pic de la Chourique en boucle : couleur calcaire !


Mallo de Acherito

Plus bas : 1180 m pont Lamary
Plus haut : 2076 pic de la Chourique
Dénivelé : 1210 m
Distance parcourue : 13,2 km
Collective du Club Alpin Pau : Jacques Brus, Robert Marin, Jean-François Plegue, Robert Vtipil, Xavier Damez, Olivier Grosclaude encadrés par Patrick Sicé et Bernard Boutin
Météo : agréable sans vent, chaude dans la vallée
Date : 7 septembre 2023

Depuis le parking Lamary, remontée, par la forêt du Lazerque, du vallon du Lazerque pour rejoindre les estives de Bourréguéᵗ (ᵗ= toponymie – voir au bas du compte-rendu). Des sentes animales et quelques vieux cairns patinés par le temps. Sortis de la forêt, sur notre gauche, les raides pentes calcaires, aux multiples raillères, des pics Bacqué, Lariste et Pourtet Ouvert nous dominent et nous accompagnent pendant un long moment. Itinéraire sauvage avec de rares restes de présence humaine : cercle de pierre préhistorique, restes de murs de cabane, captage d’eau.
Légère inflexion SO avec pour cap la brèche de Hanas. Le cheminement sur la rocaille prend la suite des sentes.
Pause sous la brèche et montée à celle-ci sans difficulté malgré les pierrailles qui filent sous les pieds. A la brèche, vues magnifiques. Directement, sous nous, le lac d’Acherito. Derrière, la sierra de Quimboa alto, le Petraficha, le Mallo Goretta et à droite le Mallo de Acheritoᵗ avec ses colossales avalanches de cailloux gris calcaire. Les vues : point fort de cette boucle.
Descente avec attention du couloir sud de la brèche pour aller chercher, sur la droite, une sente bien tracée qui permet d’éviter la montée au pic du lac de la Chourique (Acherito en esp) et de rejoindre la crête qui conduit au pic de la Chourique. Oui, oui, il y a un pic de la Chourique et un pic du lac de la Chourique. Les anciens faisaient simple !
Un cap ONO avec en décors de théâtre, les magnifiques sommets d’Acherito, Sobarcal et Ansabère. Plein les yeux pour ce cheminement en crête cool sur des estives « apaisées ». Croisons 3 randonneurs. Les seuls de la journée avec, plus tard, un couple sous la cabane d’Ansabère. Vive la rentrée des classes !!!
Contournement du pic de la Chourique pour y monter par le nord. Mains au rocher. Pas toujours stable. Concentration. Le sommet est atteint. Pause casse-croûte face, en tout premier plan, aux pics calcaires d’Acherito, de Pétragème (Sobarcal) et d’Ansabère (Petretxema). Le calcaire : magie du secteur. Couleur chaude, appaisante. Le calcaire : infiltrations et résurgences d’eau d’où le nom de chourique (pic, col, lac) du gascon chourre = source jaillissante, fontaine bruissante, jet d’eau, cascade (Palay). En bas, en descendant, le gave sera bien chargé en eau.
Descente par le SE du sommet. Pente forte certes mais sur une sente en terre, plutôt bien marquée. Exercice d’attention bien plus bref que celui de la montée. A éviter en cas d’humidité, tout comme pour la montée. Contournement descendant du pic sur des sentes animales faciles. Objectif : rejoindre le « barranco de Acherito » pour remonter au col qui conduit en France. Pas de difficulté particulière si ce n’est la digestion qui n’apprécie jamais les montées. Cela, c’est la Mule qui le dit !

quèbe d’Arrious (source : Christian Lassure)

Au col, une « quèbe » sous un rocher. Quèbe : mot béarnais pour désigner un simple abris sous roche qu’utilisaient autrefois les bergers pour dormir ou se protéger du mauvais temps. Quelques « quèbes » : quèbe de Moundelhs, quèbot d’Isabe, quèbe d’Arrius. Une soixantaine sont répertoriées. Plus sur le sujet : ICI.
Passés la quèbe et le col de la Chourique, descente « tot dret » sur la cabane d’Ansabère « des privés d’amour » et son célèbre berger, Marcel Etcheverry (article Le Monde). Etape sur la HRP, l’endroit est connu de ceux qui la font. Les soirées y seraient mémorables… Lors de leur HRP, la Mule et son Intello, en quête d’une bonne douche, avaient préféré descendre à Lescun. Des bourgeois, ces deux-là !
Sur la table du berger, à l’extérieur, du fromage de brebis. Dégustation. Plutôt bon même si son aspect « emmental » est inhabituel. Plein de petites bulles. Son prix : 25 euros du kilos alors qu’il est de 16 à la Cabane Lapassa « à deux pas d’ici » (au-dessus d’Accous) ou à 18, 19 euros au carreau du marché palois. On le sait bien, tout ce qui passe au Monde gagne en notoriété et… en valeur !
Roue libre jusqu’au parking. Chaleur qui monte au fur et à mesure de la descente. A Lescun, pression ou demi pour tous, bien mérités, au bar des Bergers. Moment de détente animé et convivial après une bien belle boucle dans le secteur Ansabère/Petrechema. Contents et… à revoir.
A plus sur les sentes.

– par Beñat

PS : la route forestière qui conduit au parking du Pont Lamary est en mauvais état : y aller avec un véhicule haut sur pattes.
Les randos d’avant : c’est ICI
ᵗ Séquence toponymie (source le Palay, le Bourbon, l’inspiration… ) :
– Chourique du gascon chourre = source jaillissante, fontaine bruissante, jet d’eau, cascade (Palay).
– Petrachema, Petretxema, Pétragène du latin petra pour pierre et geminos pour jumelles. Les « sommets jumeaux » faisant référence à l’aiguille et le pic d’Ansabère situés côte à côte
– Ansabère : vu les toponimies approximatives trouvées : s’abstenir !
– Mail Bourrégué du gascon bourrégue, rrègue = vieille brebis qui, ne pouvant plus agneler, est engraissée pour la boucherie (Palay)
– Acher (castillo de Acher, mallo de Acherito, ibon de Acherito) : combinaison de la racine basque atx (rocher, peña) et du suffixe ero (ensemble ou accumulation).
Crédit photo : Bernard Boutin
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