Vallée d’Ossau – pic d’Astu : une sortie presque parfaite…


remontée en direction du col d’Astu

Départ : parking en épis du cirque d’Anéou
Destination : col de Bious (dit aussi col d’Anéou), vallon de Bious-Artigues, pic d’Astu et retour
Qui : collective du CAF de Pau et de la vallée d’Ossau
Météo : très beau soleil, -10° au départ, fort vent glacial au pic d’Astu

Dès la sortie de Gabas, le bitume se colore en blanc. Un blanc brillant, couleur glace. Il en faut bien plus pour les pneus neige du 4*4 de Benoît. Ambiance posée.
Arrivé au parking d’Anéou (celui en dangereux épis), un vent glacial envahit les voitures. Le thermomètre affiche -10°. Le ressenti monte à -15. Plus ?
Personne ne « moufte ». Il s’agit de s’équiper au plus vite et rattraper le soleil qui apparait du côté du Centre Pastoral. Le contrôle des DVA attendra lui aussi le soleil. Le ciel est impeccablement bleu. Pas un nuage. Une belle journée en perspective.
Le cirque d’Anéou est recouvert uniformément d’une épaisse couche de neige fraîche. Les montagnes sont plâtrées. Le plein hiver à l’aube du printemps.
Benoît démarre. Avec son rythme de métronome, il trace un rail régulier, sans à-coup, de 15 à 20 centimètres de profondeur. Cool pour les suivants ! De temps à autre, il s’arrête, sort son « smart-phone », consulte la carte. Objectif : rejoindre le col d’Anéou, appelé aussi col de Bious, en passant toujours par des pentes inférieures à 30%. Le BERA va de risque marqué (3) à fort (4) à partir de 2200 m. Méfiance.
Froid qui fige : en fin de sortie, après avoir parcouru près de 15 kilomètres, pas une coulée, pas une avalanche n’auront été vues ou entendues dans les vastes secteurs d’Anéou et du vallon de Bious-Artigues.
Le col est atteint (2090). Dépeautage rapide. Le vent froid rend les gestes précis. A nouveau. Pose des casques et descente dans le vallon de Bious (1850). Très bonne neige. Godilles pour tous ou presque. Pas de baigneurs, ni de baigneuses. Depuis décembre, on a appris…
A la hauteur du Pène dou Lapassa, repeautage et cap sur le col d’Astu. Magnifique cheminement dans la poudre. Un effort tranquille et apaisant. Le Pène Blanque est longé. La crête frontalière atteinte. Le vent du nord redouble de violence. Gaby est même projetée à terre ou plutôt « projetée à neige » !
Coté vêtement : troisième, voire quatrième couche nécessaire. Remontée vers le pic d’Astu. Ne pas s’approcher de la crête qui ne demande qu’à descendre vers le sud. Le vent crée de magnifiques sculptures en neige. Le pic est simple bosse.
Trop de vent : le casse-croûte, en plein soleil, face au sud et les pics de la Moleta et de la Pala de Ip, c’est pour plus tard. Dommage.
Dépeautage rapide, réglage (rapide aussi) des chaussures et des skis. Descente avec retour sur nos traces. Pente trop prononcée pour aller sur Canaourouye. Objectif premier : évacuer le vent en passant sous la ligne de crête.
Session fun. Godille à nouveau même si la neige sait être traître.
Au fond du vallon de Bious, chacun dame son carré de neige et s’installe, pour déjeuner, en veillant à ne pas trop s’enfoncer. Têtes rentrées dans les épaules : le froid veille toujours malgré l’heure qui tourne.
Pas de pose soleil. Repeautage et montée tranquillou vers le col d’Anéou. Sur la digestion, même légère, c’est toujours un peu plus difficile.
Au-dessus du col, un beau vol de grues passe. Il arrive de la « meseta » espagnole, battue par vent et neige. Vu ce qui les attend au nord, on peut se demander si elles n’ont pas perdu… le nord !
Depeautage n°3 : dextérité maximale acquise en cette fin mars. Descente tout schuss dans un vallon de la Glère toujours aussi long et peu propice aux exploits skiès.
A la voiture, pourtant en plein soleil, le thermomètre est à peine au-dessus de zéro. Au col du Pourtalet, chez Sancho, les « cañas », « claras », « chocolates » et autres « cortados » achèvent une très belle journée où la montagne était d’une rare beauté froide.
Un grand merci à Benoit Bourdon qui a su trouver le bon tracé dans un univers potentiellement compliqué. Un grand merci aussi à Dominique Vialatte qui fermait la collective avec une attention constante.
A plus sur les pentes.

– par Beñat

Le verdict :
– Point le plus bas : 1707 m, le plus haut : 2284 m (pic d’Astu), dénivelé montant et descendant : 1151 m, distance parcourue : 14,5 km
– Encadrant : Benoit Bourdon
– Co-encadrant : Dominique Vialatte
– Participants : Olivier Bayle, BB, Béatrice David, François Delage, Serge Depart, Gabi Haubitz, Nicolas Joly, Cathy Roques, Christine Rubichon, Patrick Sicé
– Les randos d’avant : c’est
– Passez le curseur de votre souris sur les photos pour faire apparaitre les commentaires ou cliquez sur la première photo pour dérouler le diaporama.

A propos Bernard Boutin

A 7 ans, mon père me trainait au tour du pic du Midi d’Ossau, en Béarn. A 17 ans, je faisais du stop avec mes skis de randonnée. Je me souviens qu’à la nuit tombée, à la sortie de Tarbes, un paysan me chargeait. Arrivé en rase campagne, en sortant les skis de la bétaillère, ceux-ci étaient plein de purin ! La passion était plus forte que ces petits désagréments. A 27 ans, je quittais un bon « job » à la Défense, pour « descendre » aux Pyrénées. A 37 ans, avec quelques copains, nous grimpions, en ski de randonnée, le Vignemale, le Balaitous et quelques autres… A 47 ans, 57 ans, les Pyrénées toujours. On l’aura compris, pour moi, sans les Pyrénées, point de respiration.
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4 commentaires pour Vallée d’Ossau – pic d’Astu : une sortie presque parfaite…

  1. karouge dit :

    Vous avez cette chance inouïe de pouvoir « naviguer » dans les Pyrénées, avec des personnes aguerries et qui aiment, à votre exemple, ces montagnes. Je regrette pour ma part la poésie que de tels lieux ne peuvent qu’évoquer, loin des GPS, des dénivelés, des trajets, etc. Vous devriez tenter de raconter vos randonnées comme le faisait jadis Antoine Blondin sur le Tour de France.
    Les images sont magnifiques. Elles pourraient accueillir, en saison, quelques ours polaires !
    AK

    • Oui, j’ai beaucoup de chance et j’en suis conscient. Ces espaces créent une espèce d’addiction qui demande à être étudiée. A peine de retour aux voitures que déjà nos esprits pensent à la prochaine « échappée belle ». Lourd de signification sur notre monde ici-bas…

  2. Barrau Françoise dit :

    Antoine Blondin; bien sûr !!!! ….. Surtout ne changez rien Bernard, votre style est parfait !!!! Et je m’en régale à chaque lecture, plus vos photos: j’adore !!!!
    Et bravo à toute l’équipe du CAF!

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