
Plus bas : 868 port de Castet
Plus haut : 1700 pic Durban
Dénivelé : 1380 m
Distance parcourue : 19,7 km
Participants : Leslie Valats et Bernard Boutin
Temps : beau soleil, froid, sans vent
Date : 28 décembre 2024
Vu la raréfaction de la neige, et le froid vif, régnant depuis une bonne dizaine de jours : pas d’appétence pour le ski de rando. Dommage. En alternative, une sortie de randonnée volontairement en Piémont et sur des pentes sud (pour éviter tôle et glace). Une sortie faite avec Leslie qui est la seule à me rejoindre pour une boucle en neige, pendant de longs moments, de 19,7 km. Une collective à deux est-elle réellement une collective ? L’Intello est perplexe…
Coup de colère. Un énième qui confirme la lente disparition du caractère sauvage, naturel, éloigné du l’agitation du monde de nos belles montagnes. Une nouvelle piste forestière trace une entaille irréversible dans le bois de Séquès. Le sous-bois ravagé. La sente historique balayée. Une piste qui arrive par au-dessus, depuis le plateau de Couscouillas, pour permettre la mise en place de 3 abreuvoirs successifs. Cela ne s’arrêtera t’il donc jamais ? Rien qu’en vallée d’Ossau, demain une piste rejoindra Anouilhas. Hier, c’était la cabane de Bésur, par le col de Lansatté. L’homme étend sa toile. La nature recule toujours plus.
Passé le pas de Louste, la neige nous accompagne depuis le plateau de Couscouillasᵗ (ᵗ= toponymie – voir au bas du compte-rendu) jusqu’à la Coume de Bayle. Peu profonde et ferme, elle est facile à parcourir. Passé la Coume, élévation tranquille sur les pentes sud du Durban. Des traces de neige qui face au soleil sont décaillées et sans problème à parcourir.
Au Durban, un curieux « monument » vient d’y être installé. Un pole s’élève droit dans le ciel et s’ouvre en 3 pétales. Il sert de support à une plaque à la mémoire d’un inconnu retrouvé dans le secteur le 1er octobre 2022 : « Mort durant la guerre. Tu es tombé à terre. Pendant des années tu as disparu. Tu était peut-être un résistant. Un français, un allemand, qui sait ? Repose en paix. » Pyrénées : autre chose que des montagne. Terre de vie… et de mort.
Pour descendre au col de la Portère, la crête, orientée Est est en neige. Son côté gauche, au nord, est taulé avec des pentes fortes. Coupons à travers bois et rocailles pour rejoindre la sente qui rejoint, le vallon de la Glacèreᵗ . Une cloche résonne. Des traces de chien et c’est tout. Perdu ? Ne le voyons pas.
La sente, sous la neige se devine. Parfois. Le GPS nous guide. Un abreuvoir apparait dans le bois. Une relique : il est en grosses pierres de schistes (ardoises). Tirons sur la droite et sortons, enfin, du bois pour commencer 1200 à remonter vers le col du Jaout. Cabane du « Fond du Jaout’. Pause déjeuner.
Remontons le large vallon qui conduit au col de Jaout. Cabane du Hounᵗ du Jaoutᵗ et… un puit en pierre avec sa poulie et son seau ! Du jamais vu en montagne. Indiscutablement ce vallon est « pastoral » depuis « belle lurette ». Continuons de le remonter. Les cabanes se suivent les unes les autres. Reste dans la neige à trouver celle qui est la plus haute, la plus adossée aux pentes de l’Angoustise 1480. Remontée plein Nord en suivant une faille rocheuse. Des traces de raquettes simplifient la recherche du cheminement. Virage à droite et continuation NE pour rejoindre l’intersection qui permettra, au retour, de redescendre vers le plateau de Couscouillas. En attendant, continuons, dans la neige et hors trace, dans une direction NE puis E pour arriver au pic d’Angoustine 1625. Final franc avec tole sous les pieds.
Content d’y être : objectif rempli. Leslie suggère de mettre les crampons pour la descente. Chose faite. Utile sous le pic lui-même mais aussi pour la suite car nous devons rejoindre Couscouillas par des pentes NNO. Neige ferme sous les pieds. Crampons = confort. Progression rapide jusqu’à rejoindre Couscouillas et le pas de Louste où nous remisons les crampons. Evitons la nouvelle piste forestière en passant le long du talweg. Bien plus sympa. Le final approche. N’avons croisé ni humain, ni animal pendant cette longue journée de marche.
Reste à longer, dans des sentes boueuses, le plateau de Castet par au-dessus et finir au port et à la voiture. La nuit tombe. Une journée bien remplie avec quelques belles découvertes. Et l’idée de revenir skier sur les pentes Est du col du Jaout. De beaux S en perspectives.
A plus sur les pentes
– par Beñat
Les randos d’avant : c’est ICI
ᵗ Séquence toponymie, science de l’incertitude (???), à la graphie incertaine. Source: Palay, Bérot, Bourbon, l’inspiration
– Couscouillas du gascon couscoùlh = oroblanche du thym (indigeste pour les brebis)
– Jaut, Jaout du gascon joug = col large (comme un joug)
– Houn du gascon houn, hount = fontaine, source
– Glacère du gascon glassa = glace
Cliquez sur la première photo pour faire défiler la galerie. Crédit photo : Bernard Boutin