
Plus bas : 1345 m pk bas station Gourette
Plus haut : pic du Ger 2612 m
Dénivelé : 1510 m
Distance parcourue : 15,5 km
Participants : Georges Lanusse-Cazalé et Bernard Boutin
Temps : beau, frais, sans vent et lumineux
Date : 20 août 2024
En 1974, en solitaire, la Mule (l’Intello n’existait pas à cette époque !) grimpait au pic de Ger, depuis Gourette. Double souvenir pour cette (vieille) sortie : lors de la montée finale, la Mule se souvient se retrouver à califourchon sur la crête. Elle n’apprécia pas du tout ! Une bonne raison pour y retourner et essayer de comprendre. Deuxième souvenir marquant : arrivé au sommet, pensant gouter au calme des lieux, la Mule fut accueillie par le « vacarme » d’une moto trial « s’éclatant », en bas sous le sommet, sur la piste des « oeufs » d’alors. Un pétarade qui résonnait et remontait, sans perdre de son intensité, le long des pentes du Pène Médaa et du Ger. Effet ping-pong. Ce jour-là naquit l’Intello et une prise de conscience… Le lendemain, il se débarrassait… de sa propre moto trial !
En 2024, les yeux sont autres. Ils sont plus contemplatifs et dès le bas de la station admirent, côté droit, les magnifiques pentes, couleur blanc calcaire, des Coutchets, Turon, Salon, Pic et Rognon de Ger. Le Gerᵗ (ᵗ= toponymie – voir au bas du compte-rendu) : un massif multiple. Côté gauche, le Pèneᵗ Médaaᵗ, formidable falaise aussi, a moins d’allure mais complète agréablement le cadre.
Montée avec Georges, une première pour lui, en évitant au maximum les pistes de la station de ski. Passage par la canolle, la crête qui domine le ravin de Bézou, puis le Plaaᵗ Ségounéᵗ pour longer les lacs du même nom et continuer en direction du col d’Amoulat. Une belle montée sous les falaises du massif. A passer au plus près de celles-ci, on en oublie la station… et le pick-up garé au Plaaᵗ Ségounéᵗ (2100 m).
Sous le col d’Amoulat, une fine pierraille, couleur rouille, descend gentiment des pentes. Géologie non fixée. Le sentier, bien tracé, frôle un « caperanᵗ » de petite taille, mais qui n’a rien à envier à ceux de Tortes, du Sesques ou du Ger (situé sur le flanc ouest du massif). Photogéniques ces capérans, pointes rocheuses élancées, qui ont leurs « pendants » dans les plaines : les clochers des églises sont aussi, en gascon, des capérans !
Au col, changement de cap pour rejoindre, plein Nord, la Pyramide que l’on laisse à gauche, et « filer » tout droit vers le pic de Ger en prenant soin de ne pas se laisser attirer par les pentes montantes qui vont au Rognon du Ger. Erreur commise, il y a 50 ans, avec en prime, l’inconfortable exercice sur crête à califourchon. A cette époque, la carte des pentes, ni le smart-phone existaient. Double grand progrès pour les montagnards.
Continuation sur des pentes expos, mais sans difficulté, en suivant un sentier bien tracé. Pierraille et un peu de « main au rocher » pour remonter quelques affleurements rocheux et le pic de Ger est atteint. Assez vite : il est 12h05, après un départ à 8h10. Satisfaction partagée. Photo souvenir et échanges avec 4 montois arrivés peu avant nous et qui nous suivrons pour la descente prévue par le côté Ouest du massif à partir du col de… Ger. Les anciens, bergers et fermiers des vallées, quand ils décidaient de donner un nom à un endroit, ne se prenaient pas la tête. Tout ce qui composait le secteur prenait le patronyme choisi. En la matière, col, pic, capéran, cabane (en ruine) etc. Au final la signification de Ger, en gascon, pourrait être tout simplement herbe, car celle-ci était bonne dans tout le secteur, sous les falaises calcaires. Ce qui importait avant tout aux locaux.
Au sommet, 45 minutes de pause déjeuner. Mérités (les minutes et le déjeuner). Belle luminosité grâce à un léger vent du nord. Coup de coeur pour la vue en direction SO : les trois Arcizettes avec en arrière plan l’Ossau. Arcizettes, grande et petite, gravies il y a quelques années par la « cuadrilla » du jour (enfin presque pour l’Intello!).
Descente vers le col de Ger. Pentes plutôt plus faciles et moins exposées que celles de la montée. Col atteint 40 minutes plus tard après 280m de dénivelé descendant (une info à retenir pour ceux qui voudraient venir d’Eaux-Bonnes : 1550m de dénivelé pour rejoindre le col plus 280m pour le sommet = 1830m. A tenter seulement par une belle et longue journée d’été !)
Au col, « plongée » en direction des chaos, sous les pentes Ouest du Turon du Ger. Beaux « coups d’oeil » vers, à droite le Turon et, à gauche, le Capéran de Ger. Assez spectaculaire. Couleur craie calcaire dominante. Apaisant.
Passage à la cabane des Spélos Belges récemment recouverte d’une toiture en bois. Insolite comme endroit. Il y a même des toilettes sèches à proximité. En pierres calcaires, naturellement…
Continuation en descendant sur des schistes d’abord, puis des estives pour rejoindre le bas de la crête des Aiguilles des Quintêtes. Mieux vaut être équipé d’une trace GPX. La sente qui mène au bas de la crête tend à disparaitre sous l’herbe et le passage dans la forêt, qui permet de rejoindre le talweg de la Sourde, n’est guère plus visible. Ambiance « un indien dans la jungle ». Sympa… quand on connait !
Passé la Sourde, légère élévation pour rejoindre le GR qui va d’Eaux-Bonnes à Gourette et final un peu long, pour achever de contourner le massif de Ger, sur une sente humide et boueuse. Le bétail est passé par là.
Agréable pot de fin de sortie à la « Boule de Neige » où le patron ne sert que des boissons locales : bière d’Aussau, Euskola (coca basque), Ogeu pétillante. Beau geste de soutien aux entrepreneurs locaux et circuit court. Le mot de la fin revient à Georges qualifiant la journée de « mémorable ». Tout à fait d’accord : temps idéal, luminosité parfaite, massif de Ger en beauté et excellente compagnie. Difficile d’avoir mieux.
A plus sur les sentes
– par Beñat
Les randos d’avant : c’est ICI
ᵗ Séquence toponymie, science de l’incertitude (???), à la graphie incertaine. Source: Palay, Bérot, Bourbon, l’inspiration
– Ger du gascon jèr, gèr, yer, yerba = herbe, pâturage (mais aussi grange). Rien de certain car Ger pourrait être une déformation de gar = rocher.
– Pène Médaa du gascon medàa = faire des tas, meules de foin.
– Plaa Ségouné = deuxième, second replat (plaa)
– Capéran du gascon capara, caperan = aiguille rocheuse mais aussi clocher.
Cliquez sur la première photo pour faire défiler la galerie. Crédit photo : Bernard Boutin