
Plus bas : pk El Forcallo à Viadós 1590
Plus haut : collado de la Forqueta 2862
Dénivelé : 3040 m
Distance parcourue : 39 km
Participants : Sylvie Darrouzin, Xavier Damez, Thierry Lansac et Bernard Boutin
Temps : « variable »
Date : 15, 16 et 17 septembre 2026
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Les Posetsᵗ, c’est le nom qu’utilisent les français – et beaucoup d’espagnols – pour parler du deuxième sommet de la chaine pyrénéenne (3371 m). Les Aragonais, maître des lieux, viennent de faire un gros travail de recherche pour redonner à tous leurs sommets leur appellation d’origine. Ce sera donc, pour le pic des Posets, le nom aragonais « Punta de Llardanaᵗ »(ᵗ= toponymie – voir au bas de la chronique) qui veut dire en espagnol « quemada, tostada, arida » (brulé, grillé, aride). Un nom bien choisi pour une montagne avant tout aride. Haute montagne avec une géologie à vif. Un régal de tous les instants, une fois les estives et forêts de pins à crochets dépassées.
Pau : 6h30. Arrivée : 9h20, au parking de Viados, 1577 m. Café, canelés et béret breton avant de démarrer et découvrir Viados, ses « bordes » bucoliques et son refuge. Calme, sérénité des lieux. Continuation pour rejoindre « Añes Cruces » 2051. Sommes sur la HRP et le GR11. Direction NE, vers la frontière. Montée dans des estives, plutôt grillées. Arrivés à Añes Cruces. Cap à l’Est pour rejoindre le puerto de Chistau ou d’Estos 2572. Pause avant de descendre, sur une sente bien prononcée dans la pierraille, pour arriver au refuge d’Estós. Devant nous, à gauche, les « 3000 » qui dominent le Portillon. A droite les contreforts de la Punta de Llardana. Au fond le massif de la Maladeta. Bains de « tresmiles » et plus. Une première étape sans difficulté.
Refuge d’Estós : belle bâtisse en pierre de taille, construit en 1949. Le machiste franquisme aime le sport et la montagne… Super accueil de Maria, flamande polyglotte toujours disponible et souriante. Aménagement intérieur vieillissant mais propre. Dortoirs, façons châlits en bois. Douche et WC à l’extérieur à 30 mètres. Pratique de nuit… Soupe aux pois-chiches. Méchante aile de poulet accompagnée de quelques carrés de pomme de terre. Yaourt de chez Pascual. Pas top !
Nuit mauvaise. Réveil 6h, départ 7h15 après un bon petit-déjeuner. La Mule adore le café au lait espagnol. Un refuge mi-figue, mi-raisin…
Démarrons une superbe matinée qui nous amènera de lacs en lacs, noyés sous les pins à crochets d’abord, puis au fur et à mesure que nous montons, sous la pierraille. De l’eau partout. Vaches en bas, à l’ibónet de Batisiellesᵗ. Cabane. Puis plus rien. Haute montagne. Une petite vipère et basta… Pierraille sous les pieds, encore et toujours. Ibón Grande de Batisiellesᵗ, ibón de l’Aiguëta. Pierraille devient, un instant, blocs à contourner. Un petit pas d’escalade. Le seul des 3 jours. Nouveaux laquets : les ibón chico de Perrumó. Montée tranquille vers le collado de la Plana. Il recule, par deux fois, avant d’être atteint à 2703 m. Belles vues tout azimut.
Au col : pause. Croisons une Luzéenne (habitante de Luz St Sauveur) qui fait la boucle en sens inverse avec son chien. Un peu plus loin il y aura bien quelques randonneurs mais jamais grand monde.
Le ciel se charge. Temps qui menace. Pause écourté. Pluie annoncée par la météo. Le mode « averse possible » est activé à l’ibón de la Plana 2681 : poncho pour Thierry, coupe-vents pour Sylvie, Xavier et Bernard. Chapeaux. Couvre-sacs. Le parapluie de l’Intello reste dans le sac. Sur de la pierraille mouillée : mieux vaut avoir les bâtons à la main qu’un parapluie ! Grésil et coups de tonnerre. Démarre alors une longue traversée, humide sur nos têtes au début. Sous nos pieds ensuite. Eviter les glissades sur le pierrailles. Rythme contraint. Impossibilité dérouler. Poussif et pénible.
La pluie cesse. Pause déjeuner à 2 pas de l’ibón de Eriste 2409. Elle reprend. On repart…
Arrivée au refugio de Llardana 2312. Un bien grand nom pour une simple cabane à la toiture à moitié envolée. Entre cayolar et cujala en perdition. Continuons pour rejoindre, à 2361, le GR qui relie le refuge d’Angel Orús à la Punta de Llardana ou au col de la Forquetaᵗ. La pluie a cessé depuis un moment. Sol humide pour une longue et pénible descente vers le refuge 2108.
Refuge d’Angel Orús : très belle bâtisse en pierre de taille, à nouveau. Un énorme escalier intérieur relie 4 étages. Massif et bizarre. Check-in rendu compliqué par Quizz qui demande tous les détails identitaires de la cuadrilla. Leg d’un lointain franquisme sous contrôle ? Xavier, plus patient que l’Intello complète avec maestria le questionnaire. Découverte du dortoir, façon châlits à nouveau. Peur des « chinches » (punaises de lit). On passe au travers. Oouf… Gros progrès : les toilettes et douches sont au fond de la « chambre ». Rénovation nécessaire.
Diner de bien meilleure facture qu’au refuge précédent : consommé, soupe aux pois-chiches, botifarra catalane (saucisse de Toulouse) accompagné de quelques feuilles de salade, melocotón en almibar (pèche au sirop), un vieux classique.
Nuit pas meilleure que la précédente. Le dortoir est complet. Passé 70 ans, les refuges c’est plus ça…
Réveil 6h. Petit-déjeuner fait de produits sous emballages plastiques. Bref à nouveau, un refuge mi-figue, mi-raison. Bruyant aussi mais le café est si bon…
Départ 7h15 au lever du soleil. Soleil, nuages et brouillard se disputent l’horizon. Décision est prise de ne pas monter à la Punta de Llardana (le brouillard au final l’accompagnera toute la journée). Montée vers l’intersection 2361 rejointe la veille. Très belles ambiances. Kaléidoscope de rouges et d’orangés… Belles photos.
Au croisement, partons vers l’ibón de Llardaneta 2675. Cheminement facile. Le lac est entouré de pentes douces parsemées de larges cercles de pierres noires. Enclos ou abris pour bivouacs ? Invitation à s’installer là pour passer une nuit sous les étoiles. Magique avec en toile de fond, le pic de la Forqueta 3004 et la crête, de la Diente Royo au Tucón Royo 3122, que le brouillard camoufle par intermittence. Coup de coeur de la boucle ! Bel endroit. Photos à nouveau.
Collado de la Forqueta 2862. Face à nous, le vallon qui conduit à Viados. Cinq cents mètres de dénivelé à descendre dans un immense chaos de rochers, pierres, pierrailles divers tant par la forme, la couleur, les mélanges, compositions. Rouge dominant qui donne son nom au sommet qui nous surplombe : el Tucón Royo. Mailh Arrouy, de 3122 m, qui se prolonge vers le NO par la crête, dentelée, ciselée des Espadasᵗ. Ici, rien n’est figé. Tout dégringole… à l’échelle du temps géologique. La sente, bien balisée en rouge et blanc, serpente au milieu de l’inachevé. Etonnant spectacle. Etonnante descente.
2230 : estive rejointe. Pause méritée avant de pénétrer dans une magnifique forêt de pins à crochets qui nous conduira jusqu’aux abords de Viadós. Boucle bouclée. Circular acabado. Pause au refuge de Viadós face au pic des Posets encapuchonné. Dommage. Une des plus belles vues, de tous les refuges pyrénéens, nous échappe. Qu’importe, la cueillette est déjà bien belle… Parking et retour sur Pau, dans la foulée.
Reste à revenir pour gravir la formidable Punta de Llardana, 2è sommet des Pyrénées, qui domine un secteur inoubliable de beautés et de variétés.
A plus sur les sentes.
– par Beñat
Les randos d’avant : c’est ICI
ᵗ Séquence toponymie, science de l’incertitude (???), à la graphie incertaine. Source: Palay, Bérot, Bourbon, Internet, l’Inspiration…
– Llardana de l’aragonais lardana = brulé, grillée, aride
– Posets du latin pansa, posa, posela = pause ou repos, alternative de l’espagnol poso = puis ou trou (rien de certain)
– Forqueta de l’espagnol forca = (petite) fourche
– Espada de l’espagnol espada = épée
– Batsielles bat en gascon signifie vallée d’altitude plus le suffixe -ielles/-iélles qui évoque souvent des lieux liés à l’eau (lacs, torrents) : le vallon (vallée) des lacs ?