pic de Sesques : prendre son temps…


crête allant du Sesques au pic d’Isabe

Plus bas : 974 m pk du Bitet
Plus haut : 2606 m pic de Sesques dit l’Escarpu
Dénivelé : 1690 m
Distance parcourue : 16,6 km
Participant : Bernard Boutin en solo
Temps : beau et chaud

Date : 7 août 2025

Cliquez sur la première photo pour faire défiler la galerie. Crédit photo: Bernard Boutin

Le Sesques : un classique exigeant et tellement riche en impressions diverses. Il y a d’abord la laborieuse montée franche dans le bois de Sesques avec la magnifique arrivée à l’artigue de Sesques . Une belle grande clairière qui ouvre la vue sur le fond du vallon de Sesques où s’impose, à la vue, le capéran de Sesquesᵗ (ᵗ= toponymie – voir au bas de la chronique). Une simple sente dans l’herbe traverse l’artigueᵗ pour rejoindre un bois. Vite passé, il se termine par un ressaut dominant l’arrecᵗ… de Sesques. Ne croyez pas en avoir fini avec le terme Sesques, il y a aussi le col, le lac, la cuyala qui portent ce nom.
9 h : arrivée à la cabane où Jean-Louis Laborde Boy, berger historique en ces lieux, confirme que le mot Sesques correspondrait à une plante qui pousse le long des raillières situées au-dessus. Laquelle ? Il n’a pas le temps de me la montrer… Le berger est, comme toujours en début de matinée d’août, à la traite manuelle de ses 400 brebis. Un long labeur usant qu’il effectue depuis près de 40 ans. Jean-Louis s’arrête au milieu de son travail, photo de retrouvaille et direction la cabane, pour un Nescafé/madeleine de l’amitié. Echanges animés, toujours trop courts.
Dure vie pour ce passionné qui n’a pas de temps pour lui : près de quatre cent brebis, une quinzaine de vaches, deux ânes, des chiens. Nourrir, traire, prodiguer des soins, faire le fromage, entretenir la cabane, se faire à manger etc. Un emploi du temps quotidien millimétré : « ouvert 24 heures sur 24 ». « Les bêtes, c’est pour la vie… » lâche t’il. Respect et humilité pour le citadin baladeur.
Déjà, Jean-Louis doit rejoindre les bêtes pour continuer la traite. Ensuite, il les guidera pour aller pâturer, loin du cayolar, de l’autre côté de la crête de Sesques, au-dessus du lac d’Isabe. Le hasard, Jean-Louis dit, en souriant, que le Bon Dieu, aura voulu que nous nous croisions à nouveau. Le croit il ? Il est 15 h soit 6h après l’avoir quitté à son cayolar. Il est passé par la crête de Sesques avec son troupeau. La Mule et l’Intello par le pic de Sesques.
Une fois de plus, pas trop le temps pour échanger : « depuis que j’ai quitté la cabane, les bêtes non pas bu, je dois les conduire à une résurgence, là bas puis là bas, puis ici ». Il me montre des lieux au loin, sous la crête qui conduit du Sesques au pic d’Isabeᵗ. Déjà parti. Course sans fin.
Retour en arrière : entre 9h et 15h, longue montée au col de Sesques. Il fait chaud. Se rafraichir la nuque et le visage à un maigre filet d’eau. La boire aussi pour économiser les 2 litres emportés. Passé le col, une peu pénible à rejoindre, main au rocher en forme soft. Montée finale au sommet. Plutôt plus facile que la fois précédente. Marcher à son rythme (lent).
Un sommet où les émetteurs récepteurs semblent pousser comme des champignons au fil des années : 3 installations diverses en 2015. Combien l’an prochain ? Sommes à 2606m tout de même. Dominant vallée d’Ossau et vallée d’Aspe, l’Escarpuᵗ (autre nom pour le Secques) semble idéal comme relais pour les nombreux bergers installés autour. Dommage pour l’ambiance « hors du temps » des lieux.
Pause déjeuner méritée : près de 1700 m de dénivelé dans les pattes. Salade avalée trop vite et déjà reprise de la sortie avec le parcours de la crête ouest du Sesques. Près de 1km sur son fil jusqu’à rejoindre un collet bien marqué. Pentes fortes de part et d’autre mais un « fil » sans difficulté majeure. Super moment avec une vue de toute beauté. La crête mieux que le sommet (urbanisé).
Descente « tôt dret » du col vers un petit laquet directement sous le sommet du S. Manque d’eau évident. Etiage étriqué. Un randonneur sur place. Le premier de la journée. Etait hier à l’Ossau. Déçu par la longue montée sur le rein de Pombie. Les cheminées, plus sympa…
Direction le lac d’Isabe. Croisement avec Jean-Pierre. Vu de loin. Lui devant, menant son troupeau. Le maître des lieux. Rien ne doit lui être inconnu. Je m’étonne qu’il n’ait pas de pâtou (alors que le secteur est à ours): « laissé à la cabane de pour qu’il… ne s’en prenne pas à des promeneurs du côté d’Isabe ». Belle prévention pas toujours partagée par ses collègues.
Au-dessus du lac, parmi les rhodos, des myrtillers bien garnis en fruits, plutôt secs. La sécheresse continue marque le territoire. Cueillette rapide pour une (mini) tarte. L’heure tourne. Lac atteint. Se mouiller la nuque.
Reprise de la descente, myrtillers et groseilliers en quantités. Fruits souvent trop secs. Une source : laper le peu d’eau fraiche qui s’en écoule.
Longue descente pénible. Revenir, la prochaine fois par où le berger passe. A étudier…
Arrivée dans la forêt, reste à dérouler presque 4 km pour rejoindre la voiture. Une longue journée qui s’achève à 18 h. Trop de bla, bla, d’observations, de photos et de cueillette ? Non, prendre son temps…
A plus sur les sentes.

– par Beñat

Les randos d’avant : c’est ICI
ᵗ Séquence toponymie, science de l’incertitude (???), à la graphie incertaine. Source: Palay, Bérot, Bourbon, l’inspiration, internet
– Isabe : hydronime is = lac, rivière
– arrec : du gascon arrec = rivière
– artigue du gascon artigue = clairière
– Sesques : du gascon sèsca ou du basque seska = roseau, jonc
– Escarpu : du gascon escàrpe pour escarpé, abrupt, d’un accès difficile
– Bitet (Vitet) : du gascon vit pour la vigne vierge ou clématite sauvage

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