La Munia : formation « sécurité » pour randonnée alpine


La Munia : toit de Troumouse !

Départ : parking du Cot (cirque de Troumouse)
Destination : pic de La Munia (3133)
Date : 1et août 2018
Encadrants : Michel Thomas et Stephane Arribarat
Participants : Ghislaine de Rincquesen, Chantal Loustau, Cathy Roques et Bernard Boutin
Météo : Beau temps chaud dans la vallée.

Michel Thomas, épaulé par Stephane Arribarat, nous avait concocté une journée de formation où le mot clef était « sécurité » en randonnée alpine. Rappel, main courante, progression sur neige (avec ou sans crampons) et assurage sur rocher allaient donner un contenu dense à la sortie. Un magnifique « terrain de jeux » était au programme pour l’occasion : le cirque de Troumouse et son sommet emblématique : La Munia.
Réveil 4h30. Troumouse, c’est loin ! Décollage depuis le parking Laclau à 6h pile. L’énergie des hommes est incroyable : plus il faut se lever tôt, plus les randonneurs sont à l’heure. Au CAF de Pau, le célèbre « quart d’heure béarnais » a subit l’estocade, une fois pour toute. Au parking-relais d’Argelès, pour Michel et Stéphane, c’est aussi le « quart d’heure bigourdan » qui est moribond. Parité parfaite pour la collective : 3 filles dans une voiture, 3 garçons dans l’autre. Du beau monde en tout cas : 5 encadrants sur 6 participants.
8h et des broutilles : la collective démarre devant un magnifique cirque que le soleil commence à lécher. Session marche « cool » sur estive suivi de cheminement sur rocaille sans fin. Cap, plein Est,vers « les deux soeurs ».
Fond du cirque. Un raide couloir enneigé apparait sur notre droite : « C’est par là ! ». Sommes à 2400m. Les soeurs étaient plus accessibles mais voilà neige et rocher ont nos faveurs ! Pose des crampons et montée pied amont planté droit dans la neige, pied aval plutôt en travers. La neige est ferme sans plus. Les crampons accrochent bien. Concentration. Interdit de dévaler la pente à 45°. A l’accueil bas : méchante « caillasse » ! Marchons groupés.
La névé finit par disparaitre et le rocher prend la suite. Toute la face nord du cirque n’est pas particulièrement herbeuse ou fleurie. Rocky Mountains here ! Le cheminement continue, direction SSO, vers le col de la Munia, à gauche du Mount Arrouy. Alternance de pierrailles et de neige. 2840m : le col est atteint. La vue au sud s’ouvre avec, en dessous de nous, les lacs de la Munia encore partiellement enneigés ! Nous sommes le 1er août !
Depuis le col, pour Mézigue, revoir, en face au SO, la « terrible » montée au ciel du col d’Anisclo, depuis Pinieta, et les dalles rocheuses de la Faja de las Olas, sous le Mont Perdu, fait remonter bon nombre de souvenirs d’une des plus belles étapes de la HRP d’est en ouest. Passée la Faja, s’ouvre d’un coup « sec », face au « spectateur », droit sous les yeux, le canyon d’Aniscle : magique et stupéfiant de beauté à la fois.
Reprise du cheminement en direction de la Munia. Des cairns un peu partout. Pas de trace très précise. Rando alpine. Le rocher devient plus raide. Il faut le prendre de face. Tantôt Michel ouvre la voie et Stéphane reste en protection. Tantôt l’inverse. La Munia n’est pas un pic méconnu. De nombreuses voies cairnées montent du sud (versant espagnol). Le rocher est poli par les mains. Il est glissant : méfiance.
Au mur « Passet », formation sécurité oblige, Stéphane installe une main courante. Mon « ficellou » est à la peine pour glisser vers l’amont. La prochaine fois, il faudra lui donner un tour de moins et ne pas faire passer ses boucles l’une dans l’autre. Enfin, c’est ce que j’ai compris…
Nouvel obstacle : le « Pas du Chat ». L’animal grimpe toujours en souplesse avec dextérité. La collective l’imite et « monte en libre ». Plus tard, à la descente, il sera franchi en rappel. On sait bien que les chats montent aux arbres plus facilement qu’ils n’en descendent !
Le final se fait par l’Espagne. En haut, une fragile croix de bois marque le sommet. Deux manches à balais entrecroisés. Pause bien mérité.
Un aragonais donne son explication du nom « La Munia ». Il s’agirait d’une évolution du nom que les arabes donnèrent à ce lieu : Al Munia. Il ajoute que cela veut dire la « granja » en espagnol. Traduction : la ferme. Bizarre ! Il continue en expliquant que la plupart des noms alentours ont été modifiés par un « nazi belge » pendant la guerre. Ivresse de l’altitude pour le vieux monsieur ?
Retour par le même tracé en évitant le passage au col. Deux rappels couronnés de succès par toute l’équipe.
Exercices de descente face à la pente dans la neige, piolet à la main. Solution : planter fermement les talons. Exercices de glissades sur les fesses et retournement sur le ventre pour planter, sur le côté, le piolet.
Au bout du bout, une sortie de 4 ou 5 heures prendra presque le double de temps. Une formation, sur le terrain, approfondie pour la plus grande satisfaction de Ghislaine, Chantal, Cathy et le chroniqueur.
Un dernier effort pour rejoindre le « plancher des vaches » : passer à nouveau le couloir enneigé du matin. Le recul de la neige le long de la paroi rocheuse (pour cause d’échauffement du rocher) a opportunément dégagé un étroit cheminement, raide et en pierrailles filantes sous les pieds. Main aux rocher, main à la neige et l’obstacle est passé.
Reste à traverser la rocaille et déjà apparaissent les petites familles de vacanciers. Shorts, t-shirts à manches courtes, baskets, sacs à dos légers. Deux monde se côtoient. A chacun son bonheur.
Vive les études et plus sur les sentes.

– par Beñat

Le verdict :
– Point le plus bas : 2100m (pk du Cot), le plus haut : 3133m (pic de La Munia), dénivelé : 1168m, distance parcourue : 12,4km, durée de la sortie : 9h45
– Encadrants : Michel Thomas et Stephane Arribarat
– Participants : Ghislaine de Rincquesen, Chantal Loustau, Cathy Roques et Bernard Boutin
– Les randos d’avant : c’est
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A propos Bernard Boutin

A 7 ans, mon père me trainait au tour du pic du Midi d’Ossau, en Béarn. A 17 ans, je faisais du stop avec mes skis de randonnée. Je me souviens qu’à la nuit tombée, à la sortie de Tarbes, un paysan me chargeait. Arrivé en rase campagne, en sortant les skis de la bétaillère, ceux-ci étaient plein de purin ! La passion était plus forte que ces petits désagréments. A 27 ans, je quittais un bon « job » à la Défense, pour « descendre » aux Pyrénées. A 37 ans, avec quelques copains, nous grimpions, en ski de randonnée, le Vignemale, le Balaitous et quelques autres… A 47 ans, 57 ans, les Pyrénées toujours. On l’aura compris, pour moi, sans les Pyrénées, point de respiration.
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