GRT11 – Baliseur : Hommage à ces anonymes qui rendent la randonnée possible


L'art du balisage

L’art du balisage

Pierre Grand est « baliseur » auprès du comité départemental de la Fédération Française de Randonnée. Il a, avec près d’une centaine de baliseurs du comité, la tâche de maintenir en état environ 1000 km de GR® (Chemins de Grandes randonnées) dans les Pyrénées Atlantiques. Chaque baliseur doit donc s’assurer que les célèbres marquages, rouges et blancs, soient bien visibles et les sentiers praticables sur une distance d’environ 10 kilomètres. Travaillant en binôme, c’est en fait 20 kms que Pierre surveille pour le bénéfice de milliers de randonneurs et de pélerins qui traversent les Pyrénées Atlantiques dans tous les sens.

Avec son petit seau, ses pots de peinture rouge et blanc, ses pots remplis d’eau pour nettoyer les pinceaux, son racloir, son grattoir, son sécateur, son cutteur, le baliseur arpente, en Béarn et en Pays Basque, les chemins qui permettent aux pèlerins de traverser les Pyrénées Atlantiques en direction de l’Espagne pour rejoindre St Jacques de Compostelle. Il y a quatre voies à « flécher » : celle d’Arles, celle de Vézelay, celle du Puy en Velay et celle de Tours.

Il entretient aussi la signalétique du célèbre GR10 qui longe le versant nord des Pyrénées de part en part; un sentier particulièrement utile pour ces randonneurs qui font la traversée des Pyrénées. Il ne faut pas oublier aussi le GR78 qui longe le Piémont Pyrénéen*.

Depuis peu, le célèbre « chemin Henri IV », est balisé depuis Pau jusqu’à Lourdes. En fait, il part de Lescar pour permettre aux pèlerins qui vont sur Compostelle de « faire un saut » à Lourdes s’ils le désirent. Un aller et retour de 70 kilomètres ! Une paille, quand on sait que les pèlerins en font des centaines !

Le comité départemental développe actuellement des GR Transfrontaliers permettant de relier le GR10 français au GR11 espagnol qui longe tout le versant sud de la chaine pyrénéenne. L’ouverture de ces GRT, qui empruntent de nombreux cols d’altitude, a permis de créer des boucles sur l’ensemble du massif. De tout temps, ces chemins ont été empruntés par les populations des deux versants des Pyrénées : conquérants, contrebandiers, bergers ou encore passeurs lors de la seconde guerre. Ces boucles des GRT ont un réel intérêt historique et… sportif.

Bénévoles, souvent solitaires, les baliseurs sont avant tout des anonymes auxquels le randonneur, qui passe à coté du double trait rouge et blanc, ne pense pas. Sans eux, les vallées ne seraient pas reliées par des sentiers praticables, les randonneurs ne les passeraient pas et toutes une économie de gites, refuges, auberges végéterait ou disparaitrait.

Les photos ci-dessous ont été prises, alors que nous accompagnions, Pierre Grand, qui, sorties après sorties, fait peu à peu progresser le GRT11 qui doit relier Logibar (près de Larrau où passe le GR10) à la frontière où ses homologues espagnols vont s’assurer de le relier au GR11.

Logibar est situé à 400m d’altitude. Le col d’Uthuroudinétako Poralloua que doit atteindre le GRT11 se situe à 1663m. Il emprunte des sentiers que seuls les bergers connaissent.

Ce jour-là, Pierre portait dans son sac 3 jalons en bois qu’il savait où planter pour indiquer la direction à suivre sur les hautes estives où le rocher est, quelques fois, plus rare et donc pas « peignable ». Les jalons plantés, vers 1490 m, notre baliseur, repris sa marche dans le sens de la descente, non sans avoir, au préalable, repéré les endroits où planter les pieux suivants et enfin atteindre la crête frontalière. Une fois de plus, il lui faudra remonter en direction du col (au nom imprononçable !) sinon le sentier ne se terminera pas et ne rejoindra pas les topos de la Fédération.

Ce jour-là, notre randonnée fit plus de 20 kilomètres et 1250m de dénivelé. Une longue journée : repérer des rochers à peindre, s’assurer qu’ils soient visibles du randonneur, gratter le rocher, sortir les pinceaux, tracer deux traits strictement parallèles (l’un rouge, l’autre blanc), nettoyer les pinceaux, reprendre sa marche. Et encore, et encore etc. Baliseur : un véritable sacerdoce qu’il convient de saluer !

Bien entendu, l’abnégation que demande le travail du baliseur à quelques contre-parties : Traverser la belle passerelle d’Holzarté, longer la cascade de Pista, voir le Pic d’Orhy depuis les pentes de Béhilogia et revoir le magnifique pont naturel, taillé dans la roche par les eaux, dans le bois de Beltzourti. Un pont à rechercher parmi les broussailles, au milieu de nulle part (voir photo**). Rencontrer aussi le berger et l’aubergiste. Baliseur, un rôle social apprécié des locaux, et indispensable pour les randonneurs (et pélerins) d’ailleurs.

– par Bernard Boutin

Le verdict du GPS : déplacement 5h31, sortie : 9h14, trajet : 20,5 kms, dénivelé 1250m, plus haut : 1490m, plus bas : 400m, 4,2 kms/heure

Pour mieux visualiser l’ensemble des sentiers, gérés dans le 64 par le comité départemental de la Fédération Française de Randonnée, se reporter au site : C’est ICI 

**  magnifique pont naturel, taillé dans la roche, par les eaux dans le bois de Beltzourti : Un lecteur peut-il nous en dire plus sur ce pont ? et son nom pour commencer.

A propos Bernard Boutin

A 7 ans, mon père me trainait au tour du pic du Midi d’Ossau, en Béarn. A 17 ans, je faisais du stop avec mes skis de randonnée. Je me souviens qu’à la nuit tombée, à la sortie de Tarbes, un paysan me chargeait. Arrivé en rase campagne, en sortant les skis de la bétaillère, ceux-ci étaient plein de purin ! La passion était plus forte que ces petits désagréments. A 27 ans, je quittais un bon « job » à la Défense, pour « descendre » aux Pyrénées. A 37 ans, avec quelques copains, nous grimpions, en ski de randonnée, le Vignemale, le Balaitous et quelques autres… A 47 ans, 57 ans, les Pyrénées toujours. On l’aura compris, pour moi, sans les Pyrénées, point de respiration.
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