond a l’air piteuse. Quel drame s’est-il donc joué dans cette cabane ? Que faisait cet animal ici ?

Par le toit, les cornes apparaissent plus clairement. L’identification se simplifie à la vue d’une paire de cornes magnifiques : Un mouflon ! Bien plus grand qu’un izard.

Pour une première rencontre avec cet animal, que le « Parc National » réintroduit depuis peu, c’est plutôt raté. Quelques clichés pris pour les adresser au Parc et remontée au col de Nabails pour entreprendre une longue descente.

Près de l’arrivée, la forêt se transforme. La mousse l’assaille de toute part. Pas un espace de terrain n’est laissé libre. Les humides faces nord permettent de découvrir des atmosphères qui pourraient rappeler les forêts tropicales.

C’est beau une forêt qui croule sous la végétation d’autant plus que le vert pâle des nouveaux feuillages perce parmi les mousses plus sombres.

Les autochtones, dans les forêts tropicales d’Asie du Sud-Est, croient que les esprits des anciens les peuplent. Qu’en est-il pour les animaux ? L’esprit du mouflon me suivait-il des yeux dans cette descente finale ?

– par Beñat

Le verdict du GPS (avec toutes les réserves habituelles à accorder à ces « engins ») : dénivelé 1159 m, point le plus haut 1533 m, point le plus bas : 530 m, distance parcourue 15,1 kms, 4h24 de déplacement, 7h10 de sortie, vitesse 3,4 k/h.

– Les randos d’avant : c’est
– Passez le curseur de votre souris sur les photos pour faire apparaitre les commentaires

 

A propos Bernard Boutin

A 7 ans, mon père me trainait au tour du pic du Midi d’Ossau, en Béarn. A 17 ans, je faisais du stop avec mes skis de randonnée. Je me souviens qu’à la nuit tombée, à la sortie de Tarbes, un paysan me chargeait. Arrivé en rase campagne, en sortant les skis de la bétaillère, ceux-ci étaient plein de purin ! La passion était plus forte que ces petits désagréments. A 27 ans, je quittais un bon « job » à la Défense, pour « descendre » aux Pyrénées. A 37 ans, avec quelques copains, nous grimpions, en ski de randonnée, le Vignemale, le Balaitous et quelques autres… A 47 ans, 57 ans, les Pyrénées toujours. On l’aura compris, pour moi, sans les Pyrénées, point de respiration.
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2 commentaires pour Rando solo – Boucle du Pic de Merdanson : La vie, la mort, les esprits

  1. Françoise Barrau dit :

    Une randonnée que je ne connais pas, certainement agréable, et que personne ne dit aussi bien, surtout ne vous taisez pas !!!
    Toujours un immense régal pour moi que la lecture de vos publications
    Pauvre mouflon, que lui est-il arrivé?
    Hier, j’étais au Tuc du Plan de la Serre par le col du Portillon avec Mariano : point de vue de toute beauté, du massif de la Maladeta jusqu’au pic du Midi de Bigorre pour les sommets enneigés.
    Et gros coup de coeur en arrivant au col de Barèges lorsque petit à petit les hauts sommets enneigés se dévoilent
    Au plaisir de vous lire
    Amitiés montagnardes
    Françoise

  2. Réponse du Parc National : La photo ne me fait pas spontanément penser à un mouflon,  plutôt à un bouc dont la race m’est inconnue (bouc pyrénéen probablement). Les mouflons sont reconnaissables à leurs épaisses cornes enroulées en spirales. Ce n’est pas le cas sur la photo.

    Commentaire : Comment un bouc, animal « domestique », a-t-il pu passer l’hiver seul à 1400 m d’altitude ?

    Bouc pyrénéen

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