Peña Foratata orientale – formation 4/4 : que du bonheur !


Dominant Formigal : la Foratata (orientale et occidentale)

Départ, arrivée : station de Formigal
Destination : sommet de la Foratata orientale et boucle par le Nord autour de l’occidentale
Date : 15 juin 2018
Qui : Collective du CAF encadrée par Jean Lacazette. Co-encadrants : Cathy Roques, Michel Nogaro et Jean-Claude Mourterot
Météo : grand beau

A Formigal, la Foratata domine. Il suffit de regarder au nord, juste derrière la station. Un imposant massif rocheux de granit surplombe la station avec deux pointes : l’orientale et l’occidentale. Le massif n’est pas haut : 2319 mètres pour l’orientale, notre premier objectif.
Pour aller sous la paroi, l’approche se fait dans une herbe abondante, grasse et bien humide. L’eau suinte de partout. Echauffement aidant, la deuxième couche est retirée pour être… aussi vite remise en place ! Motif : les moustiques attaquent en escadrilles. Ils nous suivront un long moment. Même lorsque nous aurons « main au rocher ».
Les choses se corsent. Le mur est sous notre nez. C’est parti pour la formation. Jean, Cathy, Michel et Jean-Claude : 4 encadrants pour 7 participants. On pourrait croire que c’est du luxe mais, il les faut bien. La grimpe : c’est pas simple !
Une formation 4/4, si c’est la première, est une plongée dans l’inconnue. Qu’on en juge : double noeud de huit, demi-cabestan, tête d’alouette, noeud de chaise, ficelous, coinceurs, machards etc. Parler alpinisme, c’est parler langue étrangère ! Bref, on avait passé le col du Pourtalet, nous pensions devoir parler espagnol et c’est deux langues étrangères qui étaient à pratiquer. Heureusement, que nous n’étions pas en Catalogne ! Surtout ne pas croire que les formations, c’est de tout repos. Il faut tout d’abord traduire avant d’agir.
Repos sous la paroi et attaque. Main au rocher. Premiers passages sans difficulté. Les choses se compliquent. Petite vire à l’horizon. Les encadrants l’équipent. Le temps des doubles noeuds de huit, ficelous, machards etc. est arrivé. Pas compliqué, une fois que tout est en place ! Tout un savoir-faire. Un art.
Prenez le ficelou, c’est un truc génial qui permet d’avancer, ou de s’arrêter, à volonté le long de la corde. Il suffit de le serrer ou de le faire glisser. Reste à apprendre à le réaliser et le placer. Les ingrédients : un mètre de corde de 7 ou 8 et deux demi-noeud de pêcheur. Pour plus sur le sujet : vidéos sur le net.
Première difficulté passée, avec un indiscutable sentiment de sécurité, grâce au quartet d’encadrants, toujours disponibles et extrêmement attentif pour chacun.
Au fur et à mesure de la montée, des points d’accroches, des sangles placées, ici et là, par d’anciennes cordées apparaissent. Des traces de peinture rouge jalonnent le cheminement. Le coin est couru.
Plus on monte, plus la vue vers Formigal, Sallent de Gallego, le barrage de Lanuza et 180° de sommets prestigieux se dégagent (de SO à SE). Certains plus prestigieux que d’autres : le Garmo Negro et les terribles pics d’Enfer au SE : 3051m. tout de même ! Autour de nous, quelques pins à crochets poussent sur les parois. Belle ambiance.
Des vautours fauves planent au-dessous. Ils viennent de vider complètement une vache, à quelques mètres de Formigal. La carcasse est en parfait état. Le cuir intact. Des orfèvres dans leur macabre domaine.
La progression continue lentement au rythme des manipulations de « matos ». Etudiants et formateurs sont détendus. Le généreux soleil rend l’âme heureuse. Sommet atteint à 13h15. Près de 5 heures pour faire 700 m de dénivelé ! La sécurité a un prix horaire.
Installation, pour la pause, face au Nord. Dans la ligne de mire, des sommets bien connus : Arriel (grand et petit), Palas, Bala, Frondellas etc.
Des papillons blancs passent régulièrement la crête. Ils volètent du sud vers le nord. Transhumance ou migration ? De petits corps bien fragiles face aux masses granitiques de la Foratata. Aériens, légers, rien de les arrête. Toute la journée, ils nous survolent.
Trêve de rêveries. Il faut déjà partir. Descente de la crête ouest de la Foratata orientale. Un peu aérienne. Attention requise. Pose de deux relais pour descendre le long d’une cheminée et d’une vire qui conduisent à un étroit collet. Au collet : moment de formation sur noeuds et coinceurs.
Le temps passe, il faut avancer. Raide descente dans une pierraille qui ne demande qu’à partir. « Faites confiance à vos chaussures ! ». Plus facile à dire qu’à faire. Une corde à noeud est là pour franchir une petite difficulté. « Les mains toujours sur les noeuds ».
Bien marquer ses pas pour traverser une raide petite langue de neige. La crête qui conduit à la Foratata occidentale est au-dessus. La rejoindre, pour la suivre ensuite, semble trop long. Le temps s’écoule vite.
Descendons plutôt un névé en direction NNO du « Barranco del Ministirio ». Plaisir de la marche rapide sur un névé qui porte bien. Rester léger pour ne pas s’enfoncer dans un trou.
Petite hésitation si continuer vers le bas dans le vallon du Ministerio. Remontons plutôt vers la crête. Atteinte, devant nous, le col de la Foratata nous ouvre les clefs du retour, plein sud, pour rejoindre Formigal.
Le soleil baisse. Les couleurs s’adoucissent. L’estive remplace le granit : 4/4 se transforme en 2/2. En face, la Peña Telera se drape d’ombre. Il est temps d’arriver. 18h52 : parking atteint.
Arrêt pour contempler, au bord de la « carretera », les célèbres « sabots de Vénus » ou « zapatito de Dama » (en esp.), très belles orchidées rares, présentes uniquement en trois endroits de la chaine pyrénéenne. Une bizarrerie de la nature protégée par des gardiens vigilants, présents de 8h à 22h !

Chez Sancho, au Pourtalet, les cakes et gâteaux s’arrachent. Le miel d’acacia de Jean-Claude fait « fureur ». Beaucoup d’énergie dépensée à compenser.
Passée la frontière, la brume et le brouillard ferment la frontière nord. Comme d’hab. Une fausse note incapable d’entamer le moral des troupes, gonflées à bloc par une excellente journée formatrice mais aussi récréative. Un grand merci à Jean, Cathy, Michel et Jean-Claude qui l’ont rendue possible.
A plus sur les sentes.

– par Beñat

Le verdict :
– Point le plus bas : 1615m (pk à Formigal), le plus haut : 2319m (Peña Foratata orientale), dénivelé : 825m, distance parcourue : 9km, durée de la sortie : 10h15
– Encadrant : Jean Lacazette
– Co-encadrants : Cathy Roques, Michel Nogaro et Jean-Claude Mourterot
– Participants : Julie Bordin, Bernard Boutin, Josette Coumes, Bernard Darrieumerlou, Nathalie Delorme, Ghislaine Lanot et Céline Larrieu
– Les randos d’avant : c’est
– Passez le curseur de votre souris sur les photos pour faire apparaitre les commentaires ou cliquez sur la première photo pour dérouler le diaporama.

A propos Bernard Boutin

A 7 ans, mon père me trainait au tour du pic du Midi d’Ossau, en Béarn. A 17 ans, je faisais du stop avec mes skis de randonnée. Je me souviens qu’à la nuit tombée, à la sortie de Tarbes, un paysan me chargeait. Arrivé en rase campagne, en sortant les skis de la bétaillère, ceux-ci étaient plein de purin ! La passion était plus forte que ces petits désagréments. A 27 ans, je quittais un bon « job » à la Défense, pour « descendre » aux Pyrénées. A 37 ans, avec quelques copains, nous grimpions, en ski de randonnée, le Vignemale, le Balaitous et quelques autres… A 47 ans, 57 ans, les Pyrénées toujours. On l’aura compris, pour moi, sans les Pyrénées, point de respiration.
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