Pic Palas : Engagé, aérien et magnifique à la fois !


Le Palas (crédit Mariano)

Départ : Caillou de Soques (1404 m)
Destination : pic Palas (2974 m) avec nuitée au refuge Arrémoulit
Qui : Mariano et BB
Quand : 7 et 8 septembre 2017
Météo : beau temps

Ce Palas, cela faisait des « lustres » qu’il était sur ma voie. Massif, trapu, bien campé sur ses arêtes rocheuses si caractéristiques, il a tout pour impressionner. Il est unique. Jamais conquis (par l’auteur!). Toujours vu. Il fallait le « vaincre ».

De son coté, Mariano devait, non pas le vaincre, mais comprendre, une fois pour toute, pourquoi il y a tout juste 10 ans, en descendant du sommet par la cheminée Ledormeur, il y avait dévissé et s’était brulé les mains, au deuxième degré, en filant le long de sa corde pour se retrouver bloqué sur une vire. Une vire providentielle, pour le randonneur solitaire, sans laquelle la mort était au bout de la chute.
Les secours alertés, il avait pu être évacué par hélicoptère au prix d’une manœuvre pendulaire acrobatique. Ce Palas : un retour pour comprendre. Non pas pour oublier mais simplement exorciser une question lancinante : comment ai-je pu me retrouver dans cette situation ?

Caillou de Soques : Montée tranquille du val d’Arrious. Belles vues sur le lac du même nom niché sous le petit Arriel. Passage d’Orteig à la main courante rénovée et rassurante. Arrivée au refuge d’Arrémoulit. Toujours aussi bien tenu et accueillant malgré l’éloignement. Merci à ses gardiens, Rozenn et Eric, sans oublier le gestionnaire des lieux : le Club Alpin Français de Pau et de la Vallée d’Ossau.
Soirée agréable dans un cadre somptueux. Au nord-est, le Palas nous lorgne. Il nous a repéré. Demain, sera-t-il avenant ou malveillant ? On ne peut le deviner. Il est tellement sérieux.
Nuit sous la tente marabout installée à l’extérieur. Le thermomètre descend à 4°. Les couvertures sont disjointes. Le « sac à viande » laisse passer le froid. Nuit agitée. Mariano dors, de son côté, comme un loir. Pas étonnant pour l’homme qui a l’habitude de bivouaquer à plus de 3000 !

6h30 : lever et petit déjeuner. Direction le col du Palas, bifurcation pour les crêtes d’Arrémoulit. La rocaille, les blocs de pierres deviennent omniprésents. Début des terres austères. Hostiles, ce sera un peu plus haut. Des izards sont étonnés de nous voir. Nous aussi. La pente augmente au fur et à mesure que nous approchons de la brèche des Géodésiens.
Mise des casques et pliage des bâtons. C’est parti pour de longs moments mains au rocher. Plutôt sympa comme ambiance pour le « randonneur des terres tranquilles » que je suis. Des passages deviennent plus délicats. Une chute serait « malvenue » (litote). A la brèche : ambiance assurée. Plongeon (visuel) vers le lac de Migouélou.
Continuation sur l’arête des Géodésiens. Les passages deviennent acrobatiques (un peu), d’autres aériens (plus). Ludique. C’est le mot. J’aime assez… sans le rechercher. Ah, le plancher des vaches !!!
Debout sur l’arête. Ne pas trop passer de temps à regarder vers le bas, à gauche et à droite. C’est plutôt vertical ! Ne pas plonger de haut. Foncer tout droit.
Au sommet, détente. Mariano est content. Il y est à nouveau et, son coéquipier ne l’a pas lâché. Séance photo vers le nord, le sud, l’est, l’ouest, le bas, à gauche, à droite. Il n’y a que le ciel que nous ne photographions pas.
Casse-croûte et début de descente vers la cheminée Ledormeur. La cheminée, justement, elle arrive. Pas vraiment compliquée. Mariano cherche l’erreur. A mi-parcours, une croix jaune, recouverte d’une croix rouge marque une embranchement à droite : NO PASAR ou NO PISAR (les hispanisants comprendront. Ils sont nombreux sur cette voie. On est en Aragon). En arrivant par le haut, il parait logique de passer à droite et pourtant, c’est à gauche qu’il faut aller. Mariano réalise, après 10 ans, l’erreur : « La croix n’y était pas ! ». Il a filé tout droit. La suite est connue. Dévisser, la vire, l’hélico, les questionnements. Les topos guides insuffisants. La genèse de TOPO-PYRENEES. Séquence émotion.

Descente par la gauche. Pas vraiment problématique. Juste faire attention à ne pas se laisser entrainer dans une chute. Elle ferait mal. Self-control. Les nouvelles Lowa accrochent bien. La cheminée est assez longue. Arrivée sur l’énorme raillière qui domine les lacs d’Arriel et sur laquelle chemine la « liaison » port du Lavedan – col du Palas. Une succession de cairns dans un fatras de cailloux et gros blocs rocheux. Dire qu’il y en a qui aiment ces ambiances !
Ne pas oublier de passer au-dessus du sapin. Pas compliqué à trouver : il est le seul dans cet univers minéral.
Arrivée au col du Palas et descente sur Arrémoulit. Pot de fin de rando. Rozenn prend le soleil devant « son » refuge. Il n’est pas sur qu’elle puisse le faire longtemps. La neige, c’est pour demain… A nouveau passage d’Orteig, descente du val d’Arrious et Soques. Une super sortie. Différente. Aérienne et engagée. Démystifiée aussi.

Sur la route, entre Fabrèges et Laruns, transhumance descendante au grand dam des automobilistes bloqués. L’hiver arriverait-il tôt cette année ? On n’est que le 8 septembre. Trop tôt pour les randonneurs.

– par Beñat
Bernard Boutin
10 septembre 2017

Le verdict du GPS (croisé avec les évaluations faites sur la carte IGN et Basecamp) :
– Dénivelé (donnée pour les deux jours) : +1817 m, point le plus haut : 2974 m (Palas), le plus bas : 1404 m (départ), durée de la sortie 12 h, distance parcourue : environ 18,1 kms
– Participants : Mariano et BB
– Crédit photo : Mariano et BB
– Les randos d’avant : c’est
– Passez le curseur de votre souris sur les photos pour faire apparaitre les commentaires ou cliquez sur la première photo pour dérouler le diaporama.

Super sympa !!!

A propos Bernard Boutin

A 7 ans, mon père me trainait au tour du pic du Midi d’Ossau, en Béarn. A 17 ans, je faisais du stop avec mes skis de randonnée. Je me souviens qu’à la nuit tombée, à la sortie de Tarbes, un paysan me chargeait. Arrivé en rase campagne, en sortant les skis de la bétaillère, ceux-ci étaient plein de purin ! La passion était plus forte que ces petits désagréments. A 27 ans, je quittais un bon « job » à la Défense, pour « descendre » aux Pyrénées. A 37 ans, avec quelques copains, nous grimpions, en ski de randonnée, le Vignemale, le Balaitous et quelques autres… A 47 ans, 57 ans, les Pyrénées toujours. On l’aura compris, pour moi, sans les Pyrénées, point de respiration.
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7 commentaires pour Pic Palas : Engagé, aérien et magnifique à la fois !

  1. Merci Bernard pour ce bel article, tout est dit et très bien commenté comme d’habitude.
    Merci aussi de m’avoir accompagné pendant ces deux jours, de bons moments passés ensemble avec adrénaline et émotion pour moi au retour.

  2. Françoise Barrau dit :

    Merci aussi Bernard pour cet article sur votre sortie au Pallas avec Mariano ; comme il l’exprime, tout est dit, mais bien dit, avec empathie, émotion et je pense bonheur d’accompagner notre ami dans sa quête de compréhension . De plus, c’est un très beau sommet qui ne se laisse pas conquérir par le premier venu!!!
    Heureuse pour vous deux, et permettez moi Bernard de redire encore ( mais j’en ai envie! …..) que c’est toujours un vrai régal de vous lire.
    Bonnes prochaines randonnées, amitiés montagnardes
    Françoise

    • Le style n’est pas parfait. Il y a toujours motifs à corriger la fluidité des textes. Je viens de le corriger à plusieurs reprises. Demain, cela sera de même. Merci d’être un de mes lecteurs attentionné. Il y en a peu mais tous me comprennent. A plus. BB

  3. Boissiere dit :

    Belle description d une sortie engagée!! Félicitations á vous deux.
    Commentaire bref, because pas d ordi!!
    Denis

  4. Laurent JALABERT dit :

    Bonjour Bernard,
    bravo à vous et chapeau bas pour Mariano qui a surmonté le chalenge…
    Merci à tous deux d’avoir partagé cette superbe ascension.
    J’ai également le désir d’effectuer ce défit.
    À très bientôt
    Laurent

  5. J Fagot-Barraly dit :

    Oui Mr Boutin , c’est une belle randonnée que celle du Pallas . Je l’ ai « fait » de nombreuses fois avec toujours autant de plaisir …mais a ce jour c’est plus compliqué pour moi

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