vallée d’Ossau – boucle en huit à Arrémoulit !


Balaïtous et Frondellas depuis le col d’Arrémoulit

Plus bas : 1408 m Soques
Plus haut : 2558 (sous le) pic du col du Palas
Dénivelé : 1560 m
Distance parcourue : 18 km
Jean-Luc Brissaud et Bernard Boutin
Météo : agréable sans vent
Date : 31 août 2023

Objectif du jour : découvrir comment relier le col du Palas au col d’Arrémoulit par la crête en passant par le pic du col du Palas… et en profiter pour transiter par le pic du lac d’Arriousᵗ (ᵗ= toponymie – voir au bas du compte-rendu). Une sortie « pierrailles à gogo » sous le pic du lac d’Arrious, sous le col du Palas et entre le col du Palas et celui d’Arrémoulitᵗ. Outre qu’il s’agit d’avoir le pied montagnard pour passer de pierre en pierre ou de bloc en bloc, le plus pénible au final, c’est de ne pas pouvoir « dérouler ».
La montée du val d’Arrious se fait sous les A&R incessants d’un hélicoptère qui monte des charges pour les travaux du futur refuge d’Arrémoulit. Pour ceux qui vont en montagne pour oublier le bruit qui caractérise notre vie de citadins affairés, c’est plutôt raté comme destination ! Les travaux se terminant en 2025, voilà un secteur que l’on va pouvoir éviter pendant 24 mois, à moins que de monter par temps de brouillard, l’hélico restant bloqué au sol.
Rocailles pour longer le lac d’Arrious et s’élever vers le col que-nous-appelerons du « col du lac d’Arrious » puisqu’il n’a pas de nom. Des cairns de temps à autre. Sentes discrètes s’il y en a. Au col, belles vues vers les « grands de ce petit monde » : de gauche à droite, Palas, Balaïtous, Frondellas, Arriel. De belles signatures. Respect. Manque un peu de neige qui rendrait le tout moins austère…
Du « pic du lac d’Arrious », on retiendra qu’au sommet, il n’y a place que pour deux. La vue s’ouvre encore un peu plus, vers le nord notamment et en premier lieu le lac d’Artouste mais aussi le Lurien. Passer par ce sommet, une belle façon de rejoindre Arremoulit, plus original que le passage d’Orteig, « short-cut » peu inspirant.
Au refuge d’Arremoulit, un méchant compresseur crache ses gaz odorants. Pétarade en sus. Faire avec. Le projet du futur refuge, vu la veille dans la « République des Pyrénées », est prometteur. Vivement la terrasse pour prendre un « pot » face au lac et à l’Arriel. Un chouette coin.
Montée vers le col du Palas. Beaucoup de rocailles sous les pieds et le col est atteint. Une fraîche brise nous fait faire pause sous la crête.
Un cairn au loin semble indiquer la direction à prendre pour rejoindre le col d’Arrémoulit. Passé le cairn, un autre cairn, puis un autre cairn… On croirait entendre Nadau dans « de cap tà l’Immortèla : « Après lo malh, un aute malh (Un aute malh, un aute malh) ». Malh = sommet en gascon. A propos, comment dire cairn en gascon ?
En tout cas, les cairns se suivent régulièrement. Un passionné s’y est donné. Il voulait absolument faire rejoindre les cols. S’il donne le cap, il a oublié de tracer la sente. Allons de rocher en rocher, pied montagnard indispensable, et cela dure un peu plus d’un kilomètre. Promis, l’intello décide de ne pas amener de collective dans un tel chaos aux roches instables.
A mi-parcours, les « éclaireurs » tentent de grimper au « pic du col du Palas ». La pente est forte, exposée et, même si l’objectif est proche, quelques dizaines de mètres seulement, le jeu ne vaut pas la chandelle. Revenons sagement en arrière au cheminement suggéré par les cairns alignés. Col d’Arrémoulit atteint sans difficulté suivi d’une descente plus « cool » que ne fut la montée au col du Palas.
A l’approche du refuge d’Arremoulit, le haut de la boucle en huit se ferme. Au refuge, le compresseur teufteuf. Les izards n’ont qu’à s’y faire. D’ailleurs, on n’en a pas vu un de la journée. Malines, les marmottes ont migré en bas, à la gare d’arrivée du « petit train d’Artouste ». Un super spot pour observer les touristes.
Descente vers le lac d’Artouste. Croisons justement randonneurs et touristes. Ces derniers, on les reconnait, ils portent des escarpins en cuir !
Remontée tranquille vers le col d’Arrious. Un troupeau de belles vaches savoyardes. Côté robe, elles peuvent parader devant les blondes d’Aquitaine et les béarnaises. Mais qu’ont elles réellement de plus pour se retrouver au fin fond de la vallée d’Ossau ?
Au col d’Arrious, le bas du huit se referme. Un « catedratico en littérature » de l’université de Grenade nous rejoint avec sa compagne. L’Intello, tout fier de ses lectures castillanes, lui dit le plaisir qu’il a à lire Arturo Perez-Reverte (premier et seul auteur qui lui vient à l’esprit). En retour, il s’entend dire que Perez-Reverte est « d’extrême droite ». Jamais ressenti dans les romans du plus connu des auteurs contemporains espagnols ! L’échange littéraire s’arrête là.
Le « catedratico » commence sa descente, vers Soques, avec nous et se rend compte que pour rejoindre Sallent de Gallego, ce n’est pas à Soques qu’il doit aller mais à Soba (cuello de Soba, col de Sobe). Erreur d’oreille. Retour en arrière, pour lui, vers le lac d’Arrious pour rejoindre Sobe, puis le lac de la Sarra où il a sa voiture. Loin, à 8 km d’ici. Il est 16h40. Un moindre mal, il n’a que 270m de dénivelé à remonter avant d’en descendre plus de 1000. Animo ! (courage). Il est vrai qu’en Andalousie, on passe à table à 21h30. Peut-être pas si en retard que cela !
Longue descente, en roue libre, du val d’Arrious. Les jambes déroulent enfin. C’est tant mieux, après les longues séances attentives de chaos, pierrailles et autres raillières.
A plus sur les sentes.

– par Beñat

Les randos d’avant : c’est ICI
ᵗ Séquence toponymie (source le Palay, le Bourbon, l’inspiration… ) :
– Arrious du gascon arrìu = ruisseau (Palay).
– Arremoulit du gascon arremoulì = remous, tournoiement d’eau (Palay), lit = avalanche (Palay). Beaucoup d’eau descend de toute part dans le secteur.
Crédit photo : Jean-Luc Brissaud et Bernard Boutin
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