
Plus bas : 2208 m col des Tentes
Plus haut : 2847 m pic de Mondarruego
Dénivelé : 1350 m
Distance parcourue : 18,5 km
Participants : Jean-Luc Paquet, Jean-Claude Tulasne et Bernard Boutin
Météo : agréable malgré les 40° en plaine
Date : 24 août 2023
Magnifique sortie. Paysages grandioses du sud du cirque de Gavarnie. Un grand bonheur malgré l’exigence du parcours tout en pierrailles pendant de longs moments.
Réveil 4h, départ Pau 5h30, début sortie au col des Tentes 7h30 après avoir pris un deuxième café et dégusté les succulentes crêpes préparées par Jean-Claude.
Belle lumière pour rejoindre le col de Boucharo. Au col, brève descente pour rejoindre la faja de Escuzana (faja = vire en espagnol). Cap SO pour rejoindre, par la vire montante, la forqueta de Gabieto (collet de Gabieto) puis contourner le barranco de Gabieto et reprendre à nouveau la vire qui nous rapproche du col de Mondarruego. La vire : large, régulière avec une sente facile en dehors d’un petit passage équipé d’une cordelette. La vire : un fantastique mouvement géologique qui permet de monter régulièrement dans l’immense paroi rocheuse dominée par les Gabietous. Impressionnant et sans danger… si on reste bien sur la sente.
Passé la vire, sous le col, la pierraille prend le relais pour de très longs moments. Pierraille pour rejoindre, sans difficulté, le col puis le sommet de Mondarruego, formidable vigie sur l’envers du cirque de Gavarnie et une bonne partie des sommets des Pyrénées aragonaises. Depuis la Collarada jusqu’au Mont Perdu ! Sans oublier toute la crête frontière, à l’ouest, avec, au beau milieu, le massif de Gavarnie. Contrastes de couleurs multiples à 360°.
Pause banane au Mondarruego dans un silence absolu. N’avons croisé personne depuis Boucharo. Du Mondarruego jusqu’à la brèche de Roland, ne verrons que deux « savoyards » (au col Blanco) et un bigourdan (col de Mondarruego). L’univers pour nous seuls ! Grande respiration.
Descente, en longeant la crête des Gabietous, vers le bas du collado Blanco. Traversons une grande plaine désertique, à 2425 m tout de même ! Dimension autre des Pyrénées. 2425 : le haut du télévoiture de Gourette. Pas de platitude là-bas ! Remontée, qui demande du mental, pour rejoindre le col blanc (2833). La Mule ralentie. Pierraille sans fin. Magie des couleurs. Du blanc, de l’ocre avec aussi des pointes de noir. Au collet, pause repas. Méritée.
Vue à nouveau magnifique mais cette fois vers la fausse brèche et tout le cirque de Gavarnie vu de dos : Casque, Marboré, Astazou, Mont Perdu etc. Le Descargador, pyramide de schistes fuyants, est proche aussi. Descargador : cargar = charger, descargar = déchager. Un pic qui se délite… sous les pieds ! A éviter probablement.
Cap vers la fausse brèche puis la vrai brèche. Celle de Roland. Etonnant replat à l’approche de la brèche. Lac asséché couvert de limon. Retour dans les raillières et montée à la brèche. La foule, là haut. Le mirage est brisé. Au nord, le glacier s’est définitivement retiré. Les longues glissades vers le refuge des Sarradets ne sont plus que de vieux souvenirs. Pierraille fuyante. Touristes malhabiles. Une page se tourne. Russell avait raison : la neige, les glaciers était la magie des Pyrénées, montagne du sud. L’Atlas nous gagne.
Le glacier du Taillon n’est plus que peau de chagrin. Il pleure à grosses larmes sa mort prochaine. Le glacier des Gabietous de même. Concert de pleureuses. Rivières gonflées d’eaux laiteuses. Fonte accélérée des glaces.
Magie au sud du Cirque, tristesse au Nord. Promis, on reviendra… pour la partie entre « el puerto de Bujaruelo (Boucharo) y la brecha de Rolando por el Mondarruego ».
A plus sur les sentes.
– par Beñat
Les randos d’avant : c’est ICI
Crédit photo : Jean-Claude Tuslane et Bernard Boutin
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