Derrière Gavarnie : hauts lyriques d’Ordesa !


Hauts lyriques d’Ordesa : Brèche et Tour en vue

Plus bas : 2210 m pk col des Tentes
Plus haut : 2845 m Mondarruego, 2821 collado Blanco, 2807 Brèche de Roland
Dénivelé : 1300 m
Distance parcourue : 19,2 km
Collective du Club Alpin Pau : Marie Bénichou, Julie Lafaille, Anne Felipe, Jeannine Mantoulan, Catherine Flurin, Jean-Marc Prince, Didier Mazoin, Pierre Vidal et Bernard Boutin
Temps : idéal

Date : 20 août 2024

Revenir à Gavarnie, c’est toujours redécouvrir, avec délectation, les grands espaces, les cimes mythiques magnifiées par tant et tant de poètes et écrivains de renom. En citer quelques uns : Hugo, Vigny, Beaudelaire. Gavarnie, le graal des Pyrénées françaises. Pour une fois, ne pas s’y arrêter et les traverser, pour rejoindre un autre graal : celui des Pyrénées espagnoles, celui du magnifique Parque Nacional de Ordesa y Monte Perdido,.
Départ du col des Tentes 7h50, retour 17h40 soit près de 10h de « randonnée pur bonheur ». Un parcours en boucle passant, à partir du col de Boucharo, par les contreforts des Gabiètous, la vire de l’Escuzana, le col et le pic Susana Mondarruego (2845m), descendre sur le plat plateau de Catuarta situé à 2425. Etonnant de taille. Constellé de pierres blanches dans un univers drapé de rouge. Remonter au col Blanc 2821, situé entre le pico Blanco et le pico Rojo. Blanc et rouge, les couleurs du jour. Rarement mélangées. Chacune à sa place. Ordonné. Partout présentes.
Pause au cuello Blanco. Méritée, il est 13h45. Vue plein Est sur l’envers de Gavarnie. Côté Sud des Taillon, Casque, Tour… Mont Perdu. Pas des Izards. Pyramide géométrique, parfaite, du Descargador. Rien à envier au Piméné ! Vue plein Ouest sur, au bout de la crête, le Mondarruego, puis l’Escuzana, sommets cramoisis par le soleil, suivis du Gabieto Sur, puis du Gabieto Norte. Une longue crête qui rejoint le Taillon. Quel dommage qu’Hugo, Vigny, Beaudelaire ne soient pas passés la crête frontière ! Quel aurait été le prolongement de l’enthousiasme de Alfred de Vigny : « Ô montagnes d’azur ! Ô pays adoré ! Rocs de la Frazona, Cirque du Marboré, cascades qui tombaient des neiges entraînées, sources, gaves, ruisseaux, torrents des Pyrénées ». Moins de neige. Moins d’eaux. Plus de couleur. Plus de luminosité aussi…
Passé la pause, démarre la « séquence balade », presque horizontale, entre bandes blanches et bandes rouges avec comme cap la fausse brèche, puis la vraie. Géologie inachevée. Affleurement verticaux sous les pieds, tantôt blancs, tantôt rouges. Végétation balbutiante. Modestie du randonneur face au chaos tranquille proposé à ses yeux.
Derrière, vus de dos : la Tour, le Casque, les grands de ce petit monde jusqu’aux Astazous. Près de 1,5 km « cool », en légère descente, pour rejoindre un point bas à 2730 m et attaquer un ultime rapaillon dans la pierraille et rejoindre la brèche. Courte phase « un pas en avant, un demi en arrière » pour s’extraire de la « raillière ». Brèche atteinte. Troisième sommet à plus de 2800 m pour la sortie. Une belle constance : 2845, 2821, 2807. Larges sourires partagés. Well done ! Yes, we can…
Brèche atteinte, foule rejointe. Adieu tranquillité. Du monde partout. Composition cosmopolite : de rares montagnards, une grosse poignée de randonneurs, une avalanche de (touristes) excursionnistes. Point commun pour ces derniers : « baskets » au pied, shorts et TSMC. Il est 15h30. L’heure de descendre et pourtant il en monte toujours et toujours. Pour eux, au programme : deux petites « barres rocheuses » patinées, une longue langue de neige et une méchante caillasse entre refuge des Sarradets et brèche. La disparition du glacier de la brèche : tristesse pour les uns (montagnards et randonneurs), bonheur pour les autres (touristes).
Descente à la queue leu-leu vers le refuge des Sarradets. Cube minéral sans attrait entourée d’une banlieue de tentes. Passage acrobatique du ruisseau, chargé des larmes du glacier du Taillon, qui se meurt à feu rapide.
Longue traversée, au pied des faces nord du Taillon et des Gabiètous, pour rejoindre le col de Boucharo et en suivant celui des Tentes. Cette descente depuis la brèche : le pensum du jour après des heures de magie. A quand le vrai retour de la neige et des glaciers sur le versant nord de Gavarnie, histoire de « faire la nique » aux lumineuses pentes sud d’Ordesa ?
A plus sur les sentes

– par Beñat

Les randos d’avant : c’est ICI
ᵗ Séquence toponymie, science de l’incertitude(???), à la graphie incertaine. Source: Palay, Bérot, Bourbon, l’inspiration
– Gavarnie du gascon gave = lieu d’ou viennent les gaves
– Mondarruego de l’aragonais = mont rouge
– Taillon du gascon talhade = taillé, défilé, passage étroit
– Gabietous du gascon/aragonais gabiédo, gabieto = enfermé. Vu depuis le plaa de Catuarta, les lieux de pacages sont enfermés dans un cirque.
Cliquez sur la première photo pour faire défiler la galerie. Crédit photo : Julie Lafaille et Bernard Boutin

 

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