Cliquez sur la première photo pour faire défiler la galerie. Crédit photo: Bernard Boutin

Devoir N°1 – mardi 17 mars – sortie proche de Pau avec Alain Colman : au programme une longue boucle de 17km et 1180m de dénivelé. En fait, deux sorties en une. Acte 1 : depuis Louvie, montée au Rey par le SO, en passant par le bois de « lous Garrotsᵗ « , puis par Ségues, pour finir par rejoindre le Rey par le sud, où nous allons aux deux sommets. Pente franche et vue magnifique vers le sud. Soleil et pause banane.
Pas de neige lors de la montée, alors que les pentes nord sont encore bien garnies (en neige) et… en boue. Cette montée au Rey, en dominant le secteur de Castet, la vallée d’Ossau et le plateau du Bénou est de toute beauté. Tellement belle que nous redescendons par le cheminement aller… jusqu’à rejoindre une intersection (954m) où nous quittons le parcours du matin et partons plein Est.
Acte 2 et début de la deuxième sortie. Objectif : rejoindre le port de Castet. Sente facile quasi horizontale. Passé le port, traversons vers le sud le plateau. Pause déjeuner à l’ombre. Le soleil tape. La Mule a oublié de porter le café. Brrr…
De dépit, partons chercher la route forestière qui descend vers Castet en suivant, par au-dessus, le talweg du Lalau. Succession d’épingles à cheveux évitables en passant au mode « sanglier ». Autant il y a avait du « monde » vers le Rey, autant ce secteur reste peu parcouru. Croisés deux randonneuses et en bas des vététistes.
Arrivés à Castet remontons chercher une sente, qui, située sous le plateau de Segué, part en courbe de niveau rejoindre la montée du matin, sous lous Garros. Sente en disparition, encombrée d’arbres à terre : une session sanglier et « indien dans la jungle » qui finit par nous faire retrouver le sentier du matin. Un bien bel endroit que ce secteur noyé sous les arbres, la mousse envahissante, les fougères géantes. Ombres et lumières. Les tropiques en Béarn. Y-a-pas que les sommets à parcourir dans les Pyrénées, les forêts ont aussi leur caractère, surtout celles au nord.
Arrivée à Louvie (par une ultime variante) et pot sur place chez les « copains d’abord ». Un employé municipal passe un bruyant souffleur sans jamais s’arrêter, ni voir les consommateurs installés à la terrasse. Il semble fasciné par son pouvoir de souffler sans fin… des feuilles mortes qui ont disparue depuis belle lurette. Sommes à la veille du printemps. Que comprendre ? Vite, repartir là-haut.

Devoir N°2 – lundi 24 mars – sortie au-dessus de Laruns/Barthèque, avec Brahim Amaziane. Montée franche, comme d’hab, par le sentier empierré des bergers qui traverse la forêt des Taillades pour rejoindre Arrioutortᵗ (ᵗ= toponymie – voir au bas de la chronique). Du bois au sol, un éboulement de terrain obligent à quelques acrobaties. Compliqué pour une mule dont on sait bien que la souplesse n’est pas une de ses qualités premières. Brave quadrupède, campé bien haut sur ses jambes. Arrivés vers 1350m, neige sous les pieds. Rarement ferme, souvent molle jusqu’au col de Besse. Guêtres bienvenues. Les crampons resteront dans les sacs. Tracer. Sympa et … fatiguant à la longue. Du col au pic de la Gentiane (pas vue) l’herbe, exposée au soleil, a fait reculer la neige. Pause déjeuner au sommet face à Besse et au Sesquesᵗ en arrière plan. Un Sesques, dit aussi l’Escarputᵗ, gavé de neige que Brahim n’a jamais gravi. Il faudra attendre la fonte achevée. Pas pour tout de suite. Le soleil et les nuages jouent à cache-cache. Vue jamais franche. Vraiment un beau « spot ». Sieste bien entendu pour Brahim.
Retour en arrière pour rejoindre la cabane d’Arrioutort. Pause. Démarre alors une longue descente pour rejoindre le vallon d’Arrioutort, le bois et les granges d’Espouey. Pas de balisage et une maigre sente enfouie, sous de la neige, un très long moment. Pas de cap visible, à l’horizon, dans ce cheminement en forêt dense. Traverser trois ruisseaux. Mais où donc ? Compliqué. L’expérience du terrain et une trace GPX, pas si précise que souhaitée, permettent de s’extirper d’un secteur où la neige est pensum plutôt que belle décoration de fin d’hiver.
A l’approche des granges d’Espoey, une importante coulée de boue est venue recouvrir de pierres, terre et branchages la route forestière rejointe. Montagne qui vit. A un cycle lent, moins rapide que le nôtre, elle descend elle-aussi. Ici et partout ailleurs dans la chaine.
Aux granges, la sente se love dans un long fossé, à la pente forte, taillé par l’homme. Patrimoine montagnard d’avant qui au fur et à mesure des intempéries s’efface. Intersection pour aller à la cascade Séris qui gronde, gonflée par la fonte. Proche, nous la « zappons ». Fatigue. Y revenir en famille en montant tout simplement depuis Laruns. Reste 1,3 km de descente pour arriver au parking Barthoqueᵗ. Fourbus contents.
A plus sur les sentes.
– par Beñat
Les randos d’avant : c’est ICI
ᵗ Séquence toponymie, science de l’incertitude (???), à la graphie incertaine. Source: Palay, Bérot, Bourbon, l’inspiration, internet
– barthèque du gascon bartèc = jeune hêtre pour le chauffage
– arrioutort du gascon arriou/tort = ruisseau/méandres
– besse du gascon bés = déversoire, ruissèlement d’eau
– sesques du gascon sèsca = roseau ou glaiëul des marais
– escarpu du gascon escàrpe = escarpé, abrupt, d’un accés difficile
– lou garrots du gascon garrot = rochers