La traversée des Pyrénées de la mule et l’intello : Préparatifs


Le Pic du Midi d'Ossau depuis le lac de l'Anayet (Aragon)

Le Pic du Midi d’Ossau depuis le lac de l’Anayet (Aragon)

L’intello aime a raconter qu’à 7 ans, son père le trainait au tour du Pic du Midi d’Ossau, en Béarn. Dix ans plus tard, il fait du stop de nuit avec ses skis pour aller randonner à la fraîche. A 27 ans, l’intello quitte un job à la Défense, pour « descendre » aux Pyrénées. A 37 ans, avec quelques copains, il grimpe, toujours skis aux pieds, le Vignemale, le Balaïtous, le Taillon et quelques autres. 47 ans, 57 ans, les Pyrénées toujours. On l’aura compris, pour l’auteur-intello, sans les Pyrénées, point de respiration. Puis lui vint l’idée, soudaine et brutale : Pourquoi ne pas les traverser ?

Passé ce moment, les questions l’assaillirent ? Les traverser d’Est en Ouest ou l’inverse ? Par le GR10 (dans les vallées) ou par la HRP (au plus près des crêtes) ?

Il lui faut 6 mois pour clarifier les choses. Préparer un sac à dos, toujours trop lourd. Combien de fois l’a-t-il pesé ? Après être monté jusqu’à 15 ou 16 kilos, il fera au final 12 kilos, pic-nic du jour et eau comprise. Toujours trop lourd pour les épaules, la colonne vertébrale, les jambes, les pieds. Douze kilos sur le dos pendant 8, voire 10 heures d’affilées : Essayez donc ! En tout cas, un véritable « pensum » pour l’intello qui est si grand (1,84 m) et si sec (64 kgs). Un sac, suffisamment lourd, pour lui, pour qu’il finisse par se prendre pour… une mule !

Un site « collaboratif » aide à y voir plus clair : randonner-leger.com. Les internautes vont même y débattre de l’intérêt de porter des collants féminins de chez DIM. Plus léger, il n’y a pas ! L’intello n’ira pas jusque là…

Il change ses crampons à neige « antédiluviens » Laprade-Desmaison, fabriqués à Arudy, au pied des Pyrénées, pour des crampons Grisel de 450 grammes. Pour 120 euros, il gagne 550 grammes. Y-a-pas de petits profits ! La mule sera contente.

Autre casse-tête : Apprendre à utiliser un GPS et le charger d’un parcours. Par précaution, il y en aura même deux : Un HRP (Haute Route des Pyrénées) et un GR10 pour se replier vers les vallées en cas de mauvais temps. Mariano, le « roi du topo »,  donne à l’intello un coup de main pour assimiler la technique*. Cela sera utile quand un orage tombera sur notre vaillant équipage au Pic de Noufont, 2865 m, à la frontière entre les deux Catalogne.

Commencer la traversée à Hendaye ou à Banyuls ? Les guides partent traditionnellement d’Hendaye : le célèbre « Véron » (HRP) ou celui de la Fédération Française de Randonnée Pédestre (GR 10). Un ami rappelle à l’intello qu’il est plus agréable de marcher le matin avec le soleil dans le dos et, qu’en plus cela permet de faire de meilleures photos. Le départ se fera donc depuis Banyuls d’autant plus qu’un nouveau topo-guide, Trans’Pyr, revisite la traversée des Pyrénées par les cimes d’Est en Ouest. Pour la mule, quelle que soit la direction, monter, c’est monter. Descendre, c’est descendre.

Un autre argument choc pour l’itinéraire : en juin, il peut pleuvoir comme « vache qui pisse » en Pays Basque alors que la Catalogne devrait être plus sèche. Ce sera donc Banyuls, le point de départ.

Reste à voir, le nombre d’étapes et, si toutes les faire d’un coup ou les étaler dans le temps. Il y a 870 kms à parcourir sur le GR 10 pour rejoindre l’Atlantique à la Méditerranée (ou vice-versa). Une moyenne de 20 kilomètres par jour semble la norme pour le randonneur « normal ». Compte tenu de deux ou trois journées de repos, les Pyrénées se traversent donc en 45 jours.

On peut aller plus vite. Voire les traverser en courant. Le Catalan (espagnol) Kilian Jornet Burgada, en mai 2010 a rejoint le Cap de Creus, proche de Cadaqués, à Hendaye, en seulement huit jours et demi en ayant parcouru 850 kilomètres et 42.000 mètres de dénivelé positif. Moyenne : 100 kilomètres par jour. Même les isards ont eu du mal à le suivre !

Pour l’intello, ce sera en 3 fois 15 jours. Les Pyrénées Est pour commencer en 2014, les centrales en 2015 et les occidentales en 2016. Histoire de faire durer le plaisir et de ne pas s’y épuiser. Quant au trajet, le choix ira vers les sommets (HRP et Trans’Pyr), plutôt que les vallées (GR10), même si les premières étapes se passent obligatoirement sur ce dernier.

– par Bernard Boutin

* pour le GPS : Merci aussi à Georges LC qui m’a démontré l’intérêt d’en emporter un et à Pierre G. qui m’en on prêté un.

A propos Bernard Boutin

A 7 ans, mon père me trainait au tour du pic du Midi d’Ossau, en Béarn. A 17 ans, je faisais du stop avec mes skis de randonnée. Je me souviens qu’à la nuit tombée, à la sortie de Tarbes, un paysan me chargeait. Arrivé en rase campagne, en sortant les skis de la bétaillère, ceux-ci étaient plein de purin ! La passion était plus forte que ces petits désagréments. A 27 ans, je quittais un bon « job » à la Défense, pour « descendre » aux Pyrénées. A 37 ans, avec quelques copains, nous grimpions, en ski de randonnée, le Vignemale, le Balaitous et quelques autres… A 47 ans, 57 ans, les Pyrénées toujours. On l’aura compris, pour moi, sans les Pyrénées, point de respiration.
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